Le mardi, 4 août 2026

Le président américain Donald Trump est beaucoup plus corrompu et dangereux que certains médias corporatifs le présentent

 

« Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne jamais renaître. Je ne souhaite pas que cela arrive, mais c’est probable. »

Donald Trump (1946- ), président étasunien, (2017-2021 and 2025- ), (dans une déclaration infâme, le mardi matin, le 7 avril, 2026)

 

« La première fois (premier mandat), j'avais deux choses à faire : diriger le pays et survivre ; j'avais tous ces escrocs. Et la deuxième fois (deuxième mandat), je dirige le pays et le monde. »

Donald Trump (1946- ), président étasunien, (2017-2021 and 2025- ), (lors d’un interview dans la revue Atlantic, “I run the country and the world “, publié le 28 avril, 2025)

 

« S’il pense qu’il va tomber, il va essayer de nous entraîner tous dans sa chute. » Mary Trump (1965- ), psychologue américaine et nièce de Donald Trump, auteure du livre « Trop, c’est trop : comment ma famille a créé l’homme le plus dangereux du monde », (dans un interview télévisé sur ‘YouTube’, le 6 novembre 2020).

 

 

Depuis sa seconde investiture à la présidence des États-Unis, le 20 janvier 2025, le magnat de l'immobilier Donald Trump (1946- ) a démontré à quiconque est un tant soit peu informé qu'il n'est pas un homme politique comme les autres. Il est bien documenté que le président américain est, de loin, le plus corrompu et le plus incompétent que les États-Unis n'aient jamais eu.

 

Ceci s'ajoute à ses graves défauts de caractère et à ses vices, tel son tempérament dictatorial et conflictuel, de prédateur et de manipulateur, ce qui aurait dû normalement le disqualifier pour occuper une haute fonction publique.

 

De plus, pour le président Trump, le mensonge est devenu une obsession maladive. C'est un homme politique qui ment non pas occasionnellement, mais constamment, dans ses diatribes quotidiennes. C’est comme s’il vivait dans un monde imaginaire infantile. À ses yeux, les refus sont des acceptations, les échecs des succès et les désastres des réussites. C’est ce qui en fait une personne peu fiable.

 

Pour un chef d'État, ou tout dirigeant d'ailleurs, perdre le contact avec la réalité est un défaut majeur qui ne peut qu'avoir des conséquences tragiques. Donald Trump soulève de graves inquiétudes, car il a tendance à déformer la réalité et à inventer  des accusations gratuites, de pures allégations ou des fabrications, qui sont la plupart du temps, dénuées de toute logique, de preuves ou de justifications.

 

Comme la corruption intellectuelle précède souvent la corruption financière, cela explique peut-être pourquoi D. Trump a peu de respect pour la constitution américaine, et tout indique qu’il viole fréquemment son serment d'investiture, qu’il a prêté, en 2017 et en 2025 : « Je jure solennellement d'exercer fidèlement la fonction de président des États-Unis et de préserver, protéger et défendre, au mieux de mes capacités, la Constitution des États-Unis » (Article II, Section 1, Clause 8).

 

C’est pourquoi, une majorité d’Américains savent maintenant que le magnat de l'immobilier et homme politique autoritaire D. Trump souffre d’un grand déficit d’intégrité intellectuelle et financière. C'est un escroc sans scrupules, qui poursuit impitoyablement ses intérêts financiers personnels et familiaux, en monnayant ouvertement ses activités et ses politiques.

 

De plus, D. Trump a eu recours à diverses manœuvres de diversion pour refuser de se conformer à une loi adoptée à la quasi-unanimité du Congrès, en décembre 2025 (la Loi sur la transparence des dossiers Epstein), laquelle exige de rendre publique l'intégralité des dossiers Epstein non expurgés, et les révélations qu'ils contiennent (malgré les promesses électorales de Trump, en 2024, de le faire !).

 

La stratégie de dissimulation de Trump vise à étouffer son implication de longue date dans le scandaleux réseau pédophile international de J. Epstein. Ce dernier a fait plus de 1 000 victimes adolescentes, provenant de plusieurs pays. Il pourrait également être impliqué dans d'autres cas présumés d'inconduite sexuelle.

 

I- Un nouveau livre révèle le portrait de Donald Trump et de son administration 2.0, autoritaire et dysfonctionnelle

 

Deux journalistes chevronnés du New York Times, Maggie Haberman et Jonathan Swan, ont publié le 23 juin 2026 un ouvrage à succès révélant les nombreux excès et dérives de la présidence impériale de Donald Trump, durant son second mandat. Le livre est intitulé « Changement de régime : Au cœur de la présidence impériale de Donald Trump ». C’est une lecture indispensable pour tout électeur américain, avant les élections de mi-mandat du 3 novembre prochain.

 

En effet, le livre « Changement de régime » et ses 496 pages, publié par Simon & Schuster, décrit en détail les frasques du second mandat de Donald Trump. Cet ouvrage, qui sera une source de renseignements pour les historiens futurs, témoigne d’une période « sans précédent de notre vivant », d'un exercice de pouvoir autoritaire et corrompu, et explique comment Trump et un petit groupe s'y sont préparés, ainsi que les événements qui l'ont engendrée.

