Mardi, le 2 juin 2026

L'Intelligence Artificielle (IA) annonce une ère du post-humain avec d'importants bouleversements économiques, sociaux et même moraux

Par Rodrigue Tremblay

« L'intelligence artificielle (IA) touchera toutes les professions, toutes les salles de classe, tous les hôpitaux, tous les laboratoires, chaque personne et toutes vos relations. » Eric Schmidt (1955-), ancien directeur général de Google, dans un discours de graduation aux diplômés de l'Université d'Arizona, et lequel fut hué par les étudiants, le vendredi 15 mai 2026.

« L'intelligence artificielle (IA) est probablement la chose la plus importante sur laquelle l'humanité n'ait jamais travaillé. Je considère cela comme quelque chose de plus profond que l'électricité ou le feu. » Sundar Pichai (1972- ), directeur général de Google, (déclaration faite en 2018, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse).

« Le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait sonner le glas de l'humanité...  Elle s'améliorera de manière autonome à un rythme croissant. Les humains, limités par l'évolution biologique lente, ne pourraient pas concurrencer et seraient dépassée. » Stephen Hawking (1942-2018), physicien britannique, dans une interview accordée à la BBC le 2 décembre 2014.

« Toute technologie qui facilite le fait de frapper sans voir le vissage de l'autre abaisse le seuil moral du conflit. » Pape Léon XIV (1955- ) dans sa première encyclique « Magnifica Humanitas » (ou Magnifique Humanité), le 25 mai 2026.

Les développements de l'Intelligence Artificielle (IA) et de l'automatisation du travail progressent rapidement et offre des applications et des bénéfices dans de nombreux domaines. Il s'agit d'une technologie qui va définir l'avenir économique.

Cependant, une telle 'destruction créatrice' trop rapide et aveugle de toutes les fonctionnalités de la nouvelle technologie, de plus en plus puissante, pourrait poser d'importants risques, et même causer des menaces et des perturbations, surtout pour les travailleurs, mais aussi pour les entreprises et pour les écrivains et les artistes, et pour l'ensemble des économies et des sociétés. 

Dans le monde post-humain qui se dessine, l'humanité pourrait être confrontée à des défis sans précédent, dans un contexte économique où les humains ne seront plus au centre des préoccupations. (Il existe déjà un marché en pleine expansion pour des robots humanoïdes NEO à être utilisés de diverses façons !)

Le monde pourrait voir certains secteurs de l'économie où les humains seront  accessoires et même carrément écartés. Pour cette raison, l'IA est porteuse de transformations technologiques, mais quelques unes d'entre elles bouleverseront les niveaux de vie et influenceront la façon dont les humains perçoivent le travail, les revenus et la vie en société.

Pour le moment, il s'agit d'une technologie robotique qui rend le travail plus productif et plus complexe dans plusieurs industries, ce qui peut être bénéfique pour la croissance économique. De plus, un essor des investissements dans les centres de données et les centrales électriques est aussi de nature à stimuler la croissance économique. 

Pour les travailleurs, cependant, l'IA fait aussi en sorte de remplacer de nombreux emplois requérant peu de qualifications et ceux du travail indépendant, dans de nombreux secteurs même si certains autres domaines exigeront des compétences spécifiques et seront mieux protégés contre son influence.

Dès lors, une question se pose : dans un monde post-travail, avec de nombreux emplois en voie de disparition en raison de l'utilisation croissante de l'IA, d'où proviendront la demande effective et les revenus nécessaires au maintien du niveau de vie ? En effet, la disparition du travail et des revenus pour de nombreuses catégories de travailleurs n'augure rien de bon pour l'avenir de la macroéconomie.

C'est pourquoi les gouvernements vont devoir réfléchir sur comment faire face à un nouveau phénomène de chômage ou de sous-emploi lié à l'IA, notamment pour les jeunes travailleurs, lesquels risquent de se retrouver face à des emplois sans avenir. Ils devront aussi établir les niveaux d'imposition et de réglementation pour éviter les pires débordements.

I- L'intelligence artificielle (IA) et l'économie

On observe déjà les effets technologiques de l'Intelligence artificielle générative (IA) et du génie digital sur l'économie, notamment en termes d'augmentation de la rentabilité de certaines entreprises, d'individus et d'organisations.

Dans ce nouveau monde, il faut s'attendre à d'importantes perturbations sur les marchés du travail et dans l'économie en général.

En effet, il pourrait en résulter d'énormes transferts de richesse entre les groupes sociaux, certains segments de la société s'enrichissant tandis que d'autres s'appauvrissent. Les investisseurs et les travailleurs dans les nouveaux secteurs technologiques en tireront de grands bénéfices. Par contre, les travailleurs touchés par les licenciements liés à la nouvelle technologie verront un ralentissement dans la croissance de leurs revenus, tandis que les plus jeunes travailleurs, entrant sur le marché du travail, risquent d'avoir moins d'opportunités. 

En effet, des études montrent que les jeunes travailleurs diplômés trouvent déjà plus difficile de dénicher un emploi, tandis que d'autres travailleurs, plus expérimentés, se voient licenciés et remplacés par des robots algorithmiques ou par des machines intelligentes.

II- Les révolutions industrielles du passé

Depuis 1750, quatre grandes révolutions industrielles et innovations technologiques et scientifiques on transformé les économies, passant d'économies principalement agricoles et artisanales à des économies commerciales et industrielles, de plus en plus urbanisées et de plus en plus complexes et avancées.

· 1ère révolution industrielle (1750-1840) - La mécanisation, (l'invention du métier à tisser mécanique et des usines de textile et de vêtements, du moteur à vapeur pour le transport maritime et les chemins de fer, avec un recours au charbon comme source d'énergie, etc.);

· 2. La deuxième révolution industrielle (1870-1914) - La production de masse en usine, (l'ère de l'industrialisation avec la production de l'acier, de produits chimiques et de l'électricité, de l'automobile et du moteur à combustion interne à base de carburants dérivés du pétrole, etc.);

· 3. La troisième révolution industrielle (1970-2000) - L'automatisation et les communications, (l'implantation de la radio et de la télévision, l'avènement de l'ordinateur et le développement de l'Internet, les télécommunications informatisées par satellite et l'énergie nucléaire, dans un contexte de baisse des coûts du transport maritime et aérien, de la mondialisation économique et financière et de la libéralisation du commerce international, etc.;

· 4. La quatrième révolution industrielle (2010 à nos jours)  - La robotisation, (l'émergence de systèmes de production cyber-physiques qui reposent sur des centrales électriques de données et des modèles d'intelligence artificielle. La robotisation implique des machines intelligentes capables de reproduire la flexibilité du travail humain et en mesure d'effectuer des tâches répétitives ou de routine, de plus en plus sophistiquées, etc.)

