Le vendredi 8 janvier 2021

L'héritage de Donald Trump : quatre années chaotiques à la Maison Blanche et un départ tumultueux

Par le Professeur Rodrigue Tremblay

(Auteur du livre « Le nouvel empire américain »du livre « Le Code pour une éthique globale » et de son récent livre « La régression tranquille du Québec, 1980-2018 »)


" Démagogue : celui qui prêche des doctrines qu'il sait être fausses à des hommes qu'il sait être des idiots." H.L. Mencken (1880-1956), journaliste et essayiste américain (dans 'Minority Report', 1956, p. 207).


Le fascisme : une forme d'ultranationalisme autoritaire d'extrême droite, qui se caractérise par un pouvoir dictatorial, une forte répression de l'opposition et une grande régulation de la société et de l'économie." Robert O. Paxton, 'L'anatomie du fascisme', 2005, p. 32.


[Démocratie :] "...et ce gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne périra pas de la Terre." Abraham Lincoln (1909-1865), 16è président des États-Unis, 1861-1865, dans son  discours de Gettysburg, le 19 novembre 1863.


Ce mercredi 6 janvier 2021, le monde a pu observer, dans la capitale américaine de Washington DC, le laid visage du fascisme totalitaire en action quand une foule de voyous pro-Tump, excitée et enflammée par un discours colérique du président sortant Donald Trump, a pris d'assaut et saccagé le Capitole américain, dans une tentative évidente de provoquer un coup d'État. C'est sans doute le moment le plus scandaleux de la présidence chaotique de M. Trump, une présidence qui se termine par une tentative d'attiser les feux d'une insurrection dans un vain espoir de s'accrocher à tout prix au pouvoir.


Il faut cependant mettre cet évènement inédit aux États-Unis en perspective. En effet, c'est l'ensemble du mandat de Donald Trump qui a mené à ce désastre.


À peine quelques semaines après son investiture, voici ce que j'écrivais sur M. Donald Trump et sur ce à quoi on devait s'attendre de sa présidence, dans un article intitulé : "Le gouvernement impérial américain de Donald Trump : une menace pour la démocratie américaine et un facteur de chaos pour le monde ?" :


"Le 8 novembre 2016, 46,1% des électeurs Américains votèrent en faveur d'un magnat de l'immobilier, Donald Trump (1946- ), pour devenir président des ¨États-Unis. Ce faisant, ils ne savaient pas exactement ce à quoi ils s'engageaient... Les Américains ne s'attendaient certainement pas à ce que le "changement" promis par le candidat républicain à la présidence soit si chaotique."


Comme l'avenir l'a amplement révélé, le président Donald Trump a effectivement été une menace pour la démocratie américaine et une source de chaos pour le monde.


En 2019-2020, le Sénat américain sous la houlette du parti républicain aurait pu condamner Donald Trump pour ses abus de pouvoir, après que la Chambre des Représentants l'eut officiellement destitué. Le rapport complet du procureur spécial Robert Mueller avait mis en évidence de nombreux exemples d'abus de pouvoir et d'obstruction à la justice de la part de M. Trump. Mais, par opportunisme partisan évident, le Sénat à majorité républicaine a plutôt choisi de l'acquitter, en février 2020. Ce faisant, ces sénateurs républicains ont manqué à leur devoir en plaçant les intérêts de leur parti au dessus des intérêts de leur patrie. C'est finalement aux électeurs américains qu'a échoué la tâche de destituer Donald Trump, et c'est exactement ce qu'ils ont fait par leurs suffrages, le 3 novembre 2020.


Depuis le 3 novembre dernier, le comportement du mégalomane qu'est Donald Trump est aussi odieux et déstabilisant qu'il l'a été depuis qu'il est entré inopinément à la Maison Blanche. Cela fait, en effet, plusieurs semaines, après sa défaite aux urnes, qu'il s'emploie, par tous les moyens, à contester l'élection du vice-président Joe Biden, en invoquant de fausses allégations de fraude électorale, toutes rejetées par les autorités des cinquante états américains et par les tribunaux. Rappelons que M. Biden a remporté le vote populaire par plus de sept millions de voix et ceux du Collège électoral américain avec une marge de 306-232 grands électeurs, soit une majorité de 56,9 pourcent. Maintenant, cette mise en scène disgracieuse heureusement tire à sa fin et Joe Biden sera le 46e président des États-Unis.


Au cours de son mandat, Donald Trump n'a pas fait la preuve qu'il pouvait être un dirigeant compétent. Il a plutôt tenté d'introduire une règle autocratique dans la politique américaine. S'il avait été réélu pour un second mandat, il y a fort à parier qu'il aurait été impossible de l'empêcher de gouverner en autocrate, ce qui aurait sérieusement mis à l'épreuve les institutions démocratiques américaines. Le fait qu'il n'ait pas réussi dans son projet est de nature à réjouir toute personne qui valorise la démocratie. 


On est en droit de s'interroger sur le bilan politique global de Donald Trump.


Au cours des mois qui ont suivi l'élection, le président Donald Trump a négligé son rôle de chef d'État


À titre d'exemple, à la veille de Noël 2020, le président sortant décida de jouer au grincheux. Vexé que des sénateurs tant républicains que démocrates se soient entendus sur un projet de loi d'assistance de 900 millards de dollars à l'économie, le président Trump refusa d'entériner l'entente. Ce faisant, il mettait en péril 14 millions de familles américaines dont les prestations d'assurance chômage venaient à échéance, et il plongeait son pays dans une importante crise humanitaire. Puis, brusquement, quelques jours après Noël, Trump se ravisa et il signa le projet de loi, mettant fin à une crise qu'il avait lui-même créée de toute pièce.


