Vendredi, le 2 octobre 2026

Les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre seront un référendum sur le gouvernement Trump 2.0, concernant les guerres, les déficits budgétaires et le coût de la vie

Par Rodrigue Tremblay

 

« Le totalitarisme au pouvoir remplace invariablement tous les talents de premier ordre, quelles que soient leurs sympathies, par des illuminés et des imbéciles dont le manque d'intelligence et de créativité constitue encore la meilleure garantie de leur loyauté. » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Les Origines du totalitarisme’, 1951).

 

« Avant que les leaders de masse ne s'emparent du pouvoir pour plier la réalité à leurs mensonges, leur propagande se caractérise par un mépris extrême pour les faits en tant que tels ; car, à leurs yeux, un fait dépend entièrement du pouvoir de l'homme capable de le fabriquer. » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Les Origines du totalitarisme’, 1951).

 

« Dès l'instant où nous n'avons plus de presse libre, tout peut arriver. Ce qui permet à une dictature totalitaire — ou à toute autre dictature — de gouverner, c'est le fait que les gens ne sont pas renseignés ; comment peut-on se forger une opinion si l'on n'est pas renseigné ? » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Hannah Arendt : Extrait d'un entretien’, 26 octobre 1978).

 

« Le sujet idéal du régime totalitaire n'est pas le nazi convaincu ou le communiste convaincu, mais l'individu pour qui la distinction entre fait et fiction (c'est-à-dire la réalité de l'expérience) et la distinction entre vrai et faux (c'est-à-dire les critères de la pensée) n'existent plus. » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Les Origines du totalitarisme’, 1951).

 

Comme l'histoire du 20e siècle le démontre bien, l’établissement d’un régime totalitaire — lequel s'appuie sur l'impérialisme, la force militaire brute et un nationalisme replié sur lui-même pour asservir d'autres États souverains et pour imposer la tyrannie, anéantir la démocratie et piller les ressources d'autrui — finit inévitablement par se retourner contre le pays qui l’initie. En effet, une telle politique d'intimidation internationale se heurte tôt ou tard à des limites.

 

En effet, les nations libres et indépendantes finissent, tôt ou tard, par se liguer et subjuguer l'État voyou qui les opprime.

 

L'exemple le plus marquant a été l'accession au pouvoir du dictateur Adolf Hitler en Allemagne, en janvier 1933, avec l’aide d’une milice paramilitaire désignée sous le vocable de « chemises brunes ».

 

Son parti nazi a invoqué le rétablissement de l'honneur et le prestige de l'Allemagne, ainsi que le recours à l'idéologie nationaliste de la « race supérieure », pour annexer militairement des pays d'Europe de l'Est — tels que l'Autriche en 1938 et la Tchécoslovaquie, en 1939 — pour en faire des États vassaux.

 

Cependant, lorsque l'Allemagne nazie a envahi la Pologne, le 1er septembre 1939, d'autres nations, comme la Grande-Bretagne et la France, ont jugé la situation intolérable et lui ont déclaré la guerre. C'est ainsi qu'a débuté la Seconde Guerre mondiale.

 

Ce conflit d'une violence inouïe n’a pris fin en Europe qu'en 1945, mais pas sans avoir été le plus meurtrier en pertes de vies humaines de l'histoire de l'humanité, résultant en 80 millions de morts.

 

Le magnat américain de l’immobilier, Donald Trump, semble avoir une grande admiration pour le dictateur Nazi Adolf Hitler. En effet, sa première épouse, Ivana Trump, a révélé que son mari gardait près de son lit un exemplaire d’un livre consacré aux discours d'Hitler, intitulé ‘My New Order’.

 

Le fait qu'un récent rapport des Nations Unies stipule que le président étasunien  Donald Trump pourrait bientôt être accusé de crimes de guerre pour avoir  bombardé une école de filles en Iran — tuant plus de 150 personnes, dont une majorité d'enfants — n'est guère bon pour sa réputation. Cela devrait susciter des inquiétudes quant à sa moralité.

 

Mais D. Trump, déjà condamné au criminel par une cour américaine, prend les devants, et il menace la Cour Pénale internationale de sanctions, laquelle a eu l’audace de lancer un mandat d’arrêt contre son comparse dans la guerre contre Iran, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, accusé de génocide contre le peuple palestinien.