 

II- La corruption de Donald Trump est ahurissante et sans limites.

 

Des oligarques fortunés et serviles occupent les principaux postes de l'administration Trump 2.0 et ses agences.

 

La liste des actes flagrants de corruption de D. Trump est interminable.

 

L'une des premières décisions suspectes de Trump, pendant et immédiatement après l'élection de 2024, a été d'accepter des centaines de millions de dollars de la part de multi milliardaires comme Elon Musk, de la famille Adelson de Las Vegas et de nombreux autres donateurs ultra-riches.

 

Par la suite, l'administration Trump et les agences publiques se sont retrouvées dirigées par des oligarques, dont certains avaient versé d'importantes contributions aux comités d'action politique (PAC) de Trump. Par exemple, D. Trump a nommé Howard Lutnick secrétaire au Commerce, après que ce dernier eut contribué 9 millions de dollars à un PAC pro-Trump.

 

Le démantèlement et l'instrumentalisation du ministère de la Justice américain, en tant qu’institution indépendante :

 

L'un des actes de corruption politique les plus flagrants et sans précédent de Donald Trump a été la destruction du ministère de la Justice américain, en tant qu’institution indépendante, et son instrumentalisation à des fins partisanes. En effet, il a nommé son avocat personnel à la tête de ce ministère, et il a transformé cette institution en un instrument de vengeance et de justification, à son service.

 

Ainsi, Donald Trump a mis fin à la longue tradition d'indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis de la Maison-Blanche dans les enquêtes criminelles. Il a mené des attaques dévastatrices contre l'État de droit et le principe bien établi selon lequel « nul n'est au-dessus des lois », en limogeant sans discernement la plupart des juristes du ministère de la Justice et ceux d'autres organismes de contrôle chargés de poursuivre les affaires de corruption et de gaspillage de fonds publics. Il a également dissous une unité du FBI chargée d'enquêter sur les malversations au sein du Congrès.

 

Les tentatives de création d'une caisse noire colossale pour aider ses partisans condamnés par les tribunaux :

 

Parmi les centaines d'actes de corruption politique commis par Trump, figure une preuve flagrante de sa volonté d'utiliser l'argent des contribuables pour créer une caisse noire au sein du ministère de la Justice, d'un montant faramineux de 1,776 milliard de dollars, destinée à aider ses partisans condamnés par les tribunaux, notamment les émeutiers du 6 janvier 2021. Cette situation a même provoqué la révolte des membres républicains les plus timides du Congrès.

 

L’industrie des grâces présidentielles :

 

De plus, Donald Trump s'est employé, sans retenue, à abuser d'une prérogative constitutionnelle présidentielle, jusqu'alors rarement utilisée, lui permettant d'accorder la clémence à des personnes condamnées par les tribunaux.

 

En réalité, il a accordé de multiple pardons à des criminels condamnés, y compris des meurtriers, des donateurs politiques et des alliés politiques, transformant ainsi ce processus, selon les observateurs, en un véritable système de corruption, à grande échelle.

 

Trump a même nommé une personne à la Maison Blanche qui est chargée de faire pression sur de riches individus et entreprises, afin de collecter des fonds pour financer ses projets pharaoniques, court-circuitant ainsi le Congrès.

 

III- D. Trump a violé la clause relative aux émoluments de la constitution américaine en acceptant d'importants dons d'organisations et de donateurs étrangers.

  

Il est fort probable que Donald Trump n’a jamais lu ou même pris en compte la clause relative aux émoluments de la constitution américaine.

 

En effet, la constitution étasunienne contient des dispositions spécifiques qui interdisent au Président et à toute autre personne qui occupe une fonction dans le gouvernement fédéral, d'accepter des pots-de-vin (profits, avantages, rémunérations pour services rendus ou gains financiers), dans l'exercice de leur fonction. L'objectif est de prévenir la corruption, de limiter l'influence étrangère sur les agents fédéraux et de préserver l'indépendance du président en exercice:

 

Clause relative aux émoluments étrangers (art. I, Sec. 9, Par. 8) : « Nul ne peut, sans le consentement du Congrès, accepter de cadeau, d'émolument, de charge ou de titre de quelque nature que ce soit, d'un roi, d'un prince ou d'un État étranger, lorsqu’il occupe une fonction rémunérée ou de confiance au sein des États-Unis. »

 

De plus, des rapports indiquent que le président Donald Trump est bien plus impliqué dans des conflits d’intérêts inconstitutionnels et bien plus corrompu que ne le laissent entendre les grands médias. La liste de ses conflits d’intérêts et de ses profits issus de la corruption est très longue.

 

Un exemple flagrant, et non des moindres, est l’utilisation par D. Trump du secteur financier complexe des cryptomonnaies, qu’il a quasiment déréglementé, pour s’enrichir, ainsi que sa famille et quelques proches collaborateurs, de milliards de dollars de profits annuels, au détriment de spéculateurs crédules. Les acheteurs de ses cryptomonnaies ont déjà eu l'honneur d'être invités à la Maison-Blanche.