De la même manière, Donald Trump se mit à gracier une foule de personnes de son entourage, condamnées par les tribunaux. En date du 25 décembre, 94 personnes avaient déjà profité du pardon présidentiel. Le hic, c'est que parmi celles-ci se trouvaient des meurtriers, ce qu'aucun autre président américain n'avait fait auparavant.


Donald Trump a fait plus que quiconque pour diviser le peuple américain au cours du dernier siècle et demi


Sous le règne de Donald Trump, les États-Unis se sont affaiblis et sont plus polarisés qu'ils ne l'ont été depuis des décennies. Il faut dire que les nouvelles technologies de l'information favorisent une telle division, (et cela dans tous les pays), car elles permettent aux gens de s'isoler dans leurs propres univers informatique. Cependant, par ses discours enflammés et ses mensonges, Donald Trump a monté les groupes les uns contre les autres, et il a nourri cette polarisation et cette désintégration.


Donald Trump a corrompue la justice américaine à l'extrême en nommant des centaines de juges d'extrême droite


On a observé que les personnes nommées par Donald Trump à la magistrature se distinguent des autres juges en poste par leurs opinions ultra conservatrices, même par rapport à celles de juges nommés par d'autres présidents républicains. Cela pourrait avoir un effet durable et corrosif sur le système judiciaire pendant des générations à venir.


Loin de réduire la corruption dans l'espace public somme il l'avait promis, Donald Trump l'a intensifiée


En 2016, le candidat Trump avait promis de "drainer le marais" de la corruption dans la politique américaine. Non seulement il n'a pas tenu parole, mais il a empiré les choses. Certains analystes concluent même qu'il a été le président "le plus corrompu" de l'histoire des États-Unis.


Confronté à la pire pandémie depuis un siècle, Donald Trump a échoué


Concernant la gestion de la crise de la pandémie du Covid-19, Donald Trump n'a pas été à la hauteur. On peut même dire qu'il a échoué. Le président a commencé par nier qu'il y avait même une crise. À ses dires, ce n'était qu'une "grippe ordinaire". Puis, lorsqu'il est devenu impossible de nier la réalité, M. Trump a déclaré que la crise pandémique était un "coup monté" par ses adversaires démocrates. Même après qu'un vaccin fut disponible, le programme public de vaccination aux États-Unis a été un échec et a fait l'objet de nombreuses critiques.


Donald Trump a accentué les inégalités de revenu et de richesse aux États-Unis et les a poussés à des niveaux records


Le gouvernement de Donald Trump, en déréglementant à gauche et à droite et en octroyant d'énormes réductions d'impôts aux contribuables les plus riches, a beaucoup fait pour exacerber les inégalités de revenus et de richesse aux États-Unis. Les données officielles indiquent que l'inégalité des revenus est la plus élevée jamais enregistrée. C'est également la plus prononcée par rapport à ce que l'on observe dans les autres économies avancées.


Ainsi, les États-Unis enregistrent des disparités de richesse les plus importantes entre riches et pauvres que tout autre grand pays développé. Aujourd'hui, la richesse aux États-Unis est aussi fortement concentrée entre les mains d'une petite minorité de la population qu'elle ne l'a jamais été.


Le dossier des politiques de l'administration Trump en matière d'environnement a été tout simplement lamentable


Le 1er juin 2017, lorsque Donald Trump a officiellement retiré les États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat de 2015, il a carrément placé son gouvernement du mauvais côté de l'histoire. Cela pourrait être la décision la plus irresponsable que Trump ait prise au cours de son mandat. En contrepartie, le président élu Joe Biden a promis de rejoindre l'Accord de Paris au premier jour de son mandat.


M. Trump a adopté une foule d'autres mesures dommageables à l'environnement. Ainsi, en date du milieu de l'année 2020, le gouvernement Trump avait annulé 64 règles et réglementations de nature environnementale.


La politique étrangère américaine sous Trump a été isolationniste, militariste, destructrice et une source de division


Le président Trump a unilatéralement retiré les États-Unis des principaux traités négocies par les administrations américaines précédentes, le plus souvent sans consulter le Congrès, ni ses alliés.


Outre la sortie du traité de Paris sur le changement climatique mentionnée ci-haut, l'administration Trump s'est aussi retirée de l'Accord sur le nucléaire iranien. Elle s'est également retirée du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FIN) avec la Russie. M. Trump a aussi souvent ignoré les Nations unies, affaiblissant ainsi le rôle de cette institution dans le maintien de la paix dans le monde.


Il est vrai qu'une guerre majeure contre l'Iran, le Venezuela ou la Chine a été évitée. Mais par ses provocations et par sa politique agressive envers plusieurs pays, Donald Trump a semé les graines d'une guerre importante à l'avenir, en particulier avec la Chine à propos de Taiwan et d'autres frictions.


Le départ chaotique et scandaleux de Donald Trump de la Maison Blanche est une tentative de sabotage de la future présidence de Joe Biden


Au cours des semaines qui ont suivi sa défaite électorale, en adoptant un comportement digne d'une république bananière et en violation de son serment d'office de faire respecter la Constitution américaine, le président Donald Trump a carrément refusé de concéder publiquement l'élection de l'ancien vice-président Joe Biden. Ce faisant, Donald Trump a montré à quel point il pouvait être mesquin et un mauvais perdant.


Cela a été amplement démontré le 2 janvier dernier, lorsqu'à la surprise générale, le président étasunien a téléphoné au secrétaire d'État géorgien, le républicain Brad Raffensperger, pour l'exhorter, en le menaçant sur un ton digne d'un chef de la mafia, de "lui trouver les 11 780 voix" qu'il lui manquait pour faire annuler le résultat électoral officiel dans cet État. (N.B. : M. Trump a initialement perdu la course présidentielle en Géorgie face au président élu Joe Biden par 11 779 voix; cependant, le résultat, après un dernier recomptage, est qu'il a perdu par 12 670 voix.)