 

Cependant, le comble de l'arrogance et de la perversité fut atteint lorsque Donald Trump, lors de sa diatribe à l'Assemblée générale des Nations unies, le mardi, 22 septembre, a avoué sans vergogne sa vision militariste, faite de guerres permanentes et de désordre mondial — tout en faisant directement référence au pétrole volé au Vénézuéla — en faisant sienne la formule : « Au vainqueur revient le butin ».

 

Ce faisant, D. Trump a publiquement défendu une pratique militariste digne de la loi de la jungle, consistant à diviser le monde en zones d'influence pour des empires militaires et à piller par la force des pays plus petits, renvoyant ainsi le monde plusieurs siècles en arrière. Et cela, alors même que l'Organisation des Nations unies a été créée, en 1945, précisément pour proscrire de tels conflits.

 

1. Le monde pourrait-il revivre la catastrophe guerrière d'il y a près de 90 ans et tomber sous le joug d'un tyran fou et maléfique ?

 

Depuis le 20 janvier 2025, sous la direction d'un président américain profondément dysfonctionnel, autocratique, corrompu et mentalement inapte, les États-Unis ont vu leur crédibilité et la confiance qu'ils inspiraient en tant que partenaire politique et économique fiable, s'effondrer. Selon le Centre de recherche Pew Research, Donald Trump est perçu comme dangereux et peu fiable par la plupart des dirigeants de pays.

 

En effet, l'homme politique américain D. Trump s'est comporté en véritable fauteur de troubles et en provocateur, s'en prenant violemment aussi bien à des individus qu'à des nations. Il s'est rendu coupable de nombreux abus de pouvoir, tant aux États-Unis qu'à travers le monde.

 

D. Trump a instrumentalisé l'ICE — une force de police paramilitaire violente, lourdement armée et masquée — sur le sol américain, et laquelle a tué des douzaines de personnes.

 

Il a aussi déclenché de nombreuses guerres d'agression contre une multitude de pays (Afghanistan, Irak, Yémen, Pakistan, Somalie, Libye, Syrie, Venezuela, Cuba, Nigeria, Iran), alors même qu'il avait promis de mettre fin aux guerres américaines durant sa campagne électorale de 2024. Bon nombre de ces guerres « trumpistes » au Moyen-Orient ont été menées sous la bannière d’un Axe-É.-U.-Israël, tandis que d'autres s'apparentent à des conflits sans fin.

 

Lors de sa diatribe aux Nations unies, le 22 septembre, Donald Trump, un président américain connu pour son caractère tyrannique, a qualifié d’autres pays de « tyrans ». Il a même réitéré sa menace insensée « d’anéantir » l’Iran. Et ce, alors même que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé l’Assemblée générale à mettre fin aux conflits. —Quel déshonneur pour les États-Unis !

 

Question : Dans quelle mesure toutes ces diatribes et ces guerres de choix servent-elles à dissimuler, au plan intérieur, l'implication de Donald Trump dans le réseau international de trafic de mineures à des fins sexuelles, orchestré par Jeffrey Epstein — un réseau impliquant plus d'un millier d'adolescentes livrées à de riches clients ?

 

Bien qu'une loi du Congrès ait exigé la divulgation de tous les dossiers Epstein, non cafardés, Donald Trump a fermement refusé de s'y conformer, alors même qu'il s'y était engagé durant la campagne présidentielle de 2024. —Tôt ou tard, la vérité éclatera au grand jour.

 

Il s’est également lancé dans des guerres commerciales à répétition contre plusieurs pays, une politique qui a déstabilisé l'économie mondiale. Même la Cour suprême des États-Unis dominée par des juges républicains a déclaré illégales la plupart des taxes douanières ou droits à l'importation imposés par Trump, le 20 février 2026. En effet, selon la constitution américaine, seule la Chambre des représentants détient ce pouvoir (article I, section 8, clause 1).

