Mercredi, le 11 mars 2026

Les véritables raisons derrière les bombardements américains et israéliens de l'Iran et les conséquences prévisibles

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Sans débat, sans critique, aucun gouvernement, aucun pays ne peut réussir, et aucune démocratie ne peut survivre. C'est pourquoi le législateur athénien Solon a dit que refuser la controverse était un crime pour tout citoyen. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par le 1er Amendement — la seule activité aux États-Unis spécifiquement protégée par la Constitution — non pas principalement pour amuser et divertir, non pas pour mettre l'accent sur le futile et le sentimental, non pas pour simplement 'donner au public ce qu'il veut', mais pour informer, éveiller les consciences, faire réfléchir, exposer nos dangers et nos opportunités, indiquer nos crises et nos choix, guider, façonner, éduquer et parfois même indigner l'opinion publique. » John F. Kennedy (1917-1963), 35e président des États-Unis, 1961-1963, (discours devant l'Association américaine des éditeurs de journaux, le 27 avril 1961).

« La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable... Face à la possibilité d'une tragédie aux proportions énormes, j'adresse... un appel sincère à assumer la responsabilité morale d'arrêter la spirale de la violence avant qu'elle ne devienne un gouffre irréparable.» Pape Léon XIV (1955- ), (paroles prononcées sur la place Saint-Pierre, dimanche 2 mars 2026, suite aux attaques militaires illégales menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui ont notamment coûté la vie à l'ayatollah Ali Khamenei).

« Notre priorité, c'est l'Amérique. Nous remplacerons notre politique de guerrede changement de régime et de reconstruction nationale par la défense des intérêts américains... Il incombe à nos militaires de protéger notre sécurité, et non de jouer les gendarmes du monde entier. » Donald Trump (1946- ), candidat républicain à la présidentielle américaine, en 2024.

« Le temps viendra où tu apprendras à juger par toi-même de ce qui se passe dans le monde, sans te fier aux ragots d'autrui. Ne crois rien de ce que tu entends, et seulement la moitié de ce que tu vois. » Edgar Allan Poe (1809-1849), écrivain américain (dans sa nouvelle "The Système of Dr. Tarr and Prof. Fether", 1845).

Le samedi 28 février 2026, l'administration Trump des États-Unis et le gouvernement israélien de Netanyahu ont lancé des attaques de missiles conjointes, non provoquées et illégales, contre l'Iran (93 millions d'habitants), sur la base de motifs changeants, faux ou non prouvés. Ces attaques militaires ont déclenché un conflit élargi au Moyen-Orient et provoqué d'importantes perturbations économiques mondiales, et pourraient dégénérer en une troisième guerre mondiale.

À ce jour, on dénombre presque 2 000 morts, dont le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei et plus de 175 écolières âgées de 7 à 12 ans et leurs enseignantes, dont l'école Tayyebeh de filles, située dans la