Le Washington Post a publié l'enregistrement de cet appel hallucinant, lequel a été reprit par tous les journaux. Il montre un Donald Trump en train de faire ouvertement pression sur un fonctionnaire en exercice afin qu'il triche et invente des votes pour lui faire plaisir. Ce fut là, en effet, une tentative désespérée, et peut-être même illégale, de la part du président américain pour invalider le processus électoral et faire renverser le résultat des élections du 3 novembre. Heureusement, M. Raffensperger ne s'est pas rendu à sa demande.


Et, qui plus est, les tribunaux américains ont catégoriquement rejeté presque toutes les contestations juridiques de Trump contre les résultats des élections de novembre. Sa dernière tentative dans l'État de la Géorgie a même été considérée absurde et rien d'autre qu'une crise fabriquée de toute pièce.


Si Donald Trump avait intentionnellement voulu saboter et saper la présidence de Biden en refusant de reconnaître les résultats officiels des élections de novembre, il n'aurait pas agi autrement. Ce faisant, cependant, M. Trump a crée un dangereux précédent. Ses crises de colère et ses nombreuses contestations judiciaires ont fait beaucoup pour délégitimer le processus électoral américain. Tout cela a porté atteinte à la réputation des États-Unis dans le monde et a jeté du discrédit sur la démocratie américaine.


Le lundi 28 décembre 2020, même un fervent partisan de Donald Trump, le journal New York Post, a titré un éditorial avec un message à Donald Trump des plus clair : "Monsieur le Président... ARRÊTEZ CETTE FOLIE".

Cela dit tout !


Conclusion


La conclusion est incontournable. L'héritage politique du président Donald Trump est un tas de gravats.


Le peuple américain était plus que justifié de voter contre M. Trump en novembre 2020. En 2016, il ne méritait pas vraiment d'être élu en premier lieu, puisqu'il a obtenu 3 millions de voix de moins que sa rivale démocrate, Mme Hillary Clinton.


L'affichage pathétique dont Donald Trump a fait preuve après sa défaite électorale, en s'accrochant ouvertement au pouvoir, montre bien qu'il est entré en politique non pas pour servir mais simplement pour plaire à son énorme ego. Ce n'est pas le genre de politicien dont une démocratie a besoin. Le pire crime politique de Donald Trump aura été d'avoir introduit la violence dans la politique américain, et cela pour son seul avantage personnel.


Si M. Trump connaissait un peu d'histoire, il aurait pu imiter le président sortant Grover Cleveland (1837-1908). Ce dernier, après avoir remporté le vote populaire lors des élections de 1888, mais perdu le collège électoral aux mains du sénateur républicain Benjamin Harrison (1833-1901) écrivit néanmoins une lettre personnelle au président élu Harrison "pour vous assurer de ma volonté de tout faire en mon pouvoir de rendre votre accession à la fonction facile et agréable."


Mais aujourd'hui, le mal est fait. Le nom de Donald Trump sera à jamais associé à la démagogie, à la violence et à l'anarchie.


____________________________________________________



Le Prof. Rodrigue Tremblay est professeur émérite d'économie à l'Université de Montréal et lauréat du Prix Richard-Arès pour le meilleur essai en 2018 "La régression tranquille du Québec, 1980-2018", (Fides). Il est titulaire d'un doctorat en finance internationale de l'Université Stanford.



On peut le contacter à l'adresse suivante : rodrigue.tremblay1@gmail.com

Il est l'auteur du livre "Le nouvel empire américain" et du livre "Le Code pour une éthique globale", de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé "La régression tranquille du Québec, 1980-2018".

Site internet de l'auteur : http://rodriguetremblay.blogspot.com

Pour s'enregistrer et recevoir les articles par courriel, écrire "souscrire" à : carole.jean1@yahoo.ca

Pour se désinscrire, écrire "désinscrire" à : carole.jean1@yahoo.ca

Prière de faire suivre l'article : http://rodriguetremblay.blogspot.com


Mis en ligne, vendredi, le 8 janvier 2021

___________________________________________________

© 2021 Prof. Rodrigue Tremblay














































































































Le vendredi 13 novembre 2020

Les Fondements de la Politique Canadienne d'Immigration Super Massive 

Rodrigue Tremblay, professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Montréal et ancien ministre

"On ne peut pas simultanément avoir une immigration de masse et un État providence." Milton Friedman (1912-2006), professeur émérite d'économie à l'Université de Chicago, interview d'août 1999.

"Quel est le rôle du gouvernement canadien [face à l'immigration] ? S'il acceptait les recommandations des partisans de l'immigration, il adopterait des politiques qui maximisent le bien-être mondial et les niveaux d'immigration devrait être élevés, sinon illimités. Si ses politiques sont plutôt de maximiser le bien-être de la population canadienne, ses politiques d'immigration devraient viser à éliminer le fardeau fiscal découlant de l'immigration [entre $20 et $26 millards annuellement] de sorte que seul des avantages économiques positifs découlent de l'immigration." Hubert Grubel (1934-), professeur émérite d'économie à l'Université de Simon Fraser, Vancouver, B-C, Canada, rapport de l'Institut Fraser, 2013.

Le 30 octobre dernier, sans trop de publicité, le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau a fait connaître son intention non seulement de ne pas vouloir abaisser les seuils annuels d'immigration légale, en cette période de crise sanitaire et de ralentissement économique, mais bien plutôt de les accroître substantiellement au cours des trois prochaines années.