III- La première révolution industrielle a été difficile pour les travailleurs déplacés, mais les deuxième et troisième ont créé suffisamment de nouvelles industries pour incorporer une main d'œuvre accrue

Les trois premières grandes percées technologiques ont fortement accru la productivité du travail et les niveaux de vie. En plus, elles ont aussi conduit à l'émergence de nouvelles industries et de nouvelles catégories d'emploi dans de nombreux secteurs économiques. 

Cependant, au cours de la 1ère révolution industrielle en Angleterre, particulièrement entre 1790 et 1840, il se produisit une période de chômage perturbateur pour les travailleurs. Ce fut la pause de Engels, du nom du philosophe allemand et théoricien marxiste Friedrich Engels (1820-1895).

Par contre, les propriétaires d'entreprises engrangèrent des profits accrus avec les gains d'efficacité des nouvelles sources d'énergie. Ce fut notamment le cas pour le moteur à vapeur qui révolutionna le transport maritime et terrestre au cours de la 1ère révolution industrielle. Cela conduisit à un essor de la production industrielle et du transport des matières premières, des marchandises et des personnes entre les pays et à l'intérieur de ces derniers.

Mais pour le travailleur moyen, le salaire réel est resté stable, voire a diminué, et l'espérance de vie moyenne dans certaines villes industrielles s'est effondrée à seulement 35 ans.

L'autre invention favorable à des occasions accrues de travail a été celle de l'automobile et du camionnage au début du 20e Siècle. Plusieurs nouvelles industries, en plus des usines d'assemblage, sont alors apparues avec la construction de réseaux routiers et de garages, et avec l'essor de l'industrie du tourisme de motels, de restaurants et de nouveaux centres de destination.

IV- La quatrième révolution industrielle pourrait créer du chômage et du sous-emploi d'une façon permanente

L'objectif principale de l'IA générative est de remplacer, lorsque cela est possible, les emplois peu qualifiés, et notamment les emplois de cols blancs et les emplois de services répétitifs, par des machines robotiques intelligentes ou des algorithmes informatiques, afin de réduire les coûts de main-d'œuvre et d'accroître la rentabilité des entreprises.

Contrairement aux autres innovations technologiques, cependant, il n'est pas certain que l'IA  — à cause du choc de l'automatisation croissante de nombreux emplois — puisse générer beaucoup de nouvelles industries et de nouveaux emplois dans le reste de l'économie, suffisamment pour soutenir la croissance économique.

Par conséquent, dépendant de la conjoncture économique, on pourrait observer une hausse persistante du chômage ou du sous-emploi pour des catégories entières de travailleurs laissés pour compte, jeunes ou vieux, hommes ou femmes. Ceux-ci se retrouveraient alors privés de leurs moyens de subsistance et de leur dignité personnelle, et cela influencerait négativement leurs niveaux de vie et leurs perspectives.

De plus, des baisses importantes de salaires et de revenus pour les ménages à faibles et moyens revenus sont susceptibles de ralentir la demande et les dépenses globales des consommateurs, ce qui risque de nuire à la prospérité générale de l'économie.

Or, dans les plus grandes économies avancées, soit les pays du G7, les inégalités de revenus et de richesse sont plus grandes aujourd'hui qu'elles ne l'étaient il y a une quarantaine d'années, au milieu des années 1980. Reste à savoir si le remplacement du travail humain par la robotisation et l'intelligence artificielle peut ou non accentuer ces inégalités.

On pourrait penser que les gouvernements pourraient compenser de telles inégalités par de nouveaux programmes d'assistance sociale.

Or, deux situations rendent cette option peu probable. Premièrement, la plupart des gouvernements sont présentement surendettés et ils feront face dans les prochaines années à des crises fiscales. Deuxièmement, dans quelques démocraties, les citoyens ultra riches et les milliardaires ont obtenu le droit de dépenser des sommes illimitées d'argent pour placer au pouvoir des personnes qui défendent leurs intérêts privés.

Dans certaines démocraties, cela pourrait signifier un retour à l'époque de l'ère 'oligarchique' au 19e Siècle, alors que les gouvernements étaient sous la férule d'oligarques extrêmement riches.

Les applications de l'IA générative et l'affaiblissement du marché de l'emploi surviennent à un moment difficile, c'est-à-dire quand les politiques économiques de l'actuel gouvernement étasunien menacent le commerce international et que des économies surendettées sont au bord d'une récession économique.

V- Est-ce que l'Intelligence Artificielle générative pourrait représenter une menace pour l'humanité ?

Dans un avenir plus rapproché que l'on croit, des avancés en Intelligence Artificielle générative (IAG), ou des algorithmes d'intelligence artificielle capables d'égaler, voire de surpasser l'intelligence humaine et écarter le jugement et le bon sens humains, peuvent poser une sérieuse menace à l'humanité. Ce pourrait certes être le cas, surtout si ces techniques tombaient dans de mauvaises mains, à l'extérieur comme à l'intérieur des gouvernements.

Contrairement aux progrès technologiques du passé, en effet, de l'imprimerie et des machines à vapeur à l'électricité et à l'ordinateur, l'humain a toujours gardé le contrôle sur ces progrès techniques. Cela ne sera pas forcément le cas avec l'IAG. En effet, la prise de décision avec l'IAG pourrait, un jour, être autonome, et ne plus être entre des mains humaines.

Des artistes se plaignent déjà que des opérateurs peu scrupuleux d'IA générative imitent à la perfection leur identité physique, leur style et copient leurs œuvres, sans le consentement de leurs auteurs et sans rétribution. En effet, l'IA rend facile les falsifications et la tricherie.

Les gouvernements vont devoir légiférer pour protéger le droit d'auteur, avant que le piratage de personnalités, d'artistes et d'œuvres existantes ne deviennent une affaire courante. Il va falloir aussi se méfier des gouvernements guerriers et prédateurs qui se précipitent pour adapter l'intelligence artificielle à leurs plans de guerre.

Certains modèles d'IA impersonnels et totalement amoraux, et utilisés dans des simulations de guerre, peuvent aller jusqu'à recommander le lancement d'armes nucléaires. Ceci est particulièrement alarmant si de tels modèles ne prennent en compte que des résultats « d'efficacité », sans considération de légalité ni de moralité. De telles situations pourraient engendrer des catastrophes et des atrocités.

