Mercredi, le 29 avril 2026

Réflections sur le livre politique 'Destination autonomie', du chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), M. Éric Duhaime, avril 2026

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Les professeurs enseignent le nationalisme dans les écoles. Ils disent à leurs élèves que le Québec est un État et c'est faux. Le Québec est une province, un canton, indistinct. » Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), Premier ministre libéral à Ottawa, (propos émis en 1994, tel que rapporté par Michel David dans Le Devoir, le 29 octobre 2016.

Il n'est pas facile de revivre l'histoire.

Sur le fond, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a raison d'adopter un programme d'autonomie québécoise pour son parti politique (1). Ce faisant, il souhaite revenir à une approche pratique pour les relations entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral canadien, laquelle approche a donné des résultats concrets dans le passé. Ce fut le cas avec le rapatriement du l'impôt sur le revenu en 1954 et le programme de pensions de la Régie des rentes du Québec, distinct du régime fédéral dans les autres provinces canadiennes, en 1964.

Éric Duhaime fait ce que les dirigeants du PQ auraient peut-être dû faire, à la suite des deux défaites référendaires de 1980 et de 1995, s'ils avaient fait une bonne analyse des raisons géopolitiques de leurs défaites. En effet, ces défaites successives ont contribué à faire perdre au Parlement du Québec d'importants pouvoirs au profit de juges fédéraux, nommés et payés par le gouvernement fédéral, ce qui a ramené le Québec à la période d'avant 1867.

Sans le dire, le chef du PCQ souhaiterait sans doute que le gouvernement fédéral canadien répare les torts énormes faits au Québec avec la Loi constitutionnelle de 1982, adoptée sans le consentement du gouvernement du Québec et sans la tenue d'un référendum sur cette Loi des lois.

Il est vrai que le Premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), et d'autres politiciens à Ottawa, ont sciemment ou non trompé la population lors du référendum du 20 mai 1980, en laissant subtilement croire à la population québécoise, qu'un « vote pour le 'Non' n'était pas un vote pour le statu quo » 

Au contraire, de nombreux électeurs comprirent alors qu'un vote pour le 'Non' allait être un vote en faveur du Livre Beige explicatif du Camp du NON, un manifeste intitulé « Une nouvelle fédération canadienne ». Ce dernier comprenait sept propositions de révisions constitutionnelles, en guise d'alternative au Livre blanc de mesures du Camp du OUI, un manifeste intitulé « D'égal à égal », lequel proposait une négociation bilatérale afin de doter le Québec d'un statut de Souveraineté-Association.(2)

Les sept propositions constitutionnelles du Livre Beige étaient :

1- Adoption d'une charte des droits et libertés et l'intégration des langues française et anglaise à la Constitution canadienne (en plus de l'étendre aux provinces de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick).

2- Garantie du droit de tout individu de permettre à son enfant d'étudier en anglais ou en français « là où le nombre le justifie ».

3- Abolition du Sénat.

4- Création d'un Conseil fédéral constitué de délégations des provinces (composé à 25% de délégués du Québec) dont le mandat serait de superviser les initiatives du gouvernement fédéral, quand ces dernières seraient «susceptibles de modifier l'équilibre fondamental de la fédération». Le Conseil mettrait également sur pied un comité paritaire (francophone et anglophone) se concentrant spécifiquement sur les questions linguistiques.

5- Création d'un banc dualiste (paritaire Canada-Québec à la Cour suprême pour tous les dossiers constitutionnels.

6- L'attribution du pouvoir résiduaire aux provinces.

7-  L'attribution aux provinces des pouvoirs sur l'enseignement, les subventions et les bourses, la programmation radiodiffusée et télévisée, les modes de réinsertion sociale, la formation de la main-d'oeuvre et l'accueil et l'intégration des immigrants.

Le Livre Beige était l'oeuvre du chef du PLQ et du camp du NON, Claude Ryan. Le 20 mai 1980, le Camp du NON récolta 59,56% des suffrages exprimés, en partie parce que son Livre Beige de propositions constitutionnelles étaient foncièrement décentralisatrices.

Mais des dirigeants du PQ ont dit que la population « s'était dit non à elle-même » ce qui était une interprétation antidémocratique.

En effet, lors des référendums de 1980 et de 1995, il n'y eut qu'une seule option constitutionnelle sur les bulletins de vote, soit celle du gouvernement en place. En 1980, c'était la proposition de négocier une souveraineté-association du Québec. En 1995, le choix était une proposition de négocier l'indépendance du Québec. Dans les deux cas, il s'est agi d'un plébiscite, et non pas d'un véritable référendum, avec différentes options constitutionnelles.

[Définition d'un plébiscite «Consultation par laquelle un gouvernement demande à l'ensemble des citoyens de lui manifester leur confiance, en se prononçant par oui ou par non sur une proposition.»]

Après les défaites référendaires du 1980 et de 1995, il aurait été peut-être possible de négocier une réparation des torts faits au Québec par la Loi constitutionnelle de 1982, laquelle a placé le Parlement du Québec sous l'autorité arbitraire de juges fédéraux, pour plusieurs de ses lois votées démocratiquement. Ce fut fait contre son gré et contre la volonté de la population québécoise, laquelle n'a jamais été consultée sur une telle régression politique du Québec.

Les gouvernements conservateurs de Brian Mulroney (1939-2024) et de Stephen Harper (1959- ) à Ottawa auraient possiblement été plus ouverts aux revendications d'un gouvernement québécois autonomiste à Québec.

Cependant, il ne faut pas trop s'illusionner.

Il ne faut pas trop s'illusionner, en effet, car l'échec de l'Accord du lac Meech, le 23 juin1990, et celui de l'Accord de Charlottetown, lors du référendum fédéral du 26 octobre 1992, lequel fut défait à la fois au Québec et dans le reste du Canada, montrent bien qu'il n'est pas facile de procéder à des changements constitutionnels au Canada, dans le contexte actuel. En effet, aux termes de la Loi constitutionnelle de 1982, un amendement constitutionnel requiert l'approbation, soit de l'unanimité des gouvernements fédéral et provinciaux pour une liste restreinte de questions institutionnelles, soit de l'approbation du gouvernement fédéral et des deux tiers des provinces canadiennes pour la plupart des autres amendements. Toutefois, des ententes Québec-Ottawa ponctuelles sont toujours possibles.