En effet, le ministre fédéral de l'immigration, l'avocat Marco Mendicino (1973- ) a annoncé que son ministère haussait les niveaux légaux d'immigration au Canada pour atteindre 401000 en 2022; et 421000 en 2023. (Rappelons que ces niveaux étaient de 310000 en 2018, 330333 en 2019, et 340000 en 2020.)

De la période 2018-2020 à la période 2021-2023, l'inflation migratoire annoncée par le gouvernement Trudeau en serait une de plus de 25 pourcent, soit un accroissement substantiel à partir de niveaux qui étaient déjà très élevés auparavant, par rapport à ceux observés dans d'autres pays.

C'est dans le cadre d'une interview du ministre fédéral de l'immigration à l'agence américaine de nouvelles économiques Bloomberg, le 30 octobre dernier, que ces intentions du gouvernement minoritaire de Justin Trudeau furent dévoilées.

Quelques jours plus tard, soit le lundi 2 novembre, la même agence publiait une autre interview avec le ministre canadien de l'immigration, Marco Mendicino, dans laquelle ce dernier annonçait que le gouvernement Trudeau songeait vouloir devancer l'octroi du statut de résident et celui de la citoyenneté canadienne à plus d'un million d'étudiants étrangers temporairement au Canada, de travailleurs étrangers et de demandeurs d'asile.

Comme il  est généralement acquis qu'il  y aura des élections générales au Canada l'an prochain, est-il possible de faire un lien entre ces élections et cette intention du gouvernement minoritaire libéral présentement en poste de devancer l'octroi du droit de vote à autant de personnes immigrantes ? 

[Rappelons pour l'histoire que le gouvernement libéral du temps, quelques mois avant le référendum québécois de 1995, avait aussi devancé de la même manière l'octroi de la citoyenneté et ainsi accordé le droit de vote à des immigrants nouvellement arrivés et n'ayant pas le droit de vote selon la loi.

Rappelons aussi qu'un sondage de l'agence Bloomberg en collaboration avec la maison Nanos Research Group, en date du 6 novembre, a révélé que seulement 17 pourcent des Canadiens souhaitaient une hausse des seuils d'immigration, tandis qu'une pluralité de 40 pourcent voulaient une baisse de ces nivaux. D'autre part, seulement 36 pourcent indiquaient vouloir garder le statu quo de 2019.]

• Comparaison d'une immigration super massive au Canada avec la population montréalaise

Si les partis d'opposition à la Chambre des Communes ne s'opposaient pas aux décisions du gouvernement libéral en place, il en résulterait que le Canada accueillerait, en seulement trois ans, plus de 1,2 millions de nouveaux immigrants, c'est-à-dire une immigration qui dépasserait la moitié de la population de la Vile de Montréal, laquelle compte 2,05 millions d'habitants.

Après six ans d'un tel régime migratoire, ce serait l'équivalent de toute la population montréalaise que le Canada s'importerait. Et, si on projetait la situation démographique canadienne après dix-huit ans, soit pour l'an 2038, il faudrait parler d'un afflux migratoire qui dépasserait trois fois la population de la Ville de Montréal. - On peut imaginer les conséquences économiques, sociales et politiques d'un tel phénomène, en si peu de temps.

• La comparaison avec les États-Unis

D'autre part, il faut rappeler que le niveau projeté de l'immigration légale aux États-Unis a été fixé à 601 660 personnes pour l'année 2021.

Comme les populations du Canada et des États-Unis approcheront 38 millions et 332 millions respectivement, à la fin de cette année, cela signifie qu'en 2021, par exemple, le Canada accueillerait presque six fois plus d'immigrants légaux par habitant que les États-Unis. [N.B. : Même si les É.U. revenaient à leur niveau de 1 million d'immigrants d'avant la pandémie, le Canada continuerait à avoir un  niveau d'immigration par habitant trois fois supérieur à celui des États-Unis.]

En théorie, si le Canada accueillait la même proportion d'immigrants, par rapport à sa population, que les États-Unis, le pays voisin, ses niveaux d'immigration légale devraient plutôt être de l'ordre de 66 000 à 135 000 par année, et non pas les niveaux fort élevés de 400 000 immigrants légaux et plus par année que le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau entend accueillir. Étant minoritaire, on peut argumenter que le gouvernement Trudeau n'a pas le mandat requis pour procéder dans cette direction. 

À ces chiffres, il faut ajouter l'arrivée de réfugiés, de sorte que compte tenu de la politique de la "porte ouverte" du gouvernement Trudeau en la matière, les niveaux annuels d'immigration totale au Canada pourraient monter jusqu'à 500 000 personnes par année, ce qui se traduirait par un influx migratoire égal à 1,3 pourcent de la population canadienne, par année. Cela signifierait que la population canadienne s'accroîtrait au rythme de 13 pourcent à tous les dix ans, un rythme d'accroissement inédit dans un pays industrialisé.

Il faut comprendre qu'un taux d'accroissement démographique aussi rapide découlant de l'immigration serait trois fois supérieur au taux d'accroissement naturel de la population canadienne. En effet, le solde annuel des naissances et des décès fait en sorte que la population canadienne s'accroît présentement aux rythme de 150 000 personnes, soit un progression annuelle de 0,4 pourcent, par année. [N.B. À cause de la hausse anticipée dans le nombre de décès des enfants de l'après-guerre (nées entre 1947 et 1966), ce dernier taux est appelé à décroître pendant une certaine période, tout en demeurant toujours positif, pour se stabiliser et s'accroître de nouveau par la suite.)