 

En effet, l’Office d’éthique gouvernementale des États-Unis a publié, le 30 juin 2026, un rapport de 927 pages présentant l'analyse la plus détaillée à ce jour des finances de Trump, durant sa première année de retour à la Maison-Blanche. Ses revenus liés aux cryptomonnaies ont largement dépassé les bénéfices déclarés par ses entreprises traditionnelles et ont marqué une forte augmentation par rapport aux déclarations précédentes.

 

Le rapport détaille comment le président Donald Trump a empoché 1,4 milliard de dollars de revenus, principalement issus des activités de sa famille dans le secteur des cryptomonnaies, en 2025.

 

Les « activités » de Donald Trump dans le secteur des cryptomonnaies sont la principale raison du quasi-triplement de sa fortune personnelle, qui est passée de 2,3 milliards de dollars à 5,6 milliards de dollars, entre 2024 et 2026, selon le magazine Forbes.

 

Selon le Financial Times, Donald Trump a déclaré avoir effectué plus de 22 000 transactions boursières en 2025, comme le rapporte l'analyse du journal. Par comparaison, son prédécesseur immédiat, Joe Biden, n'en avait fait que 13, en quatre ans.

 

Selon le Wall Street Journal, D. Trump s’apprêterait même à vendre des accès rapides à ses déclarations publiques sur sa plateforme ‘Truth Social’, au prix de 100 000 dollars par mois, à des spéculateurs de Wall Street, désireux d'obtenir des informations privilégiées ! Et, cela après que D. Trump se soit enrichi en recourant à des délits d’initiés.

 

World Liberty Financial, une entreprise de cryptomonnaies que Trump a contribué à lancer en 2024, prévoit aussi mettre en circulation un « dollar numérique » (USD1), lequel sera en réalité un ‘stablecoin’ indexé à 1 pour 1, sur la dette publique américaine.

 

Ce dispositif servira à créer l'illusion d'une cryptomonnaie « liée » au dollar américain, tout en générant une demande accrue pour les obligations du Trésor américain. Un des objectifs est d’empêcher une hausse des rendements des obligations du Trésor, lorsque les banques centrales étrangères s’en départissent.

 

Conclusion

 

De nombreux rapports, enquêtes et décisions des tribunaux ont clairement établi que le magnat et homme politique Donald Trump n’est pas intellectuellement honnête et il est, à tout prendre, un individu corrompu, manipulateur et malicieux, dépourvu de toute empathie et de toute morale, et cela, tant dans sa vie privée que dans ses fonctions de président des États-Unis, et surtout depuis le 20 janvier 2025.

 

Il projette aussi l'image de quelqu'un qui croit qu’il ne peut jamais perdre une élection, alors que les sondages montrent que plus de 60 % des Américains désapprouvent sa gouvernance, contre moins de 35 % d'opinions en sa faveur.

 

Néanmoins, il continue d'affirmer publiquement qu'il n'a pas perdu l'élection de 2020, malgré les démentis répétés des cours de justice et des instances électorales des états, lesquelles ont maintes fois démontré la fausseté de telles prétentions.

 

Par conséquent, les Américains ont toutes les raisons de s'inquiéter et de rester vigilants, car le président Donald Trump pourrait tenter d'utiliser les pouvoirs du gouvernement fédéral pour tricher et voler les élections américaines de mi-mandat de novembre prochain.

 

Les électeurs américains et les riches donateurs, au pays et à l’étranger, qui continuent de soutenir un homme politique aussi dangereux sont, soit mal informés, soit complices de ses violations fréquentes de la constitution américaine et autres crimes et malversations.

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Mardi, le 2 juin 2026

L'Intelligence Artificielle (IA) annonce une ère du post-humain avec d'importants bouleversements économiques, sociaux et même moraux

Par Rodrigue Tremblay

« L'intelligence artificielle (IA) touchera toutes les professions, toutes les salles de classe, tous les hôpitaux, tous les laboratoires, chaque personne et toutes vos relations. » Eric Schmidt (1955-), ancien directeur général de Google, dans un discours de graduation aux diplômés de l'Université d'Arizona, et lequel fut hué par les étudiants, le vendredi 15 mai 2026.

« L'intelligence artificielle (IA) est probablement la chose la plus importante sur laquelle l'humanité n'ait jamais travaillé. Je considère cela comme quelque chose de plus profond que l'électricité ou le feu. » Sundar Pichai (1972- ), directeur général de Google, (déclaration faite en 2018, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse).

« Le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait sonner le glas de l'humanité...  Elle s'améliorera de manière autonome à un rythme croissant. Les humains, limités par l'évolution biologique lente, ne pourraient pas concurrencer et seraient dépassée. » Stephen Hawking (1942-2018), physicien britannique, dans une interview accordée à la BBC le 2 décembre 2014.

« Toute technologie qui facilite le fait de frapper sans voir le vissage de l'autre abaisse le seuil moral du conflit. » Pape Léon XIV (1955- ) dans sa première encyclique « Magnifica Humanitas » (ou Magnifique Humanité), le 25 mai 2026.