Comme je l'explique dans mon livre de 2018, « La Régression du Québec, 1980-2018 », aux Éditions Fides, pour qu'une approche autonomiste soit retenue, il aurait fallu que le PQ place la patrie au-dessus du parti, et que le gouvernement démissionne après sa défaite plébiscitaire du 20 mai 1980.

Cela aurait alors pu bloquer la stratégie du gouvernement Trudeau de procéder à des changements constitutionnels sans le Québec, dans le sens d'une fédération canadienne plus centralisée. En effet, il y avait alors de fortes chances que Claude Ryan, chef du PLQ et chef vainqueur du camp du Non lors du référendum, puisse être élu premier ministre du Québec et qu'il s'oppose à une telle centralisation.

Si cela avait été le cas, Pierre Elliott Trudeau n'aurait pas pu prétendre que son option d'un fédéralisme centralisé était celle qui était sortie vainqueur, lors du référendum québécois. Toute l'histoire aurait pu en être modifiée.

Mais cela ne s'est pas produit, essentiellement parce que le Premier ministre René Lévesque (1922-1987) n'a pas choisi de respecter le vote sans équivoque de l'électorat québécois et s'est accroché au pouvoir pour une autre année.

Le Premier ministre Trudeau a pu alors procéder unilatéralement, sans l'accord du Québec, au rapatriement de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB de 1867) de Londres, avec l'aide de la Cour Suprême du Canada, à ce moment présidée par Bora Laskin (1912-1984), et avec celle des gouvernements de l'Ontario et du Nouveau Brunswick.

Après ce qui a été qualifiée de Nuit des longs couteaux, les 4-5 novembre 1981, Pierre Elliott Trudeau réussit à faire inclure dans ce qui est devenu la Loi constitutionnelle de 1982, une Charte des droits, après avoir concédé l'insertion d'une clause dérogatoire, à la demande des provinces anglophones récalcitrantes.

Conclusion

J'ai déjà écrit que les changements constitutionnels imposés par un coup de force fédéral ont fait en sorte que la province du Québec est de facto devenue une colonie intérieure du Canada, en majorité de langue anglaise. C'est une situation qui menace à long terme la survie du Québec en tant que seule entité politique à majorité francophone en Amérique du nord.

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(1) Mario Dumont, Éric Duhaime, autonomiste et sérieux, Journal de Montréal, 18 avril 2026

(2) Le 12 juin 1978, Pierre Elliott Trudeau déposa à la Chambre des communes un projet de loi, le bill C-60, et un livre blanc intitulé « Le temps d'agir » dans lequel il propose de renouveler le fédéralisme canadien. Il proposa aussi l'adoption d'une Charte des droits et libertés, le remplacement du Sénat par une Chambre de la fédération ou encore la redéfinition du rôle du gouverneur-général, du premier ministre et du cabinet.

Voir, Claude-V. Marsolais, Le référendum confisqué, Montréal, VLB Éditeur, 1992, p.5.

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Rodrigue Tremblay, professeur émérite de l'Université de Montréal, et ancien ministre


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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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© 2026 Prof. Rodrigue Tremblay




 


Vendredi, le 3 avril 2026

Qu'est-ce qui est le mieux pour le monde : le chaos, les guerres et la destruction, ou l'ordre, la paix et la prospérité ?

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« À mesure que la démocratie se perfectionnela fonction de président représente de plus en plus fidèlement l'âme du peuple. Un jour glorieux, le peuple verra enfin son voeu le plus cher exaucé et la Maison-Blanche sera occupée par un imbécile accompli, et un crétin narcissique complet. » H.L. Mencken (1880-1956), journaliste et écrivain américain, (propos rapporté dans le 'Baltimore Evening Sun', le 26 juillet 1920).

« Le but dans la vie n'est pas d'être du côté de la majoritémais d'éviter de se retrouver dans les rangs des imbéciles. » Marcus Aurelius (121-180 AD), Empereur romain et philosophe stoïcien, (dans les « Pensées pour moi-même », 161-180 apr. J.-C.).

« Nous ne vivons plus [aux États-Unis] dans une république constitutionnelle. Nous vivons sous une forme de tyrannie déguisée. Cela peut vous déplaire, mais c'est la vérité. Nous votons, mais c'est l'État qui nous gouverne, et non l'inverse. Notre gouvernement redistribue nos richesses de manière criminelle, et nous ne faisons rien pour l'empêcher. » Chuck Wooley (1941- ), acteur et animateur de jeux télévisés américain, (sur Twitter (X), le 26 mars 2018).

« Lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpationspoursuivant invariablement le même but, révèle un dessein de soumettre le peuple à un despotisme absolu, il est de son droit, il est de son devoir, de renverser un tel gouvernement et de mettre en place de nouvelles garanties pour sa sécurité future. » Déclaration d'indépendance américaine (1776).

La paix dans le monde et l'ordre international sont aujourd'hui très fragiles, et cela est très inquiétant. En effet, en l'espace de quelques années, les lois et règles internationales et l'ensemble du droit international semblent avoir été remplacés par un arbitraire unilatéral et improvisé, fondé sur la force brute. Cela conduit à une dangereuse situation de chaos global, laquelle menace la paix et la prospérité des pays.

En réalité, un tel chaos et une telle confusion découlent d'une faille majeure dans la Charte des Nations Unies, laquelle fut adoptée et signée à San Francisco, le 26 juin 1945.

En effet, on retrouve dans la Charte de l'ONU, un droit de veto accordé aux cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), lequel compte dix autres membres non-permanents. Il suffit qu'un seul membre permanent émette un vote négatif (droit de veto), pour qu'une résolution du Conseil pour le maintien de la paix soit rejetée. (Article 27 de la Charte).

Dans les faits, cette disposition permet à un pays-membre permanent de lancer une guerre d'agression contre un autre pays (ou de protéger un pays non-membre permanent de le faire), sans que les dispositions prévues de la Charte pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales ne s'appliquent.