 

2. Depuis janvier 2025, le président D. Trump a gouverné par décrets, en véritable autocrate

 

Entre le 20 janvier 2025 et septembre 2026, Donald Trump a gouverné en promulguant un nombre extraordinairement élevé de 281 décrets présidentiels, dont beaucoup ont été déclarés illégaux par les tribunaux ou en violation de la constitution des États-Unis.

 

De tels excès de pouvoir et politiques déstabilisatrices et chaotiques ont suscité très peu de résistance, que ce soit de la part de son cabinet ‘Maga’ de flagorneurs et de complices, et très peu de la part d’un Congrès contrôlé majoritairement par les républicains.

 

Dans de rares cas, cette résistance est plutôt venue de la Cour suprême étasunienne, bien que six de ses neuf juges aient été nommés par deux présidents républicains (George W. Bush en a nommé trois et Donald Trump, aussi trois). Le fait demeure que D. Trump a violé la constitution américaine à maintes reprises, ainsi que le serment qu'il a prêté de la « préserver, protéger et défendre ».

 

3. D. Trump s’est servi de la politique commerciale comme d’une tactique politique partisane et comme d‘un instrument impérialiste

 

À compter de janvier 2025, et bien qu'il ait signé un accord commercial révisé avec les deux pays voisins — le Canada et le Mexique — en 2020, le président Donald Trump a lancé des attaques politiques et économiques contre ces deux pays, mais tout particulièrement contre le Canada.

 

Méconnaissant le mécanismes complexe d’équilibre de la balance des paiements entre les pays, Donald Trump a formulé des accusations commerciales infondées à l'encontre du Canada.

 

Il est même allé jusqu'à menacer la souveraineté canadienne et à insulter les Canadiens en recourant à une rhétorique virulente, suggérant même que le Canada — le deuxième plus vaste pays au monde — devienne le « 51e État » américain.

 

En effet, Donald Trump a ouvertement tenté de déstabiliser l'économie du Canada, membre du G7, en imposant, d’une manière arbitraire et intermittente, des droits de douane élevés sur certaines exportations canadiennes. Cette stratégie a engendré de l'incertitude tant pour les entreprises que pour les consommateurs de part et d'autre de la frontière.

 

En août dernier, alors qu'un nouvel accord commercial était sur le point d'être conclu entre les deux pays au terme de négociations ultimes, l'administration Trump a fait capoter le processus, à la dernière minute.

 

Le gouvernement Trump exigeait notamment que le Canada renonce à son droit souverain de commercer librement avec d'autres nations. Les attaques de Trump contre le Canada relèvent moins du commerce ou de l'économie que d'une volonté malveillante de faire du Canada un vassal politique et économique des États-Unis.

 

Par la suite, s'appuyant sur l'ancienne loi commerciale Smoot-Hawley, datant de 1930, et de sa section 338 jamais utilisée, Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur des importations canadiennes d'une valeur de 20 milliards de dollars américains.


Comme on pouvait s'y attendre, le gouvernement canadien a pris des mesures pour protéger son économie attaquée en ripostant : il a imposé, sur les produits américains entrant au Canada, des droits de douane équivalant dollar pour dollar à ceux appliqués par Trump aux exportations canadiennes.

 

Les Américains ne sont pas dupes des motivations personnelles de Trump, et l'amitié entre les populations des deux pays demeure solide. En fait, les sondages indiquent que 57 % des Américains s'opposent aux taxes absurdes imposées par Trump sur les importations canadiennes, alors même qu'un accord de libre-échange mutuellement avantageux lie les deux pays depuis 1988, et même depuis le Pacte de l’automobile de 1965.

 

Sa cote de popularité personnelle est en forte baisse, car il est déconnecté de la majorité des Américains. À titre d’exemple, seulement 9 % des Américains soutiennent ses tentatives motivées par la vanité d'apposer son nom sur des monuments ou des lieux publics.

 

4. Les fausses promesses de Donald Trump

 

Durant la campagne présidentielle de 2024, le candidat républicain « Maga » à la présidence américaine, Donald Trump, a souvent promis qu'une fois au pouvoir, les États-Unis ne s'impliqueraient pas dans de nouvelles guerres coûteuses et meurtrières, à l'étranger.  