Le simple fait que de telles possibilités existent devraient dicter une approche prudente face aux développements avancés de l'IA et de l'IAG. Avant d'entrer pour de bon dans une ère d'obsolescence humaine et d'une domination d'agents autonomes de l'intelligence artificielle, il serait sage de réfléchir aux conséquences pour l'humanité et de savoir comment les encadrer.

Conclusion

Un nouvel âge 'oligarchique' se dessine sous nos yeux, alors que de grandes entreprises privées procèdent à des licenciements massifs et s'appuient, de plus en plus, sur des agents de l'Intelligence Artificielle (IA) pour se décharger en partie de leur responsabilité sociale de recruter, embaucher et de former des employés, tout en engrangeant des profits toujours plus importants.

À terme, des catégories entières de travailleurs pourraient devenir économiquement inemployables aux yeux des employeurs, et cela affectera l'ensemble de la population et l'économie en général. Le remplacement de l'humain par des robots intelligents dans de nombreux domaines d'activité sera un facteur d'aliénation pour une grande partie de la population.

Une grave crise du travail se profile à l'horizon et l'on peut s'attendre à ce que les disparités de revenus et de richesse entre nantis et pauvres s'accroissent.

Pour le moment, certains super riches et optimistes oligarques s'activent pour mettre rapidement en œuvre la révolution industrielle de l'intelligence artificielle, sans trop se soucier des conséquences et de la transformation fondamentale qui risque de bouleverser le marché du travail et l'ensemble de l'économie, à court et moyen terme. Or, si des dommages économiques irréparables sont causés à une large partie de la population, cela pourrait annoncer des décennies dramatiques de déclin économique et de troubles sociaux.

Il incombe, par conséquent, aux gouvernements et aux organisations internationales de prendre des dispositions fiscales appropriées et d'établir des critères d'encadrement et des lignes directrices concernant les développements les plus risqués de l'intelligence artificielle (IA), afin de respecter la liberté et la dignité humaine.

Ils doivent aussi se préparer à faire face à des taux de chômage sectoriel et à des niveaux de sous-emploi accrus, surtout pour les jeunes travailleurs, mais aussi pour les écrivains et les artistes, s'ajoutant à toutes les autres conséquences économiques, financières, fiscales et sociales qui pourraient découler du nouveau paradigme industriel.

Les établissements d'enseignement, et notamment les universités, devraient se préparer à revoir leurs programmes pédagogiques et à les adapter aux nouvelles réalités du marché du travail.

Il y a, en plus, un risque moral. En effet, le monde devrait s'inquiéter que des gouvernements aux instincts totalitaires et mal intentionnés soient tentés de se servir de l'IA pour faire de la désinformation et pour mieux contrôler la population.

Il n'est pas exclu que des gouvernements bellicistes, impérialistes et prédateurs puissent exploiter l'IA générative pour rendre les guerres actuelles et futures encore plus fréquentes, plus meurtrières et plus destructrices. Par exemple, ils pourraient confier à des algorithmes d'intelligence artificielle générative le soin de développer de nouveaux armements peu coûteux, de type biologique, chimique ou radiologique, ce qui rendrait les guerres d'agression encore plus faciles et moins coûteuses.

En conséquence, une prudence élémentaire devrait guider les décideurs face aux bouleversements économiques, sociaux, industriels et même militaires qui sont sur le point de frapper les sociétés industrialisées de plein fouet, au cours des prochaines années.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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Vendredi, le 1 mai 2026

Réflections sur le livre politique 'Destination autonomie', du chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), M. Éric Duhaime, avril 2026

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Les professeurs enseignent le nationalisme dans les écoles. Ils disent à leurs élèves que le Québec est un État et c'est faux. Le Québec est une province, un canton, indistinct. » Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), Premier ministre libéral à Ottawa, (propos émis en 1994, tel que rapporté par Michel David dans Le Devoir, le 29 octobre 2016.

Il n'est pas facile de revivre l'histoire.

Sur le fond, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a raison d'adopter un programme d'autonomie québécoise pour son parti politique (1). Ce faisant, il souhaite revenir à une approche pratique pour les relations entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral canadien, laquelle approche a donné des résultats concrets dans le passé. Ce fut le cas avec le rapatriement du l'impôt sur le revenu en 1954 et le programme de pensions de la Régie des rentes du Québec, distinct du régime fédéral dans les autres provinces canadiennes, en 1964.

Éric Duhaime fait ce que les dirigeants du PQ auraient peut-être dû faire, à la suite des deux défaites référendaires de 1980 et de 1995, s'ils avaient fait une bonne analyse des raisons géopolitiques de leurs défaites. En effet, ces défaites successives ont contribué à faire perdre au Parlement du Québec d'importants pouvoirs au profit de juges fédéraux, nommés et payés par le gouvernement fédéral, ce qui a ramené le Québec à la période d'avant 1867.

Sans le dire, le chef du PCQ souhaiterait sans doute que le gouvernement fédéral canadien répare les torts énormes faits au Québec avec la Loi constitutionnelle de 1982, adoptée sans le consentement du gouvernement du Québec et sans la tenue d'un référendum sur cette Loi des lois.

Il est vrai que le Premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), et d'autres politiciens à Ottawa, ont sciemment ou non trompé la population lors du référendum du 20 mai 1980, en laissant subtilement croire à la population québécoise, qu'un « vote pour le 'Non' n'était pas un vote pour le statu quo » 

Au contraire, de nombreux électeurs comprirent alors qu'un vote pour le 'Non' allait être un vote en faveur du Livre Beige explicatif du Camp du NON, un manifeste intitulé « Une nouvelle fédération canadienne ». Ce dernier comprenait sept propositions de révisions constitutionnelles, en guise d'alternative au Livre blanc de mesures du Camp du OUI, un manifeste intitulé « D'égal à égal », lequel proposait une négociation bilatérale afin de doter le Québec d'un statut de Souveraineté-Association.(2)

Les sept propositions constitutionnelles du Livre Beige étaient :

1- Adoption d'une charte des droits et libertés et l'intégration des langues française et anglaise à la Constitution canadienne (en plus de l'étendre aux provinces de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick).

2- Garantie du droit de tout individu de permettre à son enfant d'étudier en anglais ou en français « là où le nombre le justifie ».

3- Abolition du Sénat.