Or, ironiquement de nos jours, c'est un des membres fondateurs de l'ONU, i.e. les États-Unis sous le gouvernement de Donald Trump, qui a le plus souvent recours à son droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU pour lancer impunément des guerres d'agression à travers le monde.

Cela ne signifie nullement que le gouvernement étasunien, signataire de la Charte des Nations Unis, n'est pas tenu de respecter l'esprit et la lettre de son Article 2.4, lequel enjoint tous les pays-membres de s'abstenir, « dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

Cependant, si un gouvernement d'un des cinq pays-membres permanents du Conseil de Sécurité est de mauvaise foi, il peut recourir à son droit de veto pour contourner les principes fondamentaux de l'ONU.

I) L'ONU peut, en pratique, être bloquée dans sa mission de paix dans le monde

La dernière guerre d'agression en date que la Charte des Nations n'a pas pu arrêter est la guerre conjointe que les gouvernements américain et israélien ont lancé contre le pays de l'Iran, le samedi 28 février 2026.

En effet, c'est à cette date qu'une campagne de bombardements militaires non provoquée et illégale contre l'Iran a été lancée, au mépris du droit international, par le président étasunien Donald Trump et par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Cette guerre régionale pourrait ouvrir une boîte de Pandore d'où pourraient découler toutes sortes de malheurs.

L'histoire montre que ce n'est pas toujours le pays qui déclenche une guerre qui la termine. Dans ce cas précis, le gouvernement israélien semble avoir un plan militaire, régional et discutable à long terme, mais l'administration Trump semble avoir été poussée dans cette guerre improvisée par des considérations partisanes à court terme, sans aucune planification à moyen et long terme.

De plus, selon un sondage Reuters/Ipsos récent, le peuple américain s'oppose fortement, à hauteur de 59 pour cent, à la guerre illégale de Donald Trump contre l'Iran, menée sans motifs, ni objectifs clairs. De même, le taux d'approbation du président américain est au niveau historiquement bas de 36 pour cent, et est en chute à mesure que de plus en plus d'Américains prennent connaissance de ce qui se passe réellement.

Jusqu'à présent, cette guerre a tué plus de 3 230 personnes, y compris plus de 175 écolières et membres du personnel scolaire innocents, lesquels ont perdu la vie lors d'une frappe directe américaine contre une école de jeunes filles à Minab, dans le sud de l'Iran. Elle se traduit par beaucoup de destruction. Selon le groupe de défense des droits HRANA, basé aux États-Unis, plus de 1 500 civils, dont 236 enfants, ont été tués en Iran depuis le début des bombardements américano-israéliens, le 28 février 2026.

II) Conséquences économiques et financières

Les dommages économiques sont énormes, avec des pénuries énergétiques à travers le monde, et une hausse des prix et des taux d'intérêt, cette dernière provoquant de violentes chutes des marchés financiers.

En effet, la guerre israélo-américaine-iranienne rend le Japon tout particulièrement vulnérable parmi les économies industrialisées, car ce pays importe 95 pour cent de son pétrole du Moyen-Orient, et ne produit que 3 pour cent de sa consommation intérieure de pétrole. Une telle situation exerce une pression à la baisse sur le yen, contraignant la Banque centrale du Japon à vendre des bons du Trésor américain pour obtenir les liquidités nécessaires au soutien de sa monnaie.

Cela pourrait causer un effet de dominos résultant en une crise économique et financière mondiale majeure. En effet, lorsque les taux d'intérêt américains à 10 ans sont en hausse avec les ventes d'obligations américaines, en même temps qu'il se produit une flambée mondiale des prix du pétrole, cette dernière alimente l'inflation dans nombreux pays et fait chuter les marchés financiers. Un freinage généralisé de l'activité économique s'en suit nécessairement. Le résultat global pourrait être une sérieuse récession économique mondiale, voire pire.

III) Le rôle joué par Donald Trump dans le désordre actuel aux États-Unis et dans le monde

Depuis qu'il a été élu à la présidence américaine, en 2016, le magnat Donald Trump a démontré qu'il était un politicien autocratique, impulsif et retors, qui a souvent des crises incontrôlées de colère.

En effet, depuis son arrivée à la Maison blanche, il a été un créateur de chaos et de destruction systématique. Il a souvent recours à des attaques verbales, économiques et militaires, tant à l'étranger qu'à l'intérieur de son pays. Dans ce dernier cas, la police intérieure ICE, qui rappelle par ses tactiques la Gestapo nazie, continue d'ouvrir de nouveaux camps de concentration.

Donald Trump fait souvent preuve également de malhonnêteté intellectuelle, étant un menteur pathologique qui invente des choses de toutes pièces, pour se glorifier et pour humilier, intimider ou déstabiliser toute personne qui s'oppose à lui. Les gens doivent être sur leurs gardes, car la plupart du temps quand le politicien D. Trump ouvre la bouche, il ment.

De plus, Donald Trump est un homme politique au passé très controversé. Il s'est révélé être un belliciste, un tyran et un prédateur. Sans grands surprise, une fois au gouvernement, il s'est appliqué à transposer en politique les pratiques prédatrices et autocratiques qu'il avait développées dans sa vie d'homme d'affaires de constructeur d'hôtels, de casinos et de terrains de golf.

Donald Trump est aussi un individu avec une longue liste de méfaits. En réalité, son dossier est de facto celui d'un escroc, condamné à de nombreuses occasions au criminel.

En effet, selon l'encyclopédie Wikipédia, l'homme d'affaires en immobilier Donald Trump, dans ses affaires privées et juridiques personnelles, entre 1973 et 2016, (date de sa première élection à la présidence des États-Unis), a été impliqué dans plusieurs milliers d'affaires judiciaires, allant de litiges commerciaux multiples à des procès en diffamation, en passant par des contestations fiscales et des affaires intensives d'inconduite sexuelle.