 

Il avait d'ailleurs déclaré, pour bien se faire comprendre, lors de son discours victorieux du 6 novembre 2024 : « Je ne vais pas déclencher de guerre. Je vais mettre fin aux guerres. » En rappel, D. Trump avait également affirmé auparavant : « Nous sommes de moins en moins enclins à vouloir jouer les gendarmes du monde. »

 

En fait, non seulement le candidat D. Trump n'avait pas l'intention de donner suite à ses promesses électorales, mais il a fait exactement le contraire de ce qu'il avait promis. Il a déclenché et intensifié de nombreuses guerres d'agression à l'étranger, contre de multiples pays. En réalité, le président D. Trump a été loin d’apporter la paix à son pays ; il l'a au contraire mis sur la voie d'une troisième guerre mondiale.

 

 

Donald Trump avait également promis à maintes reprises de mettre fin à l’inflation et à la hausse des prix aux États-Unis, phénomènes qui ont érodé le pouvoir d'achat des travailleurs, des retraités et des consommateurs américains. Le 9 août 2024, lors d'un meeting politique, il avait faussement déclaré que : « Dès le premier jour, nous mettrons fin à l'inflation et rendrons l'Amérique à nouveau abordable, afin de faire baisser les prix de tous les produits. »

 

De même, ses promesses de stopper la hausse des prix se sont révélées sans substance. En réalité, l’administration Trump 2.0 a aggravé l'inflation américaine. Le taux d'inflation annuel aux États-Unis a atteint 2,7 % en 2025, et il a continué de grimper pour s'établir à 3,4 %, en 2026.

 

Il est facile de comprendre pourquoi.

 

Premièrement, D. Trump a enregistré d’énormes déficits budgétaires, en partie en réduisant les impôts des particuliers à revenus élevés et des entreprises, et en partie en se lançant dans des guerres à l’étranger. Cela a poussé la dette nationale américaine à un montant colossal de 40 000 milliards de dollars, dans une course effrénée vers un abîme financier.

 

Deuxièmement, les attaques militaires de Trump pour s’emparer des réserves pétrolières du Vénézuéla et celles d’autres pays ont fait grimper les prix du pétrole et de l’énergie, créant ainsi une inflation mondiale.

 

Troisièmement, Trump a fait pression sur la banque centrale de la Réserve fédérale pour influencer ses décisions en faveur d’une politique monétaire expansionniste, ce qui exacerbe l’inflation de la demande aux États-Unis.

 

Quatrièmement, l’obsession de Donald Trump d’augmenter les droits de douane ou les taxes à l’importation à des niveaux élevés a manifestement contribué à la hausse des prix, tant pour les producteurs que pour les consommateurs.

 

Il n'est guère rassurant de constater que le président Donald Trump ignore purement et simplement les questions d'ordre moral et les risques — soulignés par de nombreux experts — concernant la possibilité qu'une intelligence artificielle (IA) autonome et désordonnée conduise un jour à l'extinction de l'humanité ; il rejette d'ailleurs toute idée d'une réglementation du phénomène. Et, ce qui est peut-être pire encore, il veut « militariser » l’intelligence artificielle !

 

En outre, D. Trump encourage le développement effréné de centres de données extrêmement énergivores.

 

Conclusion

 

Depuis janvier 2025, l'administration Trump 2.0 a été une source de chaos, de désordre, d'extorsion, de prédation, et de guerres, tant aux États-Unis que dans le monde. C'est aussi un politicien ultra-corrompu.

 

De plus, le magnat américain Donald Trump s'exprime souvent avec exagération, très souvent avec des mensonges, et il agit comme s’il était un président autocrate, aux pouvoirs absolus. Il fait fi des principes fondamentaux de la constitution américaine, notamment concernant la séparation des pouvoirs et le système politique de freins et de contrepoids.

 

Tout bien considéré, le président Trump Maga représente un défi existentiel aux fondements politiques, moraux et spirituels des États-Unis, ce qui en fait un politicien extrêmement dangereux.

 

Son gouvernement a été un désastre à bien des égards, marqué par une série de promesses non tenues, ainsi que par des politiques économiques, budgétaires et financières des plus inappropriées et incompétentes, au plan intérieur, le tout s'accompagnant du lancement de guerres militaires et commerciales absurdes, à l'étranger. Le résultat final sera une grave crise financière à venir, et possiblement quelque chose de bien pire.