4- Création d'un Conseil fédéral constitué de délégations des provinces (composé à 25% de délégués du Québec) dont le mandat serait de superviser les initiatives du gouvernement fédéral, quand ces dernières seraient «susceptibles de modifier l'équilibre fondamental de la fédération». Le Conseil mettrait également sur pied un comité paritaire (francophone et anglophone) se concentrant spécifiquement sur les questions linguistiques.

5- Création d'un banc dualiste (paritaire Canada-Québec à la Cour suprême pour tous les dossiers constitutionnels.

6- L'attribution du pouvoir résiduaire aux provinces.

7-  L'attribution aux provinces des pouvoirs sur l'enseignement, les subventions et les bourses, la programmation radiodiffusée et télévisée, les modes de réinsertion sociale, la formation de la main-d'oeuvre et l'accueil et l'intégration des immigrants.

Le Livre Beige était l'oeuvre du chef du PLQ et du camp du NON, Claude Ryan. Le 20 mai 1980, le Camp du NON récolta 59,56% des suffrages exprimés, en partie parce que son Livre Beige de propositions constitutionnelles étaient foncièrement décentralisatrices.

Mais des dirigeants du PQ ont dit que la population « s'était dit non à elle-même » ce qui était une interprétation antidémocratique.

En effet, lors des référendums de 1980 et de 1995, il n'y eut qu'une seule option constitutionnelle sur les bulletins de vote, soit celle du gouvernement en place. En 1980, c'était la proposition de négocier une souveraineté-association du Québec. En 1995, le choix était une proposition de négocier l'indépendance du Québec. Dans les deux cas, il s'est agi d'un plébiscite, et non pas d'un véritable référendum, avec différentes options constitutionnelles.

[Définition d'un plébiscite «Consultation par laquelle un gouvernement demande à l'ensemble des citoyens de lui manifester leur confiance, en se prononçant par oui ou par non sur une proposition.»]

Après les défaites référendaires du 1980 et de 1995, il aurait été peut-être possible de négocier une réparation des torts faits au Québec par la Loi constitutionnelle de 1982, laquelle a placé le Parlement du Québec sous l'autorité arbitraire de juges fédéraux, pour plusieurs de ses lois votées démocratiquement. Ce fut fait contre son gré et contre la volonté de la population québécoise, laquelle n'a jamais été consultée sur une telle régression politique du Québec.

Les gouvernements conservateurs de Brian Mulroney (1939-2024) et de Stephen Harper (1959- ) à Ottawa auraient possiblement été plus ouverts aux revendications d'un gouvernement québécois autonomiste à Québec.

Cependant, il ne faut pas trop s'illusionner.

Il ne faut pas trop s'illusionner, en effet, car l'échec de l'Accord du lac Meech, le 23 juin1990, et celui de l'Accord de Charlottetown, lors du référendum fédéral du 26 octobre 1992, lequel fut défait à la fois au Québec et dans le reste du Canada, montrent bien qu'il n'est pas facile de procéder à des changements constitutionnels au Canada, dans le contexte actuel. En effet, aux termes de la Loi constitutionnelle de 1982, un amendement constitutionnel requiert l'approbation, soit de l'unanimité des gouvernements fédéral et provinciaux pour une liste restreinte de questions institutionnelles, soit de l'approbation du gouvernement fédéral et des deux tiers des provinces canadiennes pour la plupart des autres amendements. Toutefois, des ententes Québec-Ottawa ponctuelles sont toujours possibles.

Comme je l'explique dans mon livre de 2018, « La Régression du Québec, 1980-2018 », aux Éditions Fides, pour qu'une approche autonomiste soit retenue, il aurait fallu que le PQ place la patrie au-dessus du parti, et que le gouvernement démissionne après sa défaite plébiscitaire du 20 mai 1980.

Cela aurait alors pu bloquer la stratégie du gouvernement Trudeau de procéder à des changements constitutionnels sans le Québec, dans le sens d'une fédération canadienne plus centralisée. En effet, il y avait alors de fortes chances que Claude Ryan, chef du PLQ et chef vainqueur du camp du Non lors du référendum, puisse être élu premier ministre du Québec et qu'il s'oppose à une telle centralisation.

Si cela avait été le cas, Pierre Elliott Trudeau n'aurait pas pu prétendre que son option d'un fédéralisme centralisé était celle qui était sortie vainqueur, lors du référendum québécois. Toute l'histoire aurait pu en être modifiée.

Mais cela ne s'est pas produit, essentiellement parce que le Premier ministre René Lévesque (1922-1987) n'a pas choisi de respecter le vote sans équivoque de l'électorat québécois et s'est accroché au pouvoir pour une autre année.

Le Premier ministre Trudeau a pu alors procéder unilatéralement, sans l'accord du Québec, au rapatriement de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB de 1867) de Londres, avec l'aide de la Cour Suprême du Canada, à ce moment présidée par Bora Laskin (1912-1984), et avec celle des gouvernements de l'Ontario et du Nouveau Brunswick.

Après ce qui a été qualifiée de Nuit des longs couteaux, les 4-5 novembre 1981, Pierre Elliott Trudeau réussit à faire inclure dans ce qui est devenu la Loi constitutionnelle de 1982, une Charte des droits, après avoir concédé l'insertion d'une clause dérogatoire, à la demande des provinces anglophones récalcitrantes.

Conclusion

J'ai déjà écrit que les changements constitutionnels imposés par un coup de force fédéral ont fait en sorte que la province du Québec est de facto devenue une colonie intérieure du Canada, en majorité de langue anglaise. C'est une situation qui menace à long terme la survie du Québec en tant que seule entité politique à majorité francophone en Amérique du nord.

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(1) Mario Dumont, Éric Duhaime, autonomiste et sérieux, Journal de Montréal, 18 avril 2026

(2) Le 12 juin 1978, Pierre Elliott Trudeau déposa à la Chambre des communes un projet de loi, le bill C-60, et un livre blanc intitulé « Le temps d'agir » dans lequel il propose de renouveler le fédéralisme canadien. Il proposa aussi l'adoption d'une Charte des droits et libertés, le remplacement du Sénat par une Chambre de la fédération ou encore la redéfinition du rôle du gouverneur-général, du premier ministre et du cabinet.

Voir, Claude-V. Marsolais, Le référendum confisqué, Montréal, VLB Éditeur, 1992, p.5.

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Rodrigue Tremblay, professeur émérite de l'Université de Montréal, et ancien ministre


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© 2026 Prof. Rodrigue Tremblay


 


Vendredi, le 3 avril 2026

Qu'est-ce qui est le mieux pour le monde : le chaos, les guerres et la destruction, ou l'ordre, la paix et la prospérité ?