En outre, une fois au pouvoir, Donald Trump a systématiquement abusé du prétexte de 'pouvoirs d'urgence' pour violer la Constitution américaine. Il sape fréquemment le fonctionnement des tribunaux en s'attaquant aux juges qui statuent contre ses penchants autocratiques. Il a joué aussi un rôle important dans l'assaut du Capitol du 6 janvier 2021, et il a tenté d'invalider illégalement les résultats de l'élection présidentielle de 2020. En d'autres termes, Donald Trump est une menace pour les institutions américaines.

À cela s'ajoutent les nombreuses accusations pour fraudes et pour corruption portées contre lui, dont celle d'avoir accepté un cadeau du gouvernement qatari : un Boeing 747 de luxe d'une valeur de 400 millions de dollars, sans oublier la manipulation des marchés financiers par des investisseurs près du pouvoir et bénéficiant manifestement d'informations privilégiées. Et la liste s'allonge de jour en jour.

— À tout prendre, D. Trump est un politicien vulgaire et qui n'a pas de classe : il est souvent malveillant, mesquin et odieux, quand il menace de bloquer l'ouverture d'un nouveau pont ou qu'il se réjouit honteusement de la mort d'une personne.

En fait, Trump ne projette pas l'image d'un chef d'État compétent et légitime, mais plutôt celle d'un chef de mafia, qui lance constamment des ultimatums agressifs qu'on ne peut refuser.

· La dissimulation illégale des dossier Epstein se poursuit

Pendant tout ce temps, le gouvernement Trump poursuit activement son opération de dissimulation du rôle de l'intéressé dans le scandale politico-sexuel de J. Epstein, lequel a réduit en esclavage plus d'un millier de jeunes filles mineures originaires de différents pays, dans un réseau international de pédophilie, au service de personnes riches et influentes et impliquant certains services de renseignements.

Il s'agit également d'un réseau international de trafic sexuel qui a reçu plus d'un milliard de dollars de diverses sources.

Tout cela est à peine connu, en violation flagrante d'une loi adoptée à la quasi-unanimité par le Congrès étasunien, la « Loi sur la transparence des dossiers Epstein », et promulguée le 18 novembre 2025, laquelle exige que le gouvernement Trump rende public l'intégralité des documents contenus dans les dossiers Epstein, ce qui est loin d'avoir été fait.

IV) Comment un candidat aussi peu préparé que D. Trump a-t'il pu être élu à la présidence des États-Unis ?

Les historiens de l'avenir s'interrogeront sans doute sur les circonstances politiques et économiques particulières qui ont pu permettre à l'homme d'affaires Donald Trump d'être élu président des États-Unis.

En effet, comment un candidat aussi peu recommandable, condamné au criminel pour 34 chefs d'accusation de félonie, doté d'un caractère instable qui parfois frôle la démence, en plus d'être un individu impliqué dans le réseau international de prostitution de jeunes filles mineures de J. Epstein, son voisin et ami pendant quinze ans en Floride, a pu se hisser au poste de président des États-Unis ?

De même, les historiens auront sans doute du mal à expliquer comment Donald Trump a pu se maintenir au pouvoir pendant tant d'années, (2017-2021 et 2025-2026) sans être destitué pour cause, conformément à l'un ou l'autre des deux articles de la constitution américaine prévus à cet effet :

· Art.II, sec 4 : (« Le président des États-Unis sera destitué de ses fonctions en cas de mise en accusation et de condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits graves. »).

· Le 25e amendement : (« Lorsque le vice-président et la majorité des principaux responsables des départements exécutifs transmettent...au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des Représentants une déclaration écrite attestant que le président est incapable d'exercer les pouvoirs et les fonctions de sa charge, le vice-président assume immédiatement les pouvoirs et les fonctions de la charge en qualité de président par intérim. »).

Ce sont les deux articles qui ont été conçus expressément pour destituer un président qui a perdu les pédales.

Or, côté santé, il semble de plus en plus que Donald Trump, 79 ans, se fait traiter présentement pour la maladie d'Alzheimer et la démence, comme son père. Les membres du Congrès américain doivent en prendre note.

Ces derniers mois, en effet, Donald Trump est devenu un électron libre et une véritable menace mondiale. Il s'est lancé dans des guerres insensées à travers le monde.

Non seulement il a attaqué militairement le Venezuela pour mettre la main sur ses ressources pétrolières et il a déclenché une nouvelle guerre d'agression anticonstitutionnelle et déstabilisatrice contre l'Iran, avec aussi une intention manifeste de contrôler les réserves de pétrole de ce pays, mais il s'est aussi abaissé jusqu'à imposer, tel un tyran cruel, un embargo pétrolier illégal à Cuba, un petit pays en manque de carburant de d'électricité.

Conclusion

Selon de nombreux médecins, des neuroscientifiques et des psychiatres, l'homme d'affaires américain Donald Trump, âgé de 79 ans et actuellement président des États-Unis, voit son état de santé physique et mental décliner rapidement et même s'aggraver de jour en jour. Cela rend Donald Trump non seulement malade, mais aussi inapte à diriger un gouvernement, quel qu'il soit.

En effet, le comportement douteux et curieux du président américain en exercice, ses propos improvisés et ses insultes à tout-va, ainsi que ses politiques perturbatrices et parfois carrément idiotes, indiquent qu'il est trop incompétent et trop dangereux pour exercer la fonction de président des États-Unis.

De plus, son ignorance généralisée le pousse à changer constamment d'avis, ce qui l'amène à improviser et à modifier sans cesse ses positions, au gré de ses interlocuteurs. Ses politiques macroéconomiques, insensées et improvisées, ont été condamnées par la quasi-totalité des économistes qualifiés, tandis que ses raisons invoquées pour lancer illégalement des guerres arrogantes, destructrices et coûteuses contre d'autres pays ont été fortement critiquées.

Le chaos politique, économique et militaire actuel dans le monde est largement imputable à Donald Trump et à ses interventions débridées. Cela annonce non seulement des catastrophes humanitaires, mais aussi une grave récession économique mondiale. Cela présage également un déclin important de la réputation des États-Unis dans le monde.

Par conséquent, les membres élus du Congrès américain, et en particulier la majorité républicaine à la Chambre des représentants et au Sénat, devraient prendre des mesures concrètes pour mettre un terme au cirque politique quotidien de Donald Trump.