Les développements de l'Intelligence Artificielle (IA) et de l'automatisation du travail progressent rapidement et offre des applications et des bénéfices dans de nombreux domaines. Il s'agit d'une technologie qui va définir l'avenir économique.

Cependant, une telle 'destruction créatrice' trop rapide et aveugle de toutes les fonctionnalités de la nouvelle technologie, de plus en plus puissante, pourrait poser d'importants risques, et même causer des menaces et des perturbations, surtout pour les travailleurs, mais aussi pour les entreprises et pour les écrivains et les artistes, et pour l'ensemble des économies et des sociétés. 

Dans le monde post-humain qui se dessine, l'humanité pourrait être confrontée à des défis sans précédent, dans un contexte économique où les humains ne seront plus au centre des préoccupations. (Il existe déjà un marché en pleine expansion pour des robots humanoïdes NEO à être utilisés de diverses façons !)

Le monde pourrait voir certains secteurs de l'économie où les humains seront  accessoires et même carrément écartés. Pour cette raison, l'IA est porteuse de transformations technologiques, mais quelques-unes d'entre elles bouleverseront les niveaux de vie et influenceront la façon dont les humains perçoivent le travail, les revenus et la vie en société.

Pour le moment, il s'agit d'une technologie robotique qui rend le travail plus productif et plus complexe dans plusieurs industries, ce qui peut être bénéfique pour la croissance économique. De plus, un essor des investissements dans les centres de données et les centrales électriques est aussi de nature à stimuler la croissance économique. 

Pour les travailleurs, cependant, l'IA fait aussi en sorte de remplacer de nombreux emplois requérant peu de qualifications et ceux du travail indépendant, dans de nombreux secteurs même si certains autres domaines exigeront des compétences spécifiques et seront mieux protégés contre son influence.

Dès lors, une question se pose : dans un monde post-travail, avec de nombreux emplois en voie de disparition en raison de l'utilisation croissante de l'IA, d'où proviendront la demande effective et les revenus nécessaires au maintien du niveau de vie ? En effet, la disparition du travail et des revenus pour de nombreuses catégories de travailleurs n'augure rien de bon pour l'avenir de la macroéconomie.

C'est pourquoi les gouvernements vont devoir réfléchir sur comment faire face à un nouveau phénomène de chômage ou de sous-emploi lié à l'IA, notamment pour les jeunes travailleurs, lesquels risquent de se retrouver face à des emplois sans avenir. Ils devront aussi établir les niveaux d'imposition et de réglementation pour éviter les pires débordements.

I- L'intelligence artificielle (IA) et l'économie

On observe déjà les effets technologiques de l'Intelligence artificielle générative (IA) et du génie digital sur l'économie, notamment en termes d'augmentation de la rentabilité de certaines entreprises, d'individus et d'organisations.

Dans ce nouveau monde, il faut s'attendre à d'importantes perturbations sur les marchés du travail et dans l'économie en général.

En effet, il pourrait en résulter d'énormes transferts de richesse entre les groupes sociaux, certains segments de la société s'enrichissant tandis que d'autres s'appauvrissent. Les investisseurs et les travailleurs dans les nouveaux secteurs technologiques en tireront de grands bénéfices. Par contre, les travailleurs touchés par les licenciements liés à la nouvelle technologie verront un ralentissement dans la croissance de leurs revenus, tandis que les plus jeunes travailleurs, entrant sur le marché du travail, risquent d'avoir moins d'opportunités. 

En effet, des études montrent que les jeunes travailleurs diplômés trouvent déjà plus difficile de dénicher un emploi, tandis que d'autres travailleurs, plus expérimentés, se voient licenciés et remplacés par des robots algorithmiques ou par des machines intelligentes.

II- Les révolutions industrielles du passé

Depuis 1750, quatre grandes révolutions industrielles et innovations technologiques et scientifiques on transformé les économies, passant d'économies principalement agricoles et artisanales à des économies commerciales et industrielles, de plus en plus urbanisées et de plus en plus complexes et avancées.

· 1ère révolution industrielle (1750-1840) - La mécanisation, (l'invention du métier à tisser mécanique et des usines de textile et de vêtements, du moteur à vapeur pour le transport maritime et les chemins de fer, avec un recours au charbon comme source d'énergie, etc.);

· 2. La deuxième révolution industrielle (1870-1914) - La production de masse en usine, (l'ère de l'industrialisation avec la production de l'acier, de produits chimiques et de l'électricité, de l'automobile et du moteur à combustion interne à base de carburants dérivés du pétrole, etc.);

· 3. La troisième révolution industrielle (1970-2000) - L'automatisation et les communications, (l'implantation de la radio et de la télévision, l'avènement de l'ordinateur et le développement de l'Internet, les télécommunications informatisées par satellite et l'énergie nucléaire, dans un contexte de baisse des coûts du transport maritime et aérien, de la mondialisation économique et financière et de la libéralisation du commerce international, etc.;

· 4. La quatrième révolution industrielle (2010 à nos jours)  - La robotisation, (l'émergence de systèmes de production cyber-physiques qui reposent sur des centrales électriques de données et des modèles d'intelligence artificielle. La robotisation implique des machines intelligentes capables de reproduire la flexibilité du travail humain et en mesure d'effectuer des tâches répétitives ou de routine, de plus en plus sophistiquées, etc.)