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« À mesure que la démocratie se perfectionnela fonction de président représente de plus en plus fidèlement l'âme du peuple. Un jour glorieux, le peuple verra enfin son voeu le plus cher exaucé et la Maison-Blanche sera occupée par un imbécile accompli, et un crétin narcissique complet. » H.L. Mencken (1880-1956), journaliste et écrivain américain, (propos rapporté dans le 'Baltimore Evening Sun', le 26 juillet 1920).

« Le but dans la vie n'est pas d'être du côté de la majoritémais d'éviter de se retrouver dans les rangs des imbéciles. » Marcus Aurelius (121-180 AD), Empereur romain et philosophe stoïcien, (dans les « Pensées pour moi-même », 161-180 apr. J.-C.).

« Nous ne vivons plus [aux États-Unis] dans une république constitutionnelle. Nous vivons sous une forme de tyrannie déguisée. Cela peut vous déplaire, mais c'est la vérité. Nous votons, mais c'est l'État qui nous gouverne, et non l'inverse. Notre gouvernement redistribue nos richesses de manière criminelle, et nous ne faisons rien pour l'empêcher. » Chuck Wooley (1941- ), acteur et animateur de jeux télévisés américain, (sur Twitter (X), le 26 mars 2018).

« Lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpationspoursuivant invariablement le même but, révèle un dessein de soumettre le peuple à un despotisme absolu, il est de son droit, il est de son devoir, de renverser un tel gouvernement et de mettre en place de nouvelles garanties pour sa sécurité future. » Déclaration d'indépendance américaine (1776).

La paix dans le monde et l'ordre international sont aujourd'hui très fragiles, et cela est très inquiétant. En effet, en l'espace de quelques années, les lois et règles internationales et l'ensemble du droit international semblent avoir été remplacés par un arbitraire unilatéral et improvisé, fondé sur la force brute. Cela conduit à une dangereuse situation de chaos global, laquelle menace la paix et la prospérité des pays.

En réalité, un tel chaos et une telle confusion découlent d'une faille majeure dans la Charte des Nations Unies, laquelle fut adoptée et signée à San Francisco, le 26 juin 1945.

En effet, on retrouve dans la Charte de l'ONU, un droit de veto accordé aux cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), lequel compte dix autres membres non-permanents. Il suffit qu'un seul membre permanent émette un vote négatif (droit de veto), pour qu'une résolution du Conseil pour le maintien de la paix soit rejetée. (Article 27 de la Charte).

Dans les faits, cette disposition permet à un pays-membre permanent de lancer une guerre d'agression contre un autre pays (ou de protéger un pays non-membre permanent de le faire), sans que les dispositions prévues de la Charte pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales ne s'appliquent.

Or, ironiquement de nos jours, c'est un des membres fondateurs de l'ONU, i.e. les États-Unis sous le gouvernement de Donald Trump, qui a le plus souvent recours à son droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU pour lancer impunément des guerres d'agression à travers le monde.

Cela ne signifie nullement que le gouvernement étasunien, signataire de la Charte des Nations Unis, n'est pas tenu de respecter l'esprit et la lettre de son Article 2.4, lequel enjoint tous les pays-membres de s'abstenir, « dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

Cependant, si un gouvernement d'un des cinq pays-membres permanents du Conseil de Sécurité est de mauvaise foi, il peut recourir à son droit de veto pour contourner les principes fondamentaux de l'ONU.

I) L'ONU peut, en pratique, être bloquée dans sa mission de paix dans le monde

La dernière guerre d'agression en date que la Charte des Nations n'a pas pu arrêter est la guerre conjointe que les gouvernements américain et israélien ont lancé contre le pays de l'Iran, le samedi 28 février 2026.

En effet, c'est à cette date qu'une campagne de bombardements militaires non provoquée et illégale contre l'Iran a été lancée, au mépris du droit international, par le président étasunien Donald Trump et par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Cette guerre régionale pourrait ouvrir une boîte de Pandore d'où pourraient découler toutes sortes de malheurs.

L'histoire montre que ce n'est pas toujours le pays qui déclenche une guerre qui la termine. Dans ce cas précis, le gouvernement israélien semble avoir un plan militaire, régional et discutable à long terme, mais l'administration Trump semble avoir été poussée dans cette guerre improvisée par des considérations partisanes à court terme, sans aucune planification à moyen et long terme.

De plus, selon un sondage Reuters/Ipsos récent, le peuple américain s'oppose fortement, à hauteur de 59 pour cent, à la guerre illégale de Donald Trump contre l'Iran, menée sans motifs, ni objectifs clairs. De même, le taux d'approbation du président américain est au niveau historiquement bas de 36 pour cent, et est en chute à mesure que de plus en plus d'Américains prennent connaissance de ce qui se passe réellement.

Jusqu'à présent, cette guerre a tué plus de 3 230 personnes, y compris plus de 175 écolières et membres du personnel scolaire innocents, lesquels ont perdu la vie lors d'une frappe directe américaine contre une école de jeunes filles à Minab, dans le sud de l'Iran. Elle se traduit par beaucoup de destruction. Selon le groupe de défense des droits HRANA, basé aux États-Unis, plus de 1 500 civils, dont 236 enfants, ont été tués en Iran depuis le début des bombardements américano-israéliens, le 28 février 2026.

II) Conséquences économiques et financières

Les dommages économiques sont énormes, avec des pénuries énergétiques à travers le monde, et une hausse des prix et des taux d'intérêt, cette dernière provoquant de violentes chutes des marchés financiers.

En effet, la guerre israélo-américaine-iranienne rend le Japon tout particulièrement vulnérable parmi les économies industrialisées, car ce pays importe 95 pour cent de son pétrole du Moyen-Orient, et ne produit que 3 pour cent de sa consommation intérieure de pétrole. Une telle situation exerce une pression à la baisse sur le yen, contraignant la Banque centrale du Japon à vendre des bons du Trésor américain pour obtenir les liquidités nécessaires au soutien de sa monnaie.

Cela pourrait causer un effet de dominos résultant en une crise économique et financière mondiale majeure. En effet, lorsque les taux d'intérêt américains à 10 ans sont en hausse avec les ventes d'obligations américaines, en même temps qu'il se produit une flambée mondiale des prix du pétrole, cette dernière alimente l'inflation dans nombreux pays et fait chuter les marchés financiers. Un freinage généralisé de l'activité économique s'en suit nécessairement. Le résultat global pourrait être une sérieuse récession économique mondiale, voire pire.