La population canadienne pourrait doubler et atteindre 76 millions d'habitants, en l'an 2065

Rappelons qu'un taux annuel d'accroissement d'une population égal à 1 pourcent par année fait en sorte que cette population double à tous les 70 ans. Avec un taux égal à 1,5 pourcent, une hypothèse réaliste pour le Canada avec la politique actuelle d'immigration super massive, la population canadienne pourrait plutôt doubler tous les 45 ans.

À titre d'exemple, la population canadienne, en l'an 2065, pourrait atteindre 76 millions d'habitants, en comparaison avec le niveau actuel de 38 millions à la fin de l'année courante. Et, comme on le verra plus loin, la proportion des personnes nées à l'étranger s'accroîtra fortement au cours des prochaines 45 années.

L'empressement du gouvernement fédéral actuel d'augmenter substantiellement les niveaux d'immigration et son intention de devancer l'octroi du droit de vote à des immigrants récents soulèvent des points d'interrogation. Il est tout à fait légitime de s'interroger sur les motifs qui justifient un tel ensemble de mesures de la part d'un gouvernement, de surcroît minoritaire.

• Le gouvernement canadien devrait faire connaître ses motifs purement économiques pour une immigration super massive

En effet, quels seraient les motifs économiques sérieux qui justifieraient que le Canada accueille, toute proportion gardée, de trois à six fois plus d'immigrants que les États-Unis? Est-ce que la situation économique au Canada est à un tel point différente de celle qui prévaut aux États-Unis? Ou bien, existent-ils des motifs purement idéologiques, politiques ou même électoraux, qui influenceraient les politiques du gouvernement fédéral en matière d'immigration?

La population canadienne serait en droit de connaître les justifications qui pourraient appuyer une politique d'immigration aussi massive pour le Canada. À ma connaissance, le gouvernement Trudeau n'a pas publié un 'livre blanc' qui, comme la coutume le veut dans le jargon législatif, énoncerait clairement les objectifs poursuivis, les justifications avancées et les effets attendus de sa politique d'immigration massive, alors que l'on prévoit un ralentissement économique important au cours des prochaines années. En effet, l'économie canadienne n'a pas récupérée la perte de plus d'un million d'emplois depuis l'avènement de la pandémie, et il n'est nullement assuré que cette perte pourra être effacée au cours des prochaines années.

Si cette politique reposait sur des motifs autres qu'économiques, il faudrait aussi connaître quels sont les motifs politiques, sociaux ou moraux qui la sous-tendent et quelles pourraient être les conséquences sur le niveau de vie (i.e. la production économique par tête) des Canadiens et des Canadiennes et sur leur bien-être. Il faudrait, pour ce faire, que chacun de ces motifs soit étayé par une analyse avantages-coûts sérieuse.

Il est peut-être possible que de tels documents existent mais qu'ils n'ont pas été rendus publics. Si c'était le cas, il serait d'intérêt général que les partis d'opposition et les journalistes exigent qu'ils soient rendus publics dans les meilleurs délais, pour que la population puisse en prendre connaissance et puisse juger de leur mérite au-delà des généralités souvent entendues.

Le gouvernement canadien devrait répondre à la question, entre autres, à savoir pourquoi la politique d'immigration du gouvernement libéral fédéral est la plus massive de tous les pays industrialisés, et va en s'accroissant plutôt que de s'adapter à la situation économique du pays.

• La plupart des gouvernements de pays industrialisés ont annoncé une volonté de réduire leurs niveaux annuels d'immigration alors que le gouvernement canadien est le seul à vouloir les accroître

En effet, les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni ont annoncé des baisses substantielles dans leurs niveaux d'immigration pour les années à venir, compte tenu des incertitudes économiques qui prévalent présentement et des hauts niveaux d'endettement privés et publics actuels.

Le Japon est un pays très industrialisé avec ses 125 millions d'habitants et son économie axée sur le commerce extérieur. Or, ce pays accepte des niveaux très bas d'immigrants, et enregistre même des niveaux d'immigration nuls et même négatifs pour certaines années. Pourtant, la prospérité économique du Japon est indéniable, même si sa population est encore plus vieillissante que celle su Canada.

Le gouvernement canadien serait-il le seul  à avoir le pas en matière d'immigration, surtout lorsqu'on parle d'une immigration massive ? Est-ce que les compétences économiques de ce gouvernement sont supérieures à celle des autres gouvernements ? Ou bien, est-ce plutôt l'inverse?

Essayons donc d'y voir un peu plus clair.

• L'augmentation spectaculaire de l'immigration internationale au Canada depuis 1995

Commençons par jeter un coup d'oeil global sur l'évolution de l'immigration internationale au Canada au cours des 140 années (1871-2011), telle que colligée par Statistique Canada: Graphique 2: Nombre et proportion de la population du Canada née à l'étranger, 1871 à 2011.

On observe, d'après ce graphique très révélateur, que le nombre d'immigrants annuels (axe vertical de gauche) s'est rapidement accru au Canada, à partir de 1961, et devraient dépasser les pourcentages observés au cours de la période exceptionnelle de 1911-1931.

On peut voir aussi que le pourcentage de Canadiens nés à l'étranger par rapport à la population totale (axe vertical de droite) a continuellement et substantiellement augmenté, principalement à compter de 1961, et est en constante progression.

Compte tenu que la politique du gouvernement canadien en faveur d'une immigration de masse s'est poursuivie et même accélérée au cours de la présente décennie (2011-2021), on peut évaluer quel sera le pourcentage de la population née à l'étranger par rapport à la population canadienne totale en 2021 et en 2031.

En effet, Statistique Canada a publié des projections utiles concernant les effets de la politique d'immigration super massive du gouvernement canadien pour l'année 2021 et l'année 2031.

En 2021, compte tenu des hauts niveaux annuels d'immigration enregistrés au cours des dernières années, le pourcentage de la population née à l'étranger par rapport à la population canadienne totale devrait atteindre 24,5 pourcent.