III- La première révolution industrielle a été difficile pour les travailleurs déplacés, mais les deuxième et troisième ont créé suffisamment de nouvelles industries pour incorporer une main d'œuvre accrue

Les trois premières grandes percées technologiques ont fortement accru la productivité du travail et les niveaux de vie. En plus, elles ont aussi conduit à l'émergence de nouvelles industries et de nouvelles catégories d'emploi dans de nombreux secteurs économiques. 

Cependant, au cours de la 1ère révolution industrielle en Angleterre, particulièrement entre 1790 et 1840, il se produisit une période de chômage perturbateur pour les travailleurs. Ce fut la pause de Engels, du nom du philosophe allemand et théoricien marxiste Friedrich Engels (1820-1895).

Par contre, les propriétaires d'entreprises engrangèrent des profits accrus avec les gains d'efficacité des nouvelles sources d'énergie. Ce fut notamment le cas pour le moteur à vapeur qui révolutionna le transport maritime et terrestre au cours de la 1ère révolution industrielle. Cela conduisit à un essor de la production industrielle et du transport des matières premières, des marchandises et des personnes entre les pays et à l'intérieur de ces derniers.

Mais pour le travailleur moyen, le salaire réel est resté stable, voire a diminué, et l'espérance de vie moyenne dans certaines villes industrielles s'est effondrée à seulement 35 ans.

L'autre invention favorable à des occasions accrues de travail a été celle de l'automobile et du camionnage au début du 20e Siècle. Plusieurs nouvelles industries, en plus des usines d'assemblage, sont alors apparues avec la construction de réseaux routiers et de garages, et avec l'essor de l'industrie du tourisme de motels, de restaurants et de nouveaux centres de destination.

IV- La quatrième révolution industrielle pourrait créer du chômage et du sous-emploi d'une façon permanente

L'objectif principale de l'IA générative est de remplacer, lorsque cela est possible, les emplois peu qualifiés, et notamment les emplois de cols blancs et les emplois de services répétitifs, par des machines robotiques intelligentes ou des algorithmes informatiques, afin de réduire les coûts de main-d'œuvre et d'accroître la rentabilité des entreprises.

Contrairement aux autres innovations technologiques, cependant, il n'est pas certain que l'IA  — à cause du choc de l'automatisation croissante de nombreux emplois — puisse générer beaucoup de nouvelles industries et de nouveaux emplois dans le reste de l'économie, suffisamment pour soutenir la croissance économique.

Par conséquent, dépendant de la conjoncture économique, on pourrait observer une hausse persistante du chômage ou du sous-emploi pour des catégories entières de travailleurs laissés pour compte, jeunes ou vieux, hommes ou femmes. Ceux-ci se retrouveraient alors privés de leurs moyens de subsistance et de leur dignité personnelle, et cela influencerait négativement leurs niveaux de vie et leurs perspectives.

De plus, des baisses importantes de salaires et de revenus pour les ménages à faibles et moyens revenus sont susceptibles de ralentir la demande et les dépenses globales des consommateurs, ce qui risque de nuire à la prospérité générale de l'économie.

Or, dans les plus grandes économies avancées, soit les pays du G7, les inégalités de revenus et de richesse sont plus grandes aujourd'hui qu'elles ne l'étaient il y a une quarantaine d'années, au milieu des années 1980. Reste à savoir si le remplacement du travail humain par la robotisation et l'intelligence artificielle peut ou non accentuer ces inégalités.

On pourrait penser que les gouvernements pourraient compenser de telles inégalités par de nouveaux programmes d'assistance sociale.

Or, deux situations rendent cette option peu probable. Premièrement, la plupart des gouvernements sont présentement surendettés et ils feront face dans les prochaines années à des crises fiscales. Deuxièmement, dans quelques démocraties, les citoyens ultra riches et les milliardaires ont obtenu le droit de dépenser des sommes illimitées d'argent pour placer au pouvoir des personnes qui défendent leurs intérêts privés.

Dans certaines démocraties, cela pourrait signifier un retour à l'époque de l'ère 'oligarchique' au 19e Siècle, alors que les gouvernements étaient sous la férule d'oligarques extrêmement riches.

Les applications de l'IA générative et l'affaiblissement du marché de l'emploi surviennent à un moment difficile, c'est-à-dire quand les politiques économiques de l'actuel gouvernement étasunien menacent le commerce international et que des économies surendettées sont au bord d'une récession économique.

V- Est-ce que l'Intelligence Artificielle générative pourrait représenter une menace pour l'humanité ?

Dans un avenir plus rapproché que l'on croit, des avancés en Intelligence Artificielle générative (IAG), ou des algorithmes d'intelligence artificielle capables d'égaler, voire de surpasser l'intelligence humaine et écarter le jugement et le bon sens humains, peuvent poser une sérieuse menace à l'humanité. Ce pourrait certes être le cas, surtout si ces techniques tombaient dans de mauvaises mains, à l'extérieur comme à l'intérieur des gouvernements.