 

Cependant, il y a un certain espoir.

 

Les Américains de tous âges, trahis par le politicien Donald Trump, et victimes d’une baisse de leur niveau de vie, de leurs droits constitutionnels et de leur liberté, auront bientôt l'occasion d'exprimer leur mécontentement et leur déception face à ses promesses non tenues, et à ses guerres militaires et commerciales insensées contre d’autres pays, et à sa mauvaise gestion politique en général.

 

Vivement, le 3 novembre. Ça suffit les folies !

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On peut contacter le Professeur Rodrigue Tremblay à l'adresse suivante :
rodrigue.tremblay1@gmail.com


Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.


Site internet de l'auteur : http://rodriguetremblay.blogspot.com


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Mis en ligne vendredi, le 2 octobre 2026, mis à jour, le 3 octobre 2026.

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© 2026 Prof. Rodrigue Tremblay


 

 

 

Mercredi, le 2 septembre 2026

Les guerres militaires et commerciales de Donald Trump font chuter la croissance économique et alimentent l'inflation

Par Rodrigue Tremblay

 

« Démocratie et ploutocratie, c'est la même chose… Qui paie les musiciens choisit la musique. » Oswald Spengler (1880-1936), historien, philosophe et homme politique allemand, auteur du « Déclin de l’Occident » (1918).

 

« Lorsqu’un gouvernement accuse un déficit budgétaire, il injecte plus d’argent dans le portefeuille des citoyens qu’il n’en retire ; la demande de biens et de services tend donc à augmenter de manière générale. C’est ainsi que s’est propagée l’inflation qui sévit depuis le milieu des années 1960. » Arthur F. Burns (1904-1987), économiste américain et président de la Réserve fédérale (1970-1978), lors d’un discours à Belgrade, en Yougoslavie, le dimanche 30 septembre 1979.

 

« Toutes les crises financières mettent en cause des dettes qui, d’une manière ou d’une autre, deviennent dangereusement décalées par rapport aux moyens de paiement disponibles. »

John K. Galbraith (1908-2006), économiste américain, né au Canada, en 1994.

 

« Le nouvel ordre économique mondial se construira à partir de l’Europe. Le Canada est le plus européen des pays non européens, et nous transformons notre coopération avec l’Union européenne (UE). » Mark Carney (1965- ), Premier ministre canadien, économiste et banquier central, (lors d’un discours à Dublin, en Irlande, le samedi 12 juin 2026).

 

Le gouvernement D. Trump 2.0, sous la férule d’un seul homme, s’est lancé dans des guerres d’agression improvisées et illégales à l’étranger, en plus de déclencher des guerres commerciales contre de nombreux pays. De telles guerres ont engendré de la stagflation, soit une situation de hausse des prix intérieurs, une faible croissance économique et une baisse de l’emploi. (Et cela, même si l’intéressé avait promis de mettre fin aux guerres ruineuses à l’étranger !)

 

Les guerres d’agression sont généralement une source d’inflation intérieure et de perte de pouvoir d’achat pour la plupart des travailleurs et des consommateurs, à l’exception d’une minorité qui en profite, comme c’est le cas du complexe militaro-industriel et des spéculateurs boursiers.

 

En plus d’être illégales et immorales, car elles assassinent hommes, femmes et enfants et détruisent des pays, les guerres militaires d’agression sont coûteuses. C’est pourquoi, en pareilles circonstances, les gouvernements imposent un rationnement alimentaire général et le contrôle des prix et des salaires, comme ce fut le cas pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

 

• Les guerres commerciales sont perturbatrices pour toutes les économies

 

Donald Trump n’a pas seulement privatisé de facto le gouvernement américain. Il se comporte et agit comme s’il avait acheté la Maison-Blanche et la considère comme sa propriété privée. De plus, il recourt à une guerre commerciale avec les pays voisins pour mousser son image populiste intérieure.