En 2031, toujours selon l'hypothèse réaliste d'une immigration forte, compte tenu des niveaux historiquement élevés d'immigration que le gouvernement fédéral a annoncés vouloir atteindre, le pourcentage de la population née à l'étranger par rapport à la population canadienne totale devrait approcher 30 pourcent. Ce serait un pourcentage qui serait le plus élevé en 160 ans, période au cours de laquelle des données existent en la matière.

On peut aussi observer une grande transformation prévue dans l'origine des immigrants de l'avenir au Canada.

Statistique Canada a évalué, en effet, qu'en 2036, la proportion des immigrants nés en Asie pourrait atteindre entre 55,7 et 57,9 pourcent des nouveaux immigrants, une hausse par rapport à la proportion de 44,8 pourcent observée en 2011.

À l'inverse, seulement autour de 16 pourcent des nouveaux immigrants viendraient de l'Europe, alors que ce pourcentage était de 31,6 pourcent en 2011, une baisse de moitié. - Cela pourrait ressembler, à s'y méprendre, à une politique de remplacement de population.

• L'immigration dans une économie de marché relativement fermée par rapport à une économie en situation de libre échange commercial

Voici un court rappel historique sur une question économique générale.

En 1878, une coalition sous la direction du Premier ministre conservateur John A. Macdonald (1815-1891) mit de l'avant une politique commerciale protectionniste pour le Canada, connue sous le vocable de 'Politique nationale'. Cela faisait suite à l'échec d'une négociation de libre échange avec les États-Unis, en 1874-1875.

Le but recherché était d'encourager le développement d'industries manufacturières intensives en main-d'oeuvre au Canada, en recourant à l'imposition de hauts tarifs douaniers à l'importation et en recourant à l'immigration pour agrandir le marché intérieur pour leurs produits.

Est-ce le cas encore aujourd'hui ?

Les besoins de main-d'oeuvre ne sont nullement les mêmes quand une économie est dans une situation de libre échange, comme c'est le cas de l'économie canadienne, suite aux trois traités de libre échange qui ont été conclus avec les États-Unis en 1988, avec les É.-U. et le Mexique en 1994 et le dernier en date, le nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), lequel est entré en vigueur le 1er juillet 2020.

Dans ce nouveau contexte d'une économie intégrée commercialement à d'autres économies, il n'y a plus la même urgence d'élargir rapidement le marché intérieur.

Pour l'économie canadienne, l'accès à l'énorme marché américain devient un substitut profitable à une politique douanière protectionniste et au besoin d'élargir rapidement le marché intérieur. La croissance économique est davantage tributaire des exportations et des gains de productivité que sur une immigration massive. Seule une immigration ciblée en fonction des compétences s'impose alors, en fonction des besoins spécifiques d'industries en expansion.

• Les cycles démographiques sont prévisibles à long terme et les gouvernements peuvent prendre des mesures appropriées pour y faire face

Qu'en est-il d'une pénurie de main-d'oeuvre qui découlerait d'un déséquilibre démographique?

Les cycles démographiques existent mais ils sont prévisibles à long terme. Des gouvernements compétents peuvent élaborer des politiques appropriées pour encourager la natalité et la formation des travailleurs en prévision des besoins futurs. Au Canada, le vieillissement de la population avec l'arrivée à la retraite des enfants de l'aprè-guerre (le phénomène du "baby-boom" était fort prévisible. Le gouvernement canadien ne semble avoir songé à se doter d'une planification démographique à long terme, pour s'en remettre presqu'exclusivement à l'immigration pour stabiliser le cycle démographique.

En effet, les cycles démographiques et le vieillissement des populations se prêtent à des ajustements dans les incitatifs au travail et dans la formation des travailleurs. À titre d'exemple, avant la guerre de 1939-1945, on faisait peu appel à la main-d'oeuvre féminine dans les entreprises canadiennes. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, cependant, on combla rapidement une pénurie de travailleurs industriels masculins conscrits dans les forces armées par une main-d'oeuvre féminine accrue, avec des politiques et des incitatifs économiques appropriés.

• L'intérêt particulier face è l'intérêt général en matière d'immigration

Quels sont les intérêts particuliers qui profitent d'une immigration massive mais n'en supportent pas tous les coûts ? Il est possible d'identifier trois groupes d'intervenants qui argumentent fortement pour des niveaux d'immigration toujours plus élevés.

    a) L'industrie professionnelle de l'immigration.

Il existe de nombreux bureaux d'assistance aux personnes étrangères voulant immigrer au Canada. Ils offrent, moyennant rémunération, divers services aux individus qui souhaitent voir "accélérer" le processus de leurs demandes d'immigration. Ils sont très actifs à l'intérieur des lobbys qui font des représentations pour influencer et promouvoir les politiques d'immigration dans le sens de leurs intérêts professionnels.

    b) Les industries à faible productivité et à bas salaires en concurrence avec les importations et l'industrie de la construction.

L'avènement du libre échange a fait en sorte que des industries à forte intensité de main-d'oeuvre, telle celle du textile, par exemple, ont vu leurs productions être remplacées graduellement par des importations. De même, certaines industries peu mécanisées, comme celles des services, ont peine à accroître leur productivité. Pour ces dernières, verser de bas salaires à leurs employés est une façon de demeurer rentables. Pour elles, l'immigration de travailleurs étrangers habitués à de bas salaires est une sorte de planche de salut.

Une industrie qui profite d'un flot toujours plus important d'immigrants est bien sûr l'industrie de la construction et du logement. En effet, une immigration massive crée une demande accrue pour le logement et fait monter les prix.