Ils devraient l'empêcher de concentrer tous les pouvoirs politiques entre ses mains, en violation flagrante de la Constitution américaine, et l'arrêter de lancer des guerres d'agression et des attaques économiques anticonstitutionnelles contre d'autres pays.

De plus, comme l'a clairement statué le tribunal de Nuremberg, les officiers militaires ont la responsabilité de ne pas obéir à des ordres illégaux de commettre des crimes de guerre et des atrocités.

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Mercredi, le 11 mars 2026

Les véritables raisons derrière les bombardements américains et israéliens de l'Iran et les conséquences prévisibles

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Sans débat, sans critique, aucun gouvernement, aucun pays ne peut réussir, et aucune démocratie ne peut survivre. C'est pourquoi le législateur athénien Solon a dit que refuser la controverse était un crime pour tout citoyen. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par le 1er Amendement — la seule activité aux États-Unis spécifiquement protégée par la Constitution — non pas principalement pour amuser et divertir, non pas pour mettre l'accent sur le futile et le sentimental, non pas pour simplement 'donner au public ce qu'il veut', mais pour informer, éveiller les consciences, faire réfléchir, exposer nos dangers et nos opportunités, indiquer nos crises et nos choix, guider, façonner, éduquer et parfois même indigner l'opinion publique. » John F. Kennedy (1917-1963), 35e président des États-Unis, 1961-1963, (discours devant l'Association américaine des éditeurs de journaux, le 27 avril 1961).

« La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable... Face à la possibilité d'une tragédie aux proportions énormes, j'adresse... un appel sincère à assumer la responsabilité morale d'arrêter la spirale de la violence avant qu'elle ne devienne un gouffre irréparable.» Pape Léon XIV (1955- ), (paroles prononcées sur la place Saint-Pierre, dimanche 2 mars 2026, suite aux attaques militaires illégales menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui ont notamment coûté la vie à l'ayatollah Ali Khamenei).

« Notre priorité, c'est l'Amérique. Nous remplacerons notre politique de guerrede changement de régime et de reconstruction nationale par la défense des intérêts américains... Il incombe à nos militaires de protéger notre sécurité, et non de jouer les gendarmes du monde entier. » Donald Trump (1946- ), candidat républicain à la présidentielle américaine, en 2024.

« Le temps viendra où tu apprendras à juger par toi-même de ce qui se passe dans le monde, sans te fier aux ragots d'autrui. Ne crois rien de ce que tu entends, et seulement la moitié de ce que tu vois. » Edgar Allan Poe (1809-1849), écrivain américain (dans sa nouvelle "The Système of Dr. Tarr and Prof. Fether", 1845).

Le samedi 28 février 2026, l'administration Trump des États-Unis et le gouvernement israélien de Netanyahu ont lancé des attaques de missiles conjointes, non provoquées et illégales, contre l'Iran (93 millions d'habitants), sur la base de motifs changeants, faux ou non prouvés. Ces attaques militaires ont déclenché un conflit élargi au Moyen-Orient et provoqué d'importantes perturbations économiques mondiales, et pourraient dégénérer en une troisième guerre mondiale.

À ce jour, on dénombre presque 2 000 morts, dont le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei et plus de 175 écolières âgées de 7 à 12 ans et leurs enseignantes, dont l'école Tayyebeh de filles, située dans la ville de Minab dans le sud de l'Iran a été entièrement détruite par un missile américain. De tels actes de barbarie pourraient donner lieu, un jour à des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Plus souvent qu'autrement, les grands médias américains essaient rarement d'aller au-delà du discours officiel et de la propagande, lorsqu'ils ne les renforcent pas. Il leur est plus facile, à quelques exceptions notables près, de reproduire littéralement les mensonges et les omissions du gouvernement et d'ignorer les méfaits des politiciens, tant au pays qu'à l'étranger, surtout ceux qu'ils font à l'étranger et qui se prêtent à des élans de patriotisme.

Cependant, c'est un fait que les guerres d'agression sont expressément illégales au regard de l'article 39 de la Charte des Nations Unies, signée par les États-Unis et Israël. [Le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.]

Par contre, c'est également une réalité que le gouvernement américain a utilisé son droit de veto plus de 50 fois au Conseil de sécurité de l'ONU, composé de 15 membres, afin d'accorder une protection diplomatique et juridique à Israël pour ses crimes et violations de la Charte de l'ONU.

Récemment, le 18 septembre 2025, l'administration Trump a opposé son veto pour la sixième fois à une résolution du Conseil de sécurité, exigeant un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne de Gaza et la levée par Israël de toutes les restrictions à l'aide humanitaire pour ses habitants. C'est tout comme si Israël était le 6e pays à avoir un droit de veto au Conseil de sécurité !

Il est difficile de savoir si ce sont Israël et les importants donateurs politiques sionistes aux États-Unis qui contrôlent le gouvernement américain, ou si c'est le gouvernement américain qui instrumentalise Israël dans le cadre de sa politique étrangère au Moyen-Orient.

I) Les liens étroits du président Donald Trump avec Israël et les riches sionistes sont un danger pour les États-Unis et pour le monde

Le soutien financier considérable apporté à l'homme politique Donald Trump par de riches sionistes américains est un fait avéré. Durant l'élection présidentielle américaine de 2016 et le premier mandat de Donald Trump, le super riche propriétaire de casinos Sheldon Adelson aurait, selon Newsweek, versé plus de 424 millions de dollars à la campagne du candidat républicain. Après le décès d'Adelson en 2021, selon Forbes News, sa veuve, Miriam Sheldon, a donné 95 millions de dollars au comité d'action politique (PAC) pro-Trump "Preserve America".

En effet, depuis son arrêt controversé 'Citizens United v. FEC' de janvier 2010, la Cour suprême des États-Unis a considérablement ouvert la voie à des dépenses électorales quasi illimitées de la part de particuliers très fortunés, d'entreprises ou de syndicats.

Il est ainsi devenu plus facile pour les lobbyistes et les groupes d'intérêts privés de faire élire des candidats à de hautes fonctions aux États-Unis, et de s'assurer que les élus sont réceptifs à leurs demandes de baisses d'impôts, de déréglementation et de dépenses publiques ciblées, notamment dans le domaine militaire, entre autres.