 

En effet, au cours de son second mandat, D. Trump s’est lancé dans des guerres commerciales et dans des sanctions financières contre d'autres pays, en poursuivant un mélange opaque d'objectifs politiques, économiques et non économiques. En effet, en tant que démagogue égocentrique, Trump semble vouloir projeter une image de « vainqueur » auprès de sa base électorale américaine, au détriment des autres nations. Il est difficile de déterminer quand c’est la politique qui prime sur l’économique, ou quand c’est l’inverse.

 

À titre d’exemple, le vendredi 2 mars 2018, au lendemain de l’annonce de droits de douane généralisés sur les importations en provenance de plusieurs pays, le président étasunien Donald Trump a déclaré que « les guerres commerciales sont une bonne chose et faciles à gagner ! » En réalité, selon la plupart des économistes, de telles guerres commerciales perturbent non seulement le pays qui les déclenche, mais aussi les économies des pays visés.

 

• Les insultes gratuites de D. Trump et ses taxes perturbatrices sur les importations en provenance du Canada

 

Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde en étendue et possède d’importantes ressources naturelles en minéraux variés, en pétrole et en gaz, ainsi qu’un secteur financier et manufacturier solide.

 

Le Canada fournit 99 pour cent des importations américaines de gaz naturel, 87 pour cent des importations de potasse, 85 pour cent des importations d’électricité, 75 pour cent des importations d’aluminium primaire, et 60 pour cent des importations de pétrole brut. Le Canada est également une source importante de minéraux critiques pour les États-Unis, tels que l’uranium, le nickel, les terres rares, le cobalt, le fer, le cuivre, etc. De plus, le Canada recèle 20 pour cent des réserves d’eau potable mondiales.

 

C’est un pays souverain qui joue un rôle international important au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU), depuis sa création en 1945, en tant que l’un de ses membres fondateurs et un des principaux participants à ses missions de paix. Le Canada est aussi un membre fondateur de l’OTAN, est membre de NORAD et un membre du Commonwealth britannique.

 

Il n’est donc pas surprenant que les échanges de biens et de services entre les deux pays voisins que sont le Canada et les États-Unis ont traditionnellement été d’une grande importance. Néanmoins, le politicien D. Trump continue de répéter le gros mensonge selon lequel « les États-Unis n’ont pas besoin du Canada » !

 

Ainsi, en 2025, les États-Unis ont exporté pour 333,62 milliards de dollars US de marchandises vers le Canada, tandis que le Canada a exporté pour 381,92 milliards de dollars US de produits vers les États-Unis. Cette situation s’explique principalement par les importantes importations américaines d’électricité et de pétrole brut, acheminés par pipelines depuis le Canada. Le Canada a ainsi enregistré un excédent commercial net avec les États-Unis de 48,30 milliards de dollars US.

 

Toutefois, le commerce net des services entre les deux économies est inverse, puisque le Canada importe chaque année davantage de services financiers, commerciaux, de divertissement, de transport et de tourisme des États-Unis, qu’il n'en exporte.

 

Selon le Service de recherche du Congrès américain, le déficit total de la balance des paiements des biens et services entre les États-Unis et le Canada en 2025 n’était que de 25 milliards de dollars américains, car le Canada affichait un déficit net de 23,3 milliards de dollars américains dans ses échanges de services avec les États-Unis.

 

C’est pourquoi le déséquilibre de la balance des paiements totale des échanges de biens et de services entre le Canada et les États-Unis est beaucoup moins important que ce que l’administration Trump 2.0 veut nous le faire croire.

[N.B. : Il n’est pas clairement précisé si les données américaines tiennent compte des bénéfices nets annuels que les entreprises américaines implantées au Canada, (Walmart, Costco, Alcoa, GMC, Ford, Exxon, etc.), exportent vers les États-Unis. Dans le cas contraire, il pourrait n'y avoir aucun excédent commercial canadien global de biens et de services entre les deux pays.]

 

Il semble que D. Trump exploite les relations commerciales canado-américaines pour trois raisons : premièrement, pour servir ses propres intérêts électoraux étroits, afin de satisfaire sa base électorale MAGA, de plus en plus réduite ; deuxièmement, en raison de son rêve insensé et fasciste de faire du Canada une colonie politique et économique de l’empire américain ; troisièmement, et c’est probablement la raison la plus convaincante, il s’agit de dissimuler l’implication criminelle de Trump dans les crimes sexuels toujours cachés dans les dossiers Epstein qu’il refuse de rendre publics, même si une loi du Congrès l’y oblige.