Contrairement aux progrès technologiques du passé, en effet, de l'imprimerie et des machines à vapeur à l'électricité et à l'ordinateur, l'humain a toujours gardé le contrôle sur ces progrès techniques. Cela ne sera pas forcément le cas avec l'IAG. En effet, la prise de décision avec l'IAG pourrait, un jour, être autonome, et ne plus être entre des mains humaines.

Des artistes se plaignent déjà que des opérateurs peu scrupuleux d'IA générative imitent à la perfection leur identité physique, leur style et copient leurs œuvres, sans le consentement de leurs auteurs et sans rétribution. En effet, l'IA rend facile les falsifications et la tricherie.

Les gouvernements vont devoir légiférer pour protéger le droit d'auteur, avant que le piratage de personnalités, d'artistes et d'œuvres existantes ne deviennent une affaire courante. Il va falloir aussi se méfier des gouvernements guerriers et prédateurs qui se précipitent pour adapter l'intelligence artificielle à leurs plans de guerre.

Certains modèles d'IA impersonnels et totalement amoraux, et utilisés dans des simulations de guerre, peuvent aller jusqu'à recommander le lancement d'armes nucléaires. Ceci est particulièrement alarmant si de tels modèles ne prennent en compte que des résultats « d'efficacité », sans considération de légalité ni de moralité. De telles situations pourraient engendrer des catastrophes et des atrocités.

Il en va de même des risques que des terroristes puissent, un jour, recourir à l'IA et vouloir développer des armes biochimiques.

Le simple fait que de telles possibilités existent devraient dicter une approche prudente face aux développements avancés de l'IA et de l'IAG. Avant d'entrer pour de bon dans une ère d'obsolescence humaine et d'une domination d'agents autonomes de l'intelligence artificielle, il serait sage de réfléchir aux conséquences pour l'humanité et de savoir comment les encadrer.

Conclusion

Un nouvel âge 'oligarchique' se dessine sous nos yeux, alors que de grandes entreprises privées procèdent à des licenciements massifs et s'appuient, de plus en plus, sur des agents de l'Intelligence Artificielle (IA) pour se décharger en partie de leur responsabilité sociale de recruter, embaucher et de former des employés, tout en engrangeant des profits toujours plus importants.

À terme, des catégories entières de travailleurs pourraient devenir économiquement inemployables aux yeux des employeurs, et cela affectera l'ensemble de la population et l'économie en général. Le remplacement de l'humain par des robots intelligents dans de nombreux domaines d'activité sera un facteur d'aliénation pour une grande partie de la population.

Une grave crise du travail se profile à l'horizon et l'on peut s'attendre à ce que les disparités de revenus et de richesse entre nantis et pauvres s'accroissent.

En effet, dans l'avenir post-humain orwellien qui se prépare, les propriétaires des robots intelligents de l'Intelligence Artificielle générative seront comme les propriétaires d'esclaves des siècles passés. Ils seront super riches, et le reste de la population pourrait être super pauvre.

Pour le moment, certains super riches et optimistes oligarques plaident pour la plus grande liberté, et ils s'activent pour mettre rapidement en œuvre la révolution industrielle de l'intelligence artificielle, sans trop se soucier des conséquences et de la transformation fondamentale qui risquent de bouleverser le marché du travail et l'ensemble de l'économie et de la société, à court et moyen terme.

Or, si des dommages économiques et sociaux irréparables étaient causés à une large partie de la population, cela pourrait annoncer des décennies dramatiques de déclin économique et de troubles sociaux.

Il incombe, par conséquent, aux gouvernements et aux organisations internationales de prendre des dispositions fiscales appropriées et d'établir des critères d'encadrement et des lignes directrices concernant les développements les plus risqués de l'intelligence artificielle (IA), afin de respecter la liberté et la dignité humaine.

Ils doivent aussi se préparer à faire face à des taux de chômage sectoriel et à des niveaux de sous-emploi accrus, surtout pour les jeunes travailleurs, mais aussi pour les écrivains et les artistes, s'ajoutant à toutes les autres conséquences économiques, financières, fiscales et sociales qui pourraient découler du nouveau paradigme industriel.

Les établissements d'enseignement, et notamment les universités, devraient se préparer à revoir leurs programmes pédagogiques et à les adapter aux nouvelles réalités du marché du travail.

Il y a, en plus, un risque moral. En effet, le monde devrait s'inquiéter que des gouvernements aux instincts totalitaires et mal intentionnés soient tentés de se servir de l'IA pour faire de la désinformation et pour mieux contrôler la population.

Il n'est pas exclu que des gouvernements bellicistes, impérialistes et prédateurs puissent exploiter l'IA générative pour rendre les guerres actuelles et futures encore plus fréquentes, plus meurtrières et plus destructrices. Par exemple, ils pourraient confier à des algorithmes d'intelligence artificielle générative le soin de développer de nouveaux armements peu coûteux, de type biologique, chimique ou radiologique, ce qui rendrait les guerres d'agression encore plus faciles et moins coûteuses.