C'est un pouvoir dont dispose quotidiennement la riche oligarchie américaine, tandis que les Américains ordinaires ne peuvent exercer une influence que lorsqu'ils vont voter tous les deux ans... s'ils estiment que cela vaut encore la peine de se déplacer.

II) Les élections américaines à l'ère du gros argent facile

Les élections américaines n'ont plus grande importance, car le véritable enjeu est de savoir quel parti politique parviendra à soutirer le plus d'argent aux plus riches et de prétendre défendre les classes moyennes et populaires contre les plus riches.

C'est précisément ce qu'a fait le magnat de l'immobilier Donald Trump lors des trois dernières campagnes électorales. Il a amassé des sommes colossales d'argent auprès de très riches Américains et il a eu recours à des mensonges et à de fausses promesses pour leurrer les électeurs aux revenus plus modestes.

III) Le gouvernement israélien, D. Trump et le scandale du réseau pédophile international d'Epstein

L'histoire récente montre que des conseillers néoconservateurs ont tenté avec succès de persuader certains présidents en exercice, impopulaires dans les sondages, de lancer une guerre d'agression illégale à l'étranger, afin d'attiser le patriotisme parmi la partie la moins informée de l'électorat et de remonter dans les sondages.

À l'instar de George W. Bush qui décida de lancer une guerre d'agression contre l'Irak, en mars 2003, (sous de faux prétextes), Donald Trump pourrait également croire, en 2026, qu'une nouvelle guerre contre l'Iran lui permettra de remonter dans les sondages et de hausser son soutien auprès des membres républicains au Congrès étasunien. De plus, cela pourrait du même coup l'aider à noyer son implication dans le scandale politico-sexuel d'Épstein sous un barrage de nouvelles de guerre.

En effet, maintenant que des dossiers Epstein, que l'on dit avoir été «dissimulés par erreur», et d'autres documents du FBI concernant la pédo-criminalité de Donald Trump avec de jeunes filles en bas âge, ont enfin été rendus publics, cela pourrait expliquer pourquoi l'actuel président américain souhaite adopter la posture d'un 'commandant en chef', et pourquoi il fait tout son possible pour dissimuler son implication dans le scandale sexuel du siècle, en lançant des attaques militaires multiples contre d'autres pays.

Il s'avère aussi que d'autres documents Epstein relatifs au réseau international d'exploitation sexuelle de mineures révèlent qu'il s'agissait également d'une façade pour compromettre, faire chanter et rançonner un groupe influent de politiciens et de riches personnalités dans un nombre de pays, et cela, avec l'aide d'Israël et de personnes liées à ses services de renseignement et à d'autres agences de renseignements.

Il faudra encore beaucoup de temps, peut-être même des années, avant que toutes les facettes de la saga Epstein et ses conséquences ne soit dévoilées et jugées.

Conclusion

La guerre d'agression lancée contre l'Iran, le samedi 28 février dernier, conjointement par les deux gouvernements américain et israélien, au mépris du droit international, est un autre de ces débordements militaires qui menacent la paix mondiale et l'ordre mondial, créent le chaos et qui violent la souveraineté des nations et déstabilisent l'économie mondiale.

Cependant, sans la participation militaire active du gouvernement étasunien de Donald Trump et sa défense d'Israël au Conseil de sécurité de l'ONU, une telle attaque militaire non provoquée contre l'Iran, laquelle pourrait dégénérer en un conflit militaire mondial, n'aurait pas pu se produire ou n'aurait pas eu la même portée.

En effet, après seulement une année et quelques mois au pouvoir, c'est tout comme si quelqu'un avait suggéré à Donald Trump, au début de son deuxième mandat, le projet démentiel de tout détruire, (la démocratie américaine, la paix mondiale, le commerce international, etc.), et que cela serait bon pour sa gloriole personnelle !

D'une part, au plan intérieur, Trump a violé son serment d'office en imposant une administration autocratique, au mépris de la constitution américaine et en défiance des pouvoirs constitutionnels du Congrès élu.

D'autre part, au plan extérieur, Donald Trump a proféré des menaces dignes d'un chef de mafia et lancé des attaques militaires illégales contre de nombreux pays, dans sa quête délirante d'une domination mondiale. Il a, en plus, adopté des politiques économiques déstabilisantes qui ont été dénoncées par la très grande majorité des économistes.

Les conséquences sont visibles aux yeux de tous : 1- une grande division politique règne présentement aux États-Unis avec des citoyens tués en exerçant leur simple droit de manifester ; et 2- l'économie mondiale pourrait revenir cent ans en arrière et sombrer dans une autre dépression économique mondiale, comme celle et 1929-1939.

Dans un tel contexte de chaos intérieur et extérieur généralisé, tant au plan politique qu'économique et militaire, il devrait être la responsabilité première des élus démocrates et républicains du Congrès américain de poser des gestes concrets afin de mettre un terme à la dérive autoritaire désastreuse qui sévit présentement dans leur pays.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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Mis en ligne mercredi, le 11 mars 2026.

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Jeudi, le 12 février 2026

Des changements à venir dans le système monétaire international et une dédollarisation, dans un contexte de hauts niveaux d'endettement (dettes publiques et privées)

Par professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal


« Lorsque chaque pays mit l'accent sur la protection de ses propres intérêts particuliers, l'intérêt public mondial s'est effondré, et avec lui les intérêts particuliers de tous. » Charles Kindleberger (1910-2003), historien économique américain, (dans son livre 'La dépression économique mondiale, 1929-1939', 1973.

« Nous faisons présentement face à une rupture, pas à une transition... Plus récemment, les grandes puissances ont commencé à utiliser l'intégration économique comme une arme. Les tarifs comme levier. L'infrastructure financière comme coercition. Les chaînes d'approvisionnement comme des vulnérabilités à exploiter. Vous ne pouvez pas vivre dans le mensonge du bénéfice mutuel grâce à l'intégration lorsque l'intégration devient la source de votre subordination... Si nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu. » Mark Carney (1965- ), économiste et Premier ministre du Canada, à Davos, en Suisse, le 20 janvier 2026.