 

Le vendredi 21 août 2026, D. Trump a utilisé le prétexte d’une vieille loi datant de 1930 pour imposer une taxe d'importation de 50 % sur des centaines de produits canadiens, allant du vin et des bâtons de hockey au ciment, à l’électronique et aux produits laitiers. Cette mesure agressive, et tout probablement illégale, a déclenché une guerre commerciale entre les deux pays voisins, aux conséquences économiques et politiques incalculables.

 

Les éditorialistes du Wall Street Journal ont qualifié la guerre commerciale de D. Trump contre le Canada de la « plus stupide » qui soit, car elle « n’a aucun sens économique ni politique ».

 

• La gestion publique incompétente de D. Trump

 

Les États-Unis, (et un certain nombre d'autres pays), se retrouvent aussi dans une situation de surendettement et sont au bord d’une spirale d’endettement et d’un piège de la dette.

 

En particulier, les déficits budgétaires et les niveaux d’endettement publics du gouvernement de D. Trump 2.0 continuent de s’accroître.

 

Ainsi, la production américaine annuelle est inférieure aux dépenses globales, et l’écart vient principalement de l’énorme déficit budgétaire annuel du gouvernement américain, de l’ordre de $1,700 milliards.

 

La dette publique américaine atteint $40,000 milliards et elle représente 122,35 pour cent du produit intérieur brut (PIB), ce dernier étant égal à $32,634 milliards. Un tel dérèglement fiscal se traduit par une pression inflationniste intérieure et des taux d’intérêt en hausse, mais aussi par des déficits commerciaux extérieurs quand le Trésor emprunte à l’étranger et renforce le dollar étasunien sur le marché des changes.

 

Or, le président D. Trump et son entourage sont incapables de comprendre que leur pays vit au-dessus de ses moyens et dépense sans compter à l’étranger, en maintenant des centaines de bases militaires dans d’autres pays et en lançant des guerres coûteuses, ce qui gonfle le déficit fiscal du gouvernement et le déficit commercial extérieur, le tout en partie financé en vendant aux autres pays des obligations américaines libellées en dollars.

 

Cependant, les banques centrales étrangères sont de plus en plus réticentes à acheter des bons du Trésor libellés en dollars américains. En réalité, ce système, qui a permis à l’empire américain de financer aisément des dépenses colossales à l’étranger, sans conséquences dramatiques, touche à sa fin.

 

Non seulement le dollar américain est devenu officiellement une monnaie fiduciaire, le 15 août 1971, mais le système monétaire international qui repose sur le dollar est en déclin. L’arrivée au pouvoir d’un homme politique aussi peu préparé que Donald Trump (1946-) est sans précédent, en 250 ans d’histoire politique américaine, et cela accélère le déclin international du dollar.

 

En réalité, Donald Trump, à lui seul, a anéanti l’ordre économique international fondé sur des règles, un système vieux de 80 ans de coopération économique international. Il souhaite même reproduire les erreurs économiques des années 1930, sous la présidence d’Herbert Hoover, quand ce dernier signa le 17 juin 1930 la loi Smoot-Hawley, laquelle imposait des droits de douane de 20 pour cent sur les importations en provenance pays étrangers.

 

• Les disparités de revenus et de richesse aux États-Unis sont plus importantes que dans presque toutes les autres économies développées

 

Les disparités de revenus et de richesse aux États-Unis se sont accrues au cours des 60 dernières années, et plus particulièrement depuis 1971, date à laquelle le dollar américain a commencé à perdre de son pouvoir d’achat et l’inflation a pris du terrain.

 

Les Américains vivant de leurs seuls revenus ou de leurs économies de retraite, et locataires de leur logement, ont subi les plus fortes pertes en termes réels.

 

Selon les calculs de l’American Urban Institute, l’inflation persistante aux États-Unis et les politiques gouvernementales ont largement favorisé les actionnaires et les propriétaires immobiliers. Il en a résulté un transfert massif de richesse des classes moyennes et des familles les plus pauvres vers les familles les plus aisées.