La question consiste à savoir si l'intérêt particulier de ces lobbys pro-immigration super massive cadre bien avec l'intérêt général de la population qui en fait les frais.

    c) Les partis politiques qui ont besoin d'appuis extérieurs pour s'assurer une réussite partisane.

L'immigration super massive peut faire l'affaire d'une classe politique bien identifiable, lorsque cette dernière aspire à se construire une clientèle électorale fidèle. Ce serait un exemple criant, si un parti politique qui se fait le promoteur d'une politique d'immigration est aussi le principal à en profiter électoralement. Il s'agit bien alors d'intérêts électoraux particuliers qui peuvent être contraire à l'intérêt général du pays.

• Le cercle vicieux d'une immigration super massive, laquelle peut générer des pénuries artificielles de main-d'oeuvre plutôt que d'en diminuer l'incidence

La politique canadienne d'immigration super massive et de remplacement de population ne vise pas seulement à faire venir des travailleurs pour combler l'offre de main-d'oeuvre. Elle vise aussi à faire venir des personnes dépendantes, conjoints, enfants, grands-parents âgés, etc., en vertu des programmes de réunification des familles d'immigrants et d'incitatifs aux investisseurs étrangers.

Ces catégories d'immigrants dépendants viennent gonfler la demande de main-d'oeuvre en créant une demande de biens et de services, ce qui est de nature à empirer une pénurie de main-d'oeuvre. En effet, une politique d'immigration super massive, au-delà de l'accroissement naturel de la population, accroît les besoins d'infrastructures de toutes sortes (écoles, hôpitaux, logements, routes, développement urbain, etc.), mais aussi dans la prestation de services tant personnels que publics.

Considérons le cas d'un nouveau travailleur immigré qui est accompagné de son épouse et de deux enfants. Supposons aussi que les deux époux se prévalent du programme de réunification des familles pour faire venir chacun leurs deux parents. Le Canada se retrouve alors avec huit consommateurs additionnels, dont seulement un, ou au plus deux, travaille.

La demande et les prix pour les logements seront en hausse, et les familles à faible revenu seront les premières victimes. L'explosion, ces dernières années, dans les prix des logements à Toronto et à Vancouver, et de plus en plus à Montréal, en est la preuve.

De plus, quand le phénomène se reproduit à haute échelle, il faut prévoir embaucher davantage d'enseignants pour les enfants et davantage d'infirmières pour soigner les personnes âgées nouvellement arrivées. La demande d'autres produits et services se trouvera aussi accrue, tels les besoins en allocations gouvernementales de touts sortes.

À titre d'exemple, en santé, le Canada souffre d'une pénurie importante de lits d'hôpitaux publics et privés. En effet, selon les dernières données disponibles (2015-2019) pour les 37 pays de l'OCDE, le Canada comptait seulement 2,5 lits d'hôpitaux par 1000 habitants. En comparaison, ce ratio pour le Japon était égal à 13,0, pour l'Allemagne 8,0, pour la France 5,9 et pour l'Australie 3,8. Même les États-Unis, pays reconnu pour avoir un sytème de santé relativement élitiste, comptaient davantage de lits d'hôpitaux par mille habitants que le Canada, avec un ratio égal à 2,9.

Chose certaine, le Canada aurait besoin d'investir davantage dans la construction d'hôpitaux, car il fait piètre figure à ce chapitre parmi des pays comparables de l'Organisation de coopération et de développement économique.

Cela fait 30 ans que le nombre de lits disponibles dans les hôpitaux est en baisse par rapport au nombre d'habitants au Canada, alors que le gouvernement canadien s'est lancé, pendant cette période, dans une politique d'immigration massive, tout en réduisant substantiellement ses transferts en santé aux gouvernements provinciaux. Ce sont ces derniers qui font face à une pénurie de lits, d'équipements et de ressources pour faire face aux besoins.

En matière d'immigration, il est possible d'entrer dans une spirale sans fin: Plus on augmente l'immigration non ciblée, plus une pénurie artificielle de main-d'oeuvre apparaît, et plus il faut hausser les cibles d'immigration, et ainsi de suite !

• Conclusion

La politique d'immigration super massive et de remplacement de population du gouvernement de Justin Trudeau vise à effacer la réalité historique que le Canada a été bâti par deux peuples fondateurs, les Français et les Anglais.

Au plan économique, c'est aussi une politique qui dépasse de beaucoup les besoins réels de l'économie canadienne. Elle est même susceptible plutôt de créer des pénuries de main-d'oeuvre dans de nombreux domaines.

Les arguments économiques invoqués pour appliquer une telle politique d'immigration de masse, dans le contexte économique actuel de pandémie, de chômage et de ralentissement économique, sont très faibles et même, en certains cas, fallacieux et contre-productifs. Cette politique semble reposer avant tout sur des motifs idéologiques et politiques plutôt que sur des arguments économiques solides.

Idéalement, le gouvernement canadien devrait tenir un référendum national sur cette question vitale. Cela permettrait d'éclairer et de débattre ouvertement de toutes les facettes de la question. À défaut de cela, il serait quand même du devoir des partis politiques de prendre position clairement sur ces enjeux qui engagent l'avenir d'une manière irréversible.

____________________________________________________



Le Prof. Rodrigue Tremblay est professeur émérite d'économie à l'Université de Montréal et lauréat du Prix Richard-Arès pour le meilleur essai en 2018 "La régression tranquille du Québec, 1980-2018", (Fides). Il est titulaire d'un doctorat en finance internationale de l'Université Stanford.



On peut le contacter à l'adresse suivante : rodrigue.tremblay1@gmail.com

Il est l'auteur du livre "Le nouvel empire américain" et du livre "Le Code pour une éthique globale", de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé "La régression tranquille du Québec, 1980-2018".