« Pendant la Grande Dépression, au cours de laquelle j'ai grandi et dont je me souviens encore très clairement, le taux de chômage dépassait 25%, et dans ma région, il atteignait même plus de 35%. Un homme pouvait travailler 16 heures par jour pour seulement un dollar. Je me souviens de centaines de personnes qui passaient devant chez nous, venues du nord pour trouver un peu de chaleur. Ils venaient mendier à notre porte, même s'ils avaient fait des études supérieures. Les gens n'avaient pas d'argent. » Jimmy Carter (1924-2024), 39e président américain, (lors d'une entrevue dans le journal St. Louis Post-Dispatch, le 4 février, 2009.

Un an avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les représentants d'une quarantaine de pays se sont réunis dans une ville américaine du New Hampshire et coopérèrent à la mise en place d'un nouveau système monétaire international fondé sur le dollar américain, convertible en un poids fixe d'or. (Note: les États-Unis possédaient alors 70% des réserves mondiales d'or.)

Ce système a perduré pendant 27 ans, pendant presque trois décennies de forte croissance économique mondiale, soit jusqu'en 1971, date à laquelle l'administration républicaine de Richard Nixon rompit unilatéralement le lien entre l'or et le dollar, faisant de ce dernier une monnaie fiduciaire, c'est-à-dire une monnaie entièrement basée sur la confiance accordée aux autorités monétaires américaines pour maintenir sa valeur relative.

Cinquante-cinq ans plus tard, en 2026, le monde est à nouveau confronté à la nécessité d'adapter le système monétaire international à de nouvelles réalités, mais sans la moindre coopération internationale. Au contraire, la présente administration Trump 2.0 n'a aucun scrupule à insulter, à provoquer et parfois même à menacer des pays alliés qui sont créanciers publics et privés du gouvernement fédéral américain. Attaquer ses prêteurs n'est pas généralement la chose la plus intelligente à faire !

I- Qu'est-ce que le système monétaire de Bretton Woods

Depuis la conférence de Bretton Woods de juillet 1944, 44 pays s'étaient accordés sur le principe que le dollar américain serait la principale monnaie internationale dans le système monétaire international d'après-guerre. Il devait cependant être adossé à l'or au taux d'un dollar pour 1/35 d'once d'or (une once d'or valant 35 dollars).

Les autres monnaies nationales devaient avoir un taux de change fixe par rapport au dollar étasunien, modifié uniquement en cas de déficits ou de surplus structurels dans leur balance des paiements, sous la surveillance du Fonds monétaire international (FMI), nouvellement créé. Par ailleurs, les banques centrales devaient acheter et détenir principalement des bons du Trésor américain dans leurs réserves officielles afin d'avoir les liquidités nécessaires pour stabiliser leurs monnaies.

II- Les raisons pour lesquelles un système monétaire international ancré sur un dollar fiduciaire a procuré aux États-Unis des avantages économiques exorbitants

Depuis de nombreuses années, le système monétaire international basé sur le dollar fiduciaire a procuré des privilèges exorbitants aux États-Unis.

En effet, dans un tel système, les États-Unis ne pouvaient pas faire face à un problème de balance des paiements puisqu'ils payaient leurs importations avec leur propre monnaie, qu'ils pouvaient imprimer à volonté.

Ce système a permis également au gouvernement américain de financer une partie de ses importants déficits budgétaires et de son énorme dette publique en vendant des bons et des obligations du Trésor libellés en dollars américains à des banques centrales étrangères, qui les détenaient comme réserves officielles, et à d'autres investisseurs étrangers.

Ces entrées nettes de capitaux créèrent une demande structurelle qui renforça le dollar américain sur les marchés des changes et apportèrent un soutien à la Réserve fédérale dans sa lutte contre l'inflation intérieure.

D'un point de vue géopolitique, un tel accès facile à l'épargne étrangère et aux dépenses en dollars a permis au gouvernement étasunien de déployer sa puissance militaire à l'échelle mondiale et de financer la construction de quelques 750 bases militaires dans le monde, avec la contribution des pays hôtes,

En contrepartie, l'utilisation d'une monnaie nationale au niveau international présente certains inconvénients pour un pays émetteur. Premièrement, la banque centrale américaine doit tenir compte du rôle international du dollar lors de l'élaboration de sa politique monétaire.

Deuxièmement, les entrées nettes de capitaux aux États-Unis ont maintenu le dollar surévalué et favorisé la consommation intérieure et les déficits commerciaux.

Troisièmement, du point du vue américain, les grandes entreprises américaines ont pu facilement tirer profit de leurs avancées technologiques, et financer des investissements productifs à l'étranger tout en rapatriant leurs profits internationaux au bénéfice des investisseurs américains.

Les critiques se sont cependant intensifiées à l'endroit d'un système monétaire international dominé par le dollar américain, lorsque le gouvernement étasunien se mit à instrumentaliser le système en imposant des sanctions financières, économiques et politiques aux pays qui refusaient de se plier à sa politique étrangère.

Par conséquent, il est prévisible dans les années à venir—et d'autant plus que l'administration Trump actuelle se montre de plus en plus hostile aux intérêts économiques des autres nations—que le monde s'éloigne progressivement d'un système monétaire international basé sur un dollar américain fiduciaire. Cela est d'autant plus probable que le président étasunien D. Trump souhaite ouvertement avoir un dollar déprécié, allant même jusqu'à déclarer qu'un dollar en baisse serait « merveilleux » !

Cependant, la conjugaison d'importants déficits budgétaires annuels et des pressions politiques pour contraindre la banque centrale à imprimer davantage de monnaie afin d'abaisser les taux d'intérêt nominaux à court terme pourrait générer une inflation galopante et une lente croissance économique, et ainsi plonger l'économie dans une longue période de stagflation.

III- Plusieurs banques centrales abaissent la proportion de leurs bons et obligations du Trésor américain dans leurs réserves officielles par rapport à l'or.