En conséquence, une prudence élémentaire devrait guider les décideurs face aux bouleversements économiques, sociaux, industriels et même militaires qui sont sur le point de frapper les sociétés industrialisées de plein fouet, au cours des prochaines années.

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P. S.: Signe des temps, aux États-Unis, l'emploi des cols blancs s'est contracté pendant plusieurs mois consécutifs, en 2025-2026.

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Mis en ligne mardi, le 2 juin 2026, et mise à jour le 27 juillet 2026.

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Vendredi, le 1 mai 2026

Réflections sur le livre politique 'Destination autonomie', du chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), M. Éric Duhaime, avril 2026

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Les professeurs enseignent le nationalisme dans les écoles. Ils disent à leurs élèves que le Québec est un État et c'est faux. Le Québec est une province, un canton, indistinct. » Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), Premier ministre libéral à Ottawa, (propos émis en 1994, tel que rapporté par Michel David dans Le Devoir, le 29 octobre 2016.

Il n'est pas facile de revivre l'histoire.

Sur le fond, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a raison d'adopter un programme d'autonomie québécoise pour son parti politique (1). Ce faisant, il souhaite revenir à une approche pratique pour les relations entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral canadien, laquelle approche a donné des résultats concrets dans le passé. Ce fut le cas avec le rapatriement du l'impôt sur le revenu en 1954 et le programme de pensions de la Régie des rentes du Québec, distinct du régime fédéral dans les autres provinces canadiennes, en 1964.

Éric Duhaime fait ce que les dirigeants du PQ auraient peut-être dû faire, à la suite des deux défaites référendaires de 1980 et de 1995, s'ils avaient fait une bonne analyse des raisons géopolitiques de leurs défaites. En effet, ces défaites successives ont contribué à faire perdre au Parlement du Québec d'importants pouvoirs au profit de juges fédéraux, nommés et payés par le gouvernement fédéral, ce qui a ramené le Québec à la période d'avant 1867.

Sans le dire, le chef du PCQ souhaiterait sans doute que le gouvernement fédéral canadien répare les torts énormes faits au Québec avec la Loi constitutionnelle de 1982, adoptée sans le consentement du gouvernement du Québec et sans la tenue d'un référendum sur cette Loi des lois.

Il est vrai que le Premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), et d'autres politiciens à Ottawa, ont sciemment ou non trompé la population lors du référendum du 20 mai 1980, en laissant subtilement croire à la population québécoise, qu'un « vote pour le 'Non' n'était pas un vote pour le statu quo » 

Au contraire, de nombreux électeurs comprirent alors qu'un vote pour le 'Non' allait être un vote en faveur du Livre Beige explicatif du Camp du NON, un manifeste intitulé « Une nouvelle fédération canadienne ». Ce dernier comprenait sept propositions de révisions constitutionnelles, en guise d'alternative au Livre blanc de mesures du Camp du OUI, un manifeste intitulé « D'égal à égal », lequel proposait une négociation bilatérale afin de doter le Québec d'un statut de Souveraineté-Association.(2)

Les sept propositions constitutionnelles du Livre Beige étaient :

1- Adoption d'une charte des droits et libertés et l'intégration des langues française et anglaise à la Constitution canadienne (en plus de l'étendre aux provinces de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick).

2- Garantie du droit de tout individu de permettre à son enfant d'étudier en anglais ou en français « là où le nombre le justifie ».

3- Abolition du Sénat.

4- Création d'un Conseil fédéral constitué de délégations des provinces (composé à 25% de délégués du Québec) dont le mandat serait de superviser les initiatives du gouvernement fédéral, quand ces dernières seraient «susceptibles de modifier l'équilibre fondamental de la fédération». Le Conseil mettrait également sur pied un comité paritaire (francophone et anglophone) se concentrant spécifiquement sur les questions linguistiques.

5- Création d'un banc dualiste (paritaire Canada-Québec à la Cour suprême pour tous les dossiers constitutionnels.

6- L'attribution du pouvoir résiduaire aux provinces.

7-  L'attribution aux provinces des pouvoirs sur l'enseignement, les subventions et les bourses, la programmation radiodiffusée et télévisée, les modes de réinsertion sociale, la formation de la main-d'oeuvre et l'accueil et l'intégration des immigrants.

Le Livre Beige était l'oeuvre du chef du PLQ et du camp du NON, Claude Ryan. Le 20 mai 1980, le Camp du NON récolta 59,56% des suffrages exprimés, en partie parce que son Livre Beige de propositions constitutionnelles étaient foncièrement décentralisatrices.

Mais des dirigeants du PQ ont dit que la population « s'était dit non à elle-même » ce qui était une interprétation antidémocratique.

En effet, lors des référendums de 1980 et de 1995, il n'y eut qu'une seule option constitutionnelle sur les bulletins de vote, soit celle du gouvernement en place. En 1980, c'était la proposition de négocier une souveraineté-association du Québec. En 1995, le choix était une proposition de négocier l'indépendance du Québec. Dans les deux cas, il s'est agi d'un plébiscite, et non pas d'un véritable référendum, avec différentes options constitutionnelles.