Site internet de l'auteur : http://rodriguetremblay.blogspot.com

Pour s'enregistrer et recevoir les articles par courriel, écrire "souscrire" à : carole.jean1@yahoo.ca

Pour se désinscrire, écrire "désinscrire" à : carole.jean1@yahoo.ca

Prière de faire suivre l'article : http://rodriguetremblay.blogspot.com


Mis en ligne, vendredi, le 13 novembre 2020

___________________________________________________

© 2020 Prof. Rodrigue Tremblay


ACTUALITÉS


Le mardi, 20 octobre 2020

Objet : L'ensauvagement de la France. L'assassinat par décapitation d'un enseignant français aux mains d'un terroriste islamiste, vendredi, le 16 octobre 2020.


Réflexion : Les politiques publiques ont des conséquences à long terme.

Le choc des civilisations et des cultures, un problème d'avenir qui reste entier dans les pays occidentaux

Professeur Rodrigue Tremblay

"Certains Occidentaux ont prétendu que l'Occident n'avait pas de problèmes avec l'islam mais uniquement avec des extrémistes islamistes violents. Quatorze cents ans d'histoire démontrent le contraire." 
Samuel P. Huntington (1927-2008), (dans 'Le Choc des civilisations", 1996)

"Le problème central pour l'Occident n'est pas le fondamentalisme islamique. C'est l'islam, une civilisation différente dont les représentants sont convaincus de la supériorité de leur culture et obsédés par l'infériorité de leur puissance."  
Samuel P. Huntington (1927-2008), (dans 'Le Choc des civilisations", 1996)

"Des mouvements islamistes, soutenus par les tribunaux occidentaux, tentent d'empêcher toute critique de l'islam. Il faut savoir résister à ce vent d'inquisition dans l'intérêt même de l'humanité. Les juges occidentaux qui soutiennent cette inquisition sont de véritables idiots utiles qui exposent leurs propres pays aux pires dangers. "
Sami Aldeeb (1949- ), 1er sept. 2014

"Le multiculturalisme est par essence une civilisation anti-européenne. C'est fondamentalement une idéologie anti-occidentale."  
Samuel P. Huntington (1927-2008), (dans 'Le Choc des civilisations", 1996)


En météorologie, quand un front froid rencontre un front chaud, il en résulte une tempête, avec de forts vents. En politique, quand une culture obscurantiste rencontre une culture humaniste sur un même territoire, les frictions sont inévitables, et les tensions sont à prévoir.

Les gouvernements qui ne font pas usage du principe de précaution exposent leurs concitoyens aux pires dangers. Ce qui se passe en France n'est qu'un signe avant-coureur de ce qui attend les pays occidentaux et leurs citoyens quand leurs gouvernements jouent à l'autruche face au terrorisme islamiste intérieur, lequel est souvent financé de l'extérieur.

Depuis 2017, il y a eu 33 attentats islamistes en France contre des policiers et contre de simples gens. Malheureusement, il y a fort à parier que cette série de crimes n'est pas près de s'arrêter.

_________________________________________________

Recommandation

UNE VIDÉO À VISIONNER:


Ou bien cliquez ici :

Une interview exceptionnelle de Éric Zemmour :

La France a été trop généreuse avec son immigration massive, et cela depuis 40 ans (depuis Valéry Giscard d'Estaing). Elle en paie aujourd'hui le prix, ou plutôt, ce sont des innocents qui en paient le prix.
 
Remplacez 'France' par 'Canada', et les propos de Éric Zemmour s'appliquent à la politique d'immigration massive du gouvernement canadien, et cela depuis Pierre Elliott Trudeau avec son gouvernement des juges, laquelle politique s'amplifie présentement avec le gouvernement de Justin Trudeau.







______________________________________________

** Pour s’enregistrer et recevoir les articles par courriel, écrire « souscrire » à : carole.jean1@yahoo.ca

** Pour se désinscrire, écrire « désinscrire » à : carole.jean1@yahoo.ca

_________________________________________________________



                                                            Éditions Fides


Rodrigue Tremblay reçoit le Prix Richard-Arès 2018 
du meilleur essai, pour son livre 
         La régression tranquille du Québec, 1980-2018                                 
                                                           Photo Lorraine Messer

Visionner la présentation du Prof. Tremblay lors du lancement du livre,
le 12 septembre 2018, à la Maison Ludger-Duvernay, Montréal 

Disponible dans toutes les librairies du Québec
chez Les éditions FIDES: 514-745-4290
ISBN :  978-2-7621-4218-1
en ligne sur Renaud-Bray


Pour une recension du livre 
« La régression tranquille du Québec, 1980-2018 » 
cliquez ICI.

Prix Richard-Arès : Rodrigue Tremblay honoré pour son dernier livre
PORTRAIT DE CITOYEN


YOUTUBE : LA RÉGRESSION TRANQUILLE 
Prof. Rodrigue Tremblay, le 11 juillet 2019








________________________


Entrevue du prof.  R. Tremblay   *La Loi 21 - QUÉBEC VS ROC
Radio QUB (Sophie Durocher)Lundi, le 18 Nov. 2019
« Oint de Dieu : l'héritage de la monarchie britannique contre la laïcité de l'État »
18 novembre 2019 - 12 min
Entrevue avec Rodrigue Tremblay, professeur émérite de sciences économiques de l’Université de Montréal, ancien ministre de l’Industrie et du Commerce dans le cabinet de René Lévesque et auteur du livre « La régression tranquille du Québec 1980-2018 » (Éditions Fides) : ‘Loi sur la laïcité de l’état : Le Canada contre le Québec.’
Article dans le journal La Presse, samedi le 16 nov. 2019.

________________________________________