III) Le rôle joué par Donald Trump dans le désordre actuel aux États-Unis et dans le monde

Depuis qu'il a été élu à la présidence américaine, en 2016, le magnat Donald Trump a démontré qu'il était un politicien autocratique, impulsif et retors, qui a souvent des crises incontrôlées de colère.

En effet, depuis son arrivée à la Maison blanche, il a été un créateur de chaos et de destruction systématique. Il a souvent recours à des attaques verbales, économiques et militaires, tant à l'étranger qu'à l'intérieur de son pays. Dans ce dernier cas, la police intérieure ICE, qui rappelle par ses tactiques la Gestapo nazie, continue d'ouvrir de nouveaux camps de concentration.

Donald Trump fait souvent preuve également de malhonnêteté intellectuelle, étant un menteur pathologique qui invente des choses de toutes pièces, pour se glorifier et pour humilier, intimider ou déstabiliser toute personne qui s'oppose à lui. Les gens doivent être sur leurs gardes, car la plupart du temps quand le politicien D. Trump ouvre la bouche, il ment.

De plus, Donald Trump est un homme politique au passé très controversé. Il s'est révélé être un belliciste, un tyran et un prédateur. Sans grands surprise, une fois au gouvernement, il s'est appliqué à transposer en politique les pratiques prédatrices et autocratiques qu'il avait développées dans sa vie d'homme d'affaires de constructeur d'hôtels, de casinos et de terrains de golf.

Donald Trump est aussi un individu avec une longue liste de méfaits. En réalité, son dossier est de facto celui d'un escroc, condamné à de nombreuses occasions au criminel.

En effet, selon l'encyclopédie Wikipédia, l'homme d'affaires en immobilier Donald Trump, dans ses affaires privées et juridiques personnelles, entre 1973 et 2016, (date de sa première élection à la présidence des États-Unis), a été impliqué dans plusieurs milliers d'affaires judiciaires, allant de litiges commerciaux multiples à des procès en diffamation, en passant par des contestations fiscales et des affaires intensives d'inconduite sexuelle.

En outre, une fois au pouvoir, Donald Trump a systématiquement abusé du prétexte de 'pouvoirs d'urgence' pour violer la Constitution américaine. Il sape fréquemment le fonctionnement des tribunaux en s'attaquant aux juges qui statuent contre ses penchants autocratiques. Il a joué aussi un rôle important dans l'assaut du Capitol du 6 janvier 2021, et il a tenté d'invalider illégalement les résultats de l'élection présidentielle de 2020. En d'autres termes, Donald Trump est une menace pour les institutions américaines.

À cela s'ajoutent les nombreuses accusations pour fraudes et pour corruption portées contre lui, dont celle d'avoir accepté un cadeau du gouvernement qatari : un Boeing 747 de luxe d'une valeur de 400 millions de dollars, sans oublier la manipulation des marchés financiers par des investisseurs près du pouvoir et bénéficiant manifestement d'informations privilégiées. Et la liste s'allonge de jour en jour.

— À tout prendre, D. Trump est un politicien vulgaire et qui n'a pas de classe : il est souvent malveillant, mesquin et odieux, quand il menace de bloquer l'ouverture d'un nouveau pont ou qu'il se réjouit honteusement de la mort d'une personne.

En fait, Trump ne projette pas l'image d'un chef d'État compétent et légitime, mais plutôt celle d'un chef de mafia, qui lance constamment des ultimatums agressifs qu'on ne peut refuser.

· La dissimulation illégale des dossier Epstein se poursuit

Pendant tout ce temps, le gouvernement Trump poursuit activement son opération de dissimulation du rôle de l'intéressé dans le scandale politico-sexuel de J. Epstein, lequel a réduit en esclavage plus d'un millier de jeunes filles mineures originaires de différents pays, dans un réseau international de pédophilie, au service de personnes riches et influentes et impliquant certains services de renseignements.

Il s'agit également d'un réseau international de trafic sexuel qui a reçu plus d'un milliard de dollars de diverses sources.

Tout cela est à peine connu, en violation flagrante d'une loi adoptée à la quasi-unanimité par le Congrès étasunien, la « Loi sur la transparence des dossiers Epstein », et promulguée le 18 novembre 2025, laquelle exige que le gouvernement Trump rende public l'intégralité des documents contenus dans les dossiers Epstein, ce qui est loin d'avoir été fait.

IV) Comment un candidat aussi peu préparé que D. Trump a-t'il pu être élu à la présidence des États-Unis ?

Les historiens de l'avenir s'interrogeront sans doute sur les circonstances politiques et économiques particulières qui ont pu permettre à l'homme d'affaires Donald Trump d'être élu président des États-Unis.

En effet, comment un candidat aussi peu recommandable, condamné au criminel pour 34 chefs d'accusation de félonie, doté d'un caractère instable qui parfois frôle la démence, en plus d'être un individu impliqué dans le réseau international de prostitution de jeunes filles mineures de J. Epstein, son voisin et ami pendant quinze ans en Floride, a pu se hisser au poste de président des États-Unis ?

De même, les historiens auront sans doute du mal à expliquer comment Donald Trump a pu se maintenir au pouvoir pendant tant d'années, (2017-2021 et 2025-2026) sans être destitué pour cause, conformément à l'un ou l'autre des deux articles de la constitution américaine prévus à cet effet :

· Art.II, sec 4 : (« Le président des États-Unis sera destitué de ses fonctions en cas de mise en accusation et de condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits graves. »).

· Le 25e amendement : (« Lorsque le vice-président et la majorité des principaux responsables des départements exécutifs transmettent...au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des Représentants une déclaration écrite attestant que le président est incapable d'exercer les pouvoirs et les fonctions de sa charge, le vice-président assume immédiatement les pouvoirs et les fonctions de la charge en qualité de président par intérim. »).

Ce sont les deux articles qui ont été conçus expressément pour destituer un président qui a perdu les pédales.

Or, côté santé, il semble de plus en plus que Donald Trump, 79 ans, se fait traiter présentement pour la maladie d'Alzheimer et la démence, comme son père. Les membres du Congrès américain doivent en prendre note.

Ces derniers mois, en effet, Donald Trump est devenu un électron libre et une véritable menace mondiale. Il s'est lancé dans des guerres insensées à travers le monde.

Non seulement il a attaqué militairement le Venezuela pour mettre la main sur ses ressources pétrolières et il a déclenché une nouvelle guerre d'agression anticonstitutionnelle et déstabilisatrice contre l'Iran, avec aussi une intention manifeste de contrôler les réserves de pétrole de ce pays, mais il s'est aussi abaissé jusqu'à imposer, tel un tyran cruel, un embargo pétrolier illégal à Cuba, un petit pays en manque de carburant de d'électricité.