 

Par exemple, en 1963, les familles américaines les plus riches possédaient 36 fois plus de richesses que la famille américaine moyenne. En 2022, cependant, les inégalités de richesse avaient presque doublé, et elles possédaient 71 fois plus de richesses que les familles de la classe moyenne. L’avènement de l'intelligence artificielle (IA) et les bulles boursières ne manqueront pas d’accentuer ces disparités et d’aggraver la situation de l’économie américaine, déjà caractérisée par une structure en K.

 

La situation a empiré sous le régime dictatorial de Trump.

En effet, sous son régime, de nombreuses familles américaines ont vu leur niveau de vie se dégrader, en raison d’une inflation élevée et persistante, de l’emploi en déclin et d’une baisse du pouvoir d'achat, des salaires et des épargnes, en termes réels.

 

D. Trump a même déclaré publiquement « J’adore l’inflation », alors même que l’inflation favorise les spéculateurs boursiers et la minorité qui possède des capitaux, mais abaisse le niveau de vie de la plupart des autres Américains.

 

Il s’agit d’une situation économique et sociale fort préoccupante.

 

Conclusions

 

Depuis le 20 janvier 2025, l’homme politique Donald Trump s’est de facto forgé une réputation notoire de haute corruption et d’agent de chaos et de destruction, tant au niveau national qu’international. Il a lancé de nombreuses guerres d’agression, des guerres commerciales agressives contre des pays alliés, et a mis en place des prisons inhumaines gérées par l’ICE, aux États-Unis comme à l'étranger, etc.

 

D. Trump est quelqu’un qui navigue à vue. Il se fie aux paroles de la dernière personne avec qui il a parlé !

 

De fait, le gouvernement Trump 2.0 restera dans les mémoires comme étant autocratique, impulsif, erratique, incompétent et dépourvu de connaissances professionnelles, et marqué par une corruption endémique, sans parler du dossier criminel du Président Trump lui-même.

 

Aujourd’hui, la plupart des personnes sensées devraient avoir compris que Donald Trump est un agent de chaos et de conflits. Cela tient à sa conception complexe des relations interpersonnelles et internationales : dans toute relation humaine, il doit y avoir un « gagnant absolu » et un « perdant absolu ». Il n’y a guère de place pour des relations mutuellement bénéfiques ou pour une coopération et des échanges profitables « gagnant-gagnant ».

 

C’est peut-être pourquoi, avec un tel état d’esprit, Trump a souvent recours à des tactiques violentes et prédatrices dans ses négociations contractuelles, insultant, menaçant, punissant, sanctionnant et intimidant l’autre partie, individus ou pays, afin d’en tirer un maximum de bénéfices immédiats pour lui et sa famille, ou de ressources pour son pays.

 

Cependant, une telle attitude égocentrique pourrait se retourner contre lui et mener à l’isolationnisme et à des conséquences néfastes.

En effet, la plupart des gens ordinaires n’apprécient guère être gouvernés par un tyran cruel, tandis que les dirigeants d’autres pays se méfient d’un belliciste qui ne respecte aucune loi, ni aucune alliance.

 

Le chaos et la destruction que l’administration Trump a infligés aux États-Unis et au monde sont une conséquence de ses méthodes violentes dans les relations internationales.

 

Les guerres improvisées et impérialistes, visant à menacer, intimider et s’emparer par la force des territoires et des richesses pétrolières d’autres pays, ont mené le système politique, économique et commercial international, vieux de 80 ans, au bord de l’effondrement. Jusqu’à présent, les principales victimes ont été le Vénézuéla et Cuba, et leurs citoyens.

 

Par conséquent, la réputation d’honnêteté et de moralité des États-Unis auprès des nations du monde est en chute libre et a atteint son point le plus bas. Il faudra des années, voire des décennies, pour reconstruire un système politique et économique international fondé sur la coopération politique et le dynamisme économique.

 

Pour le bien de l’humanité et de la paix mondiale, il faut espérer que ce recul moral et civilisationnel ne soit pas irréversible et que des dirigeants plus éclairés émergent pour réparer les dégâts.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

Site internet de l'auteur : http://rodriguetremblay.blogspot.com


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Mis en ligne mercredi, le 2 septembre 2026.

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