[Définition d'un plébiscite «Consultation par laquelle un gouvernement demande à l'ensemble des citoyens de lui manifester leur confiance, en se prononçant par oui ou par non sur une proposition.»]

Après les défaites référendaires du 1980 et de 1995, il aurait été peut-être possible de négocier une réparation des torts faits au Québec par la Loi constitutionnelle de 1982, laquelle a placé le Parlement du Québec sous l'autorité arbitraire de juges fédéraux, pour plusieurs de ses lois votées démocratiquement. Ce fut fait contre son gré et contre la volonté de la population québécoise, laquelle n'a jamais été consultée sur une telle régression politique du Québec.

Les gouvernements conservateurs de Brian Mulroney (1939-2024) et de Stephen Harper (1959- ) à Ottawa auraient possiblement été plus ouverts aux revendications d'un gouvernement québécois autonomiste à Québec.

Cependant, il ne faut pas trop s'illusionner.

Il ne faut pas trop s'illusionner, en effet, car l'échec de l'Accord du lac Meech, le 23 juin1990, et celui de l'Accord de Charlottetown, lors du référendum fédéral du 26 octobre 1992, lequel fut défait à la fois au Québec et dans le reste du Canada, montrent bien qu'il n'est pas facile de procéder à des changements constitutionnels au Canada, dans le contexte actuel. En effet, aux termes de la Loi constitutionnelle de 1982, un amendement constitutionnel requiert l'approbation, soit de l'unanimité des gouvernements fédéral et provinciaux pour une liste restreinte de questions institutionnelles, soit de l'approbation du gouvernement fédéral et des deux tiers des provinces canadiennes pour la plupart des autres amendements. Toutefois, des ententes Québec-Ottawa ponctuelles sont toujours possibles.

Comme je l'explique dans mon livre de 2018, « La Régression du Québec, 1980-2018 », aux Éditions Fides, pour qu'une approche autonomiste soit retenue, il aurait fallu que le PQ place la patrie au-dessus du parti, et que le gouvernement démissionne après sa défaite plébiscitaire du 20 mai 1980.

Cela aurait alors pu bloquer la stratégie du gouvernement Trudeau de procéder à des changements constitutionnels sans le Québec, dans le sens d'une fédération canadienne plus centralisée. En effet, il y avait alors de fortes chances que Claude Ryan, chef du PLQ et chef vainqueur du camp du Non lors du référendum, puisse être élu premier ministre du Québec et qu'il s'oppose à une telle centralisation.

Si cela avait été le cas, Pierre Elliott Trudeau n'aurait pas pu prétendre que son option d'un fédéralisme centralisé était celle qui était sortie vainqueur, lors du référendum québécois. Toute l'histoire aurait pu en être modifiée.

Mais cela ne s'est pas produit, essentiellement parce que le Premier ministre René Lévesque (1922-1987) n'a pas choisi de respecter le vote sans équivoque de l'électorat québécois et s'est accroché au pouvoir pour une autre année.

Le Premier ministre Trudeau a pu alors procéder unilatéralement, sans l'accord du Québec, au rapatriement de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB de 1867) de Londres, avec l'aide de la Cour Suprême du Canada, à ce moment présidée par Bora Laskin (1912-1984), et avec celle des gouvernements de l'Ontario et du Nouveau Brunswick.

Après ce qui a été qualifiée de Nuit des longs couteaux, les 4-5 novembre 1981, Pierre Elliott Trudeau réussit à faire inclure dans ce qui est devenu la Loi constitutionnelle de 1982, une Charte des droits, après avoir concédé l'insertion d'une clause dérogatoire, à la demande des provinces anglophones récalcitrantes.

Conclusion

J'ai déjà écrit que les changements constitutionnels imposés par un coup de force fédéral ont fait en sorte que la province du Québec est de facto devenue une colonie intérieure du Canada, en majorité de langue anglaise. C'est une situation qui menace à long terme la survie du Québec en tant que seule entité politique à majorité francophone en Amérique du nord.

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(1) Mario Dumont, Éric Duhaime, autonomiste et sérieux, Journal de Montréal, 18 avril 2026

(2) Le 12 juin 1978, Pierre Elliott Trudeau déposa à la Chambre des communes un projet de loi, le bill C-60, et un livre blanc intitulé « Le temps d'agir » dans lequel il propose de renouveler le fédéralisme canadien. Il proposa aussi l'adoption d'une Charte des droits et libertés, le remplacement du Sénat par une Chambre de la fédération ou encore la redéfinition du rôle du gouverneur-général, du premier ministre et du cabinet.

Voir, Claude-V. Marsolais, Le référendum confisqué, Montréal, VLB Éditeur, 1992, p.5.

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Rodrigue Tremblay, professeur émérite de l'Université de Montréal, et ancien ministre


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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

Site internet de l'auteur : http://rodriguetremblay.blogspot.com

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Mis en ligne mercredi, le 29 avril 2026.

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