Conclusion

Selon de nombreux médecins, des neuroscientifiques et des psychiatres, l'homme d'affaires américain Donald Trump, âgé de 79 ans et actuellement président des États-Unis, voit son état de santé physique et mental décliner rapidement et même s'aggraver de jour en jour. Cela rend Donald Trump non seulement malade, mais aussi inapte à diriger un gouvernement, quel qu'il soit.

En effet, le comportement douteux et curieux du président américain en exercice, ses propos improvisés et ses insultes à tout-va, ainsi que ses politiques perturbatrices et parfois carrément idiotes, indiquent qu'il est trop incompétent et trop dangereux pour exercer la fonction de président des États-Unis.

De plus, son ignorance généralisée le pousse à changer constamment d'avis, ce qui l'amène à improviser et à modifier sans cesse ses positions, au gré de ses interlocuteurs. Ses politiques macroéconomiques, insensées et improvisées, ont été condamnées par la quasi-totalité des économistes qualifiés, tandis que ses raisons invoquées pour lancer illégalement des guerres arrogantes, destructrices et coûteuses contre d'autres pays ont été fortement critiquées.

Le chaos politique, économique et militaire actuel dans le monde est largement imputable à Donald Trump et à ses interventions débridées. Cela annonce non seulement des catastrophes humanitaires, mais aussi une grave récession économique mondiale. Cela présage également un déclin important de la réputation des États-Unis dans le monde.

Par conséquent, les membres élus du Congrès américain, et en particulier la majorité républicaine à la Chambre des représentants et au Sénat, devraient prendre des mesures concrètes pour mettre un terme au cirque politique quotidien de Donald Trump.

Ils devraient l'empêcher de concentrer tous les pouvoirs politiques entre ses mains, en violation flagrante de la Constitution américaine, et l'arrêter de lancer des guerres d'agression et des attaques économiques anticonstitutionnelles contre d'autres pays.

De plus, comme l'a clairement statué le tribunal de Nuremberg, les officiers militaires ont la responsabilité de ne pas obéir à des ordres illégaux de commettre des crimes de guerre et des atrocités.

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Mis en ligne mercredi, le 3 avril 2026.

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Mercredi, le 11 mars 2026

Les véritables raisons derrière les bombardements américains et israéliens de l'Iran et les conséquences prévisibles

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Sans débat, sans critique, aucun gouvernement, aucun pays ne peut réussir, et aucune démocratie ne peut survivre. C'est pourquoi le législateur athénien Solon a dit que refuser la controverse était un crime pour tout citoyen. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par le 1er Amendement — la seule activité aux États-Unis spécifiquement protégée par la Constitution — non pas principalement pour amuser et divertir, non pas pour mettre l'accent sur le futile et le sentimental, non pas pour simplement 'donner au public ce qu'il veut', mais pour informer, éveiller les consciences, faire réfléchir, exposer nos dangers et nos opportunités, indiquer nos crises et nos choix, guider, façonner, éduquer et parfois même indigner l'opinion publique. » John F. Kennedy (1917-1963), 35e président des États-Unis, 1961-1963, (discours devant l'Association américaine des éditeurs de journaux, le 27 avril 1961).

« La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable... Face à la possibilité d'une tragédie aux proportions énormes, j'adresse... un appel sincère à assumer la responsabilité morale d'arrêter la spirale de la violence avant qu'elle ne devienne un gouffre irréparable.» Pape Léon XIV (1955- ), (paroles prononcées sur la place Saint-Pierre, dimanche 2 mars 2026, suite aux attaques militaires illégales menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui ont notamment coûté la vie à l'ayatollah Ali Khamenei).

« Notre priorité, c'est l'Amérique. Nous remplacerons notre politique de guerrede changement de régime et de reconstruction nationale par la défense des intérêts américains... Il incombe à nos militaires de protéger notre sécurité, et non de jouer les gendarmes du monde entier. » Donald Trump (1946- ), candidat républicain à la présidentielle américaine, en 2024.

« Le temps viendra où tu apprendras à juger par toi-même de ce qui se passe dans le monde, sans te fier aux ragots d'autrui. Ne crois rien de ce que tu entends, et seulement la moitié de ce que tu vois. » Edgar Allan Poe (1809-1849), écrivain américain (dans sa nouvelle "The Système of Dr. Tarr and Prof. Fether", 1845).

Le samedi 28 février 2026, l'administration Trump des États-Unis et le gouvernement israélien de Netanyahu ont lancé des attaques de missiles conjointes, non provoquées et illégales, contre l'Iran (93 millions d'habitants), sur la base de motifs changeants, faux ou non prouvés. Ces attaques militaires ont déclenché un conflit élargi au Moyen-Orient et provoqué d'importantes perturbations économiques mondiales, et pourraient dégénérer en une troisième guerre mondiale.

À ce jour, on dénombre presque 2 000 morts, dont le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei et plus de 175 écolières âgées de 7 à 12 ans et leurs enseignantes, dont l'école Tayyebeh de filles, située dans la ville de Minab dans le sud de l'Iran a été entièrement détruite par un missile américain. De tels actes de barbarie pourraient donner lieu, un jour à des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Plus souvent qu'autrement, les grands médias américains essaient rarement d'aller au-delà du discours officiel et de la propagande, lorsqu'ils ne les renforcent pas. Il leur est plus facile, à quelques exceptions notables près, de reproduire littéralement les mensonges et les omissions du gouvernement et d'ignorer les méfaits des politiciens, tant au pays qu'à l'étranger, surtout ceux qu'ils font à l'étranger et qui se prêtent à des élans de patriotisme.

Cependant, c'est un fait que les guerres d'agression sont expressément illégales au regard de l'article 39 de la Charte des Nations Unies, signée par les États-Unis et Israël. [Le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.]

Par contre, c'est également une réalité que le gouvernement américain a utilisé son droit de veto plus de 50 fois au Conseil de sécurité de l'ONU, composé de 15 membres, afin d'accorder une protection diplomatique et juridique à Israël pour ses crimes et violations de la Charte de l'ONU.

Récemment, le 18 septembre 2025, l'administration Trump a opposé son veto pour la sixième fois à une résolution du Conseil de sécurité, exigeant un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne de Gaza et la levée par Israël de toutes les restrictions à l'aide humanitaire pour ses habitants. C'est tout comme si Israël était le 6e pays à avoir un droit de veto au Conseil de sécurité !