En 2025, les banques centrales du monde entier ont franchi un cap important. Pour la première fois en trente ans, en effet, leurs réserves d'or cumulées dans leurs réserves internationales ont dépassé leurs avoirs totaux en bons et obligations du Trésor américain. Ceci s'explique par le fait que le dollar américain est devenu, à travers les ans, une monnaie fiduciaire fortement endettée et soumise à une inflation persistante. Les réserves d'or, quant à elles, constituent une protection contre l'inflation et contre une dépréciation monétaire.

Le fait qu'environ un cinquième de l'or jamais extrait, soit près de 36 200 tonnes, est désormais détenu par les banques centrales est un signe que le monde évolue graduellement vers un système monétaire international davantage basé sur l'or. Ce chiffre n'était que d'environ 15 pourcent en fin 2023.

Les banques centrales se sont détournées des réserves en dollars américains sous la première administration Trump (2017-2021), mais cette diversification s'est accélérée depuis début 2025, sous la seconde administration Trump.

IV- Aux États-Unis et dans d'autres pays, des politiques budgétaires et monétaires délabrées pourraient déclencher une crise financière et un important ralentissement économique

Après la Grande Récession de 2008-2009 et la récession liée à la Covid-19, en 2020-2021, les taux d'intérêt nominaux ont été fortement abaissés, parfois en dessous du taux d'inflation, créant une période de taux d'intérêt réels négatifs. Un tel phénomène a incité les emprunteurs à s'endetter massivement. Les gouvernements, les entreprises et les ménages ont ainsi accumulé de fortes dettes, sans que la croissance économique réelle ni les revenus réels ne suivent.

L'expérience américaine s'est reproduite dans d'autres économies, en Europe et au Canada.

En effet, aux États-Unis, la politique budgétaire du gouvernement Trump est présentement en pleine déroute, avec un déficit fédéral annuel américain de près de 2000 milliards de dollars et un dette publique fédérale approchant les 39 000 milliards de dollars (ou 126% du PIB, en 2026), selon l'horloge d'endettement. Si l'on ajoute les 1000 millards de dollars de dettes publiques des états américains, la dette publique totale des États-Unis atteindra vraisemblablement 40 000 milliards de dollars, soit 129% du PIB, au cours de l'année 2026.

Au lieu de prendre des mesures concrètes afin de corriger une situation budgétaire insoutenable, le gouvernement Trump augmente plutôt les dépenses militaires, tout en voulant placer la Banque de la Réserve fédérale sous son contrôle direct, et tout en exerçant des pressions sur cette dernière pour qu'elle abaisse artificiellement les taux d'intérêt à court terme.

En bout de ligne, cela mine la confiance internationale dans le gouvernement étasunien et incite les autres pays à vendre une partie ou la totalité de leurs obligations et autres actifs libellés en dollars et à réduire leur dépendance vis-à-vis le système monétaire international et le dollar fiduciaire.

Cela contribue aussi à hausser les taux d'intérêt à moyen et à long terme aux É.-U., et à nuire à l'économie réelle, à l'emploi et aux bilans des banques, lesquelles sont confrontées à des défauts croissants de paiement et à des créances irrécouvrables. Tous les éléments pourraient donc se conjuguer pour causer une correction majeure des marchés financiers au cours des mois ou des années à venir, pas seulement aux É.-U. mais dans plusieurs autres économies.

V- Au plan international, les guerres économiques et commerciales du président étasunien présentement en poste sont une source d'instabilité et de ralentissement économique

Depuis le tout début de 2025, la seconde administration du président D. Trump a choisi de provoquer, d'une manière irresponsable, des conflits économiques et des 'guerres commerciales stupides', (voir The Wall Street Journal, 31 jan. 2025) avec les autres pays, y compris contre des pays alliés de longue date. C'est là une approche fort déplorable et très contre-productive.

En une seule année au pouvoir à Washington D.C., le magnat de l'immobilier devenu politicien Donald Trump a réussi à attaquer et à insulter la presque totalité des pays souverains de la Planète.

Il a commencé par antagoniser les pays voisins en Amérique du nord (Canada et Mexique). Il a fait en sorte, ensuite, d'indisposer les pays asiatiques, à commencer par la Chine. Son imagination débordante l'a amené à ressusciter la vieille doctrine Monroe de 1823 afin de se mettre toute l'Amérique du sud à dos, en volant leurs ressources naturelles.

Par après, pour ne pas être en reste, il a bombardé des pays en Afrique et au Moyen-Orient (la Somalie, le Nigéria, l'Iran, etc). Et la cerise sur le gâteau a été quand son document de politique étrangère a identifié les pays alliés de l'Europe dans l'OTAN comme étant des adversaires et menacé de s'emparer du Groenland sous la gouverne du Danemark par la force !

Encore quelques mois du régime Trump 2.0, et les États-Unis n'auront plus qu'un seul pays allié avec eux, Israël, et seront dans une plus ou moins sérieuse coupure avec les 191 autres pays.

Conclusions

On ne connaît pas combien il faudra d'années pour que le monde adopte un nouvel ordre mondial, fondé sur l'implantation d'un nouveau système monétaire international. La raison étant que cette fois-ci, tout se fait dans un contexte conflictuel et dans le désordre, plutôt qu'avec des études, des analyses et une coopération multilatérale.

Le régime politique étasunien de D. Trump semble s'être fixé comme objectif de ruiner la réputation des États-Unis dans le monde et d'accélérer le déclin de l'empire américain.

Toutefois, aux États-Unis, des efforts juridiques, constitutionnels et politiques, visant  à forcer la démission ou la destitution du président actuel, pourraient radicalement changer la trajectoire suivie par l'administration Trump 2.0 depuis janvier 2025.

Cependant, le mal est fait et la confiance dans le gouvernement américain est rompue. Cela signifie que, dans les années à venir, il existera au moins quatre façons de compenser les paiements internationaux : par le biais de l'ancien système basé sur le dollar toujours en place, avec de nouveaux mécanismes utilisant l'euro ou le yuan, et de plus en plus en recourant à la nouvelle monnaie internationale des BRICS, laquelle repose à hauteur de 40% sur l'or et à 60% sur un panier de devises nationales.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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Mis en ligne mardi, le 12 février 2026.

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