Il est difficile de savoir si ce sont Israël et les importants donateurs politiques sionistes aux États-Unis qui contrôlent le gouvernement américain, ou si c'est le gouvernement américain qui instrumentalise Israël dans le cadre de sa politique étrangère au Moyen-Orient.

I) Les liens étroits du président Donald Trump avec Israël et les riches sionistes sont un danger pour les États-Unis et pour le monde

Le soutien financier considérable apporté à l'homme politique Donald Trump par de riches sionistes américains est un fait avéré. Durant l'élection présidentielle américaine de 2016 et le premier mandat de Donald Trump, le super riche propriétaire de casinos Sheldon Adelson aurait, selon Newsweek, versé plus de 424 millions de dollars à la campagne du candidat républicain. Après le décès d'Adelson en 2021, selon Forbes News, sa veuve, Miriam Sheldon, a donné 95 millions de dollars au comité d'action politique (PAC) pro-Trump "Preserve America".

En effet, depuis son arrêt controversé 'Citizens United v. FEC' de janvier 2010, la Cour suprême des États-Unis a considérablement ouvert la voie à des dépenses électorales quasi illimitées de la part de particuliers très fortunés, d'entreprises ou de syndicats.

Il est ainsi devenu plus facile pour les lobbyistes et les groupes d'intérêts privés de faire élire des candidats à de hautes fonctions aux États-Unis, et de s'assurer que les élus sont réceptifs à leurs demandes de baisses d'impôts, de déréglementation et de dépenses publiques ciblées, notamment dans le domaine militaire, entre autres.

C'est un pouvoir dont dispose quotidiennement la riche oligarchie américaine, tandis que les Américains ordinaires ne peuvent exercer une influence que lorsqu'ils vont voter tous les deux ans... s'ils estiment que cela vaut encore la peine de se déplacer.

II) Les élections américaines à l'ère du gros argent facile

Les élections américaines n'ont plus grande importance, car le véritable enjeu est de savoir quel parti politique parviendra à soutirer le plus d'argent aux plus riches et de prétendre défendre les classes moyennes et populaires contre les plus riches.

C'est précisément ce qu'a fait le magnat de l'immobilier Donald Trump lors des trois dernières campagnes électorales. Il a amassé des sommes colossales d'argent auprès de très riches Américains et il a eu recours à des mensonges et à de fausses promesses pour leurrer les électeurs aux revenus plus modestes.

III) Le gouvernement israélien, D. Trump et le scandale du réseau pédophile international d'Epstein

L'histoire récente montre que des conseillers néoconservateurs ont tenté avec succès de persuader certains présidents en exercice, impopulaires dans les sondages, de lancer une guerre d'agression illégale à l'étranger, afin d'attiser le patriotisme parmi la partie la moins informée de l'électorat et de remonter dans les sondages.

À l'instar de George W. Bush qui décida de lancer une guerre d'agression contre l'Irak, en mars 2003, (sous de faux prétextes), Donald Trump pourrait également croire, en 2026, qu'une nouvelle guerre contre l'Iran lui permettra de remonter dans les sondages et de hausser son soutien auprès des membres républicains au Congrès étasunien. De plus, cela pourrait du même coup l'aider à noyer son implication dans le scandale politico-sexuel d'Épstein sous un barrage de nouvelles de guerre.

En effet, maintenant que des dossiers Epstein, que l'on dit avoir été «dissimulés par erreur», et d'autres documents du FBI concernant la pédo-criminalité de Donald Trump avec de jeunes filles en bas âge, ont enfin été rendus publics, cela pourrait expliquer pourquoi l'actuel président américain souhaite adopter la posture d'un 'commandant en chef', et pourquoi il fait tout son possible pour dissimuler son implication dans le scandale sexuel du siècle, en lançant des attaques militaires multiples contre d'autres pays.

Il s'avère aussi que d'autres documents Epstein relatifs au réseau international d'exploitation sexuelle de mineures révèlent qu'il s'agissait également d'une façade pour compromettre, faire chanter et rançonner un groupe influent de politiciens et de riches personnalités dans un nombre de pays, et cela, avec l'aide d'Israël et de personnes liées à ses services de renseignement et à d'autres agences de renseignements.

Il faudra encore beaucoup de temps, peut-être même des années, avant que toutes les facettes de la saga Epstein et ses conséquences ne soit dévoilées et jugées.

Conclusion

La guerre d'agression lancée contre l'Iran, le samedi 28 février dernier, conjointement par les deux gouvernements américain et israélien, au mépris du droit international, est un autre de ces débordements militaires qui menacent la paix mondiale et l'ordre mondial, créent le chaos et qui violent la souveraineté des nations et déstabilisent l'économie mondiale.

Cependant, sans la participation militaire active du gouvernement étasunien de Donald Trump et sa défense d'Israël au Conseil de sécurité de l'ONU, une telle attaque militaire non provoquée contre l'Iran, laquelle pourrait dégénérer en un conflit militaire mondial, n'aurait pas pu se produire ou n'aurait pas eu la même portée.

En effet, après seulement une année et quelques mois au pouvoir, c'est tout comme si quelqu'un avait suggéré à Donald Trump, au début de son deuxième mandat, le projet démentiel de tout détruire, (la démocratie américaine, la paix mondiale, le commerce international, etc.), et que cela serait bon pour sa gloriole personnelle !

D'une part, au plan intérieur, Trump a violé son serment d'office en imposant une administration autocratique, au mépris de la constitution américaine et en défiance des pouvoirs constitutionnels du Congrès élu.

D'autre part, au plan extérieur, Donald Trump a proféré des menaces dignes d'un chef de mafia et lancé des attaques militaires illégales contre de nombreux pays, dans sa quête délirante d'une domination mondiale. Il a, en plus, adopté des politiques économiques déstabilisantes qui ont été dénoncées par la très grande majorité des économistes.

Les conséquences sont visibles aux yeux de tous : 1- une grande division politique règne présentement aux États-Unis avec des citoyens tués en exerçant leur simple droit de manifester ; et 2- l'économie mondiale pourrait revenir cent ans en arrière et sombrer dans une autre dépression économique mondiale, comme celle et 1929-1939.

Dans un tel contexte de chaos intérieur et extérieur généralisé, tant au plan politique qu'économique et militaire, il devrait être la responsabilité première des élus démocrates et républicains du Congrès américain de poser des gestes concrets afin de mettre un terme à la dérive autoritaire désastreuse qui sévit présentement dans leur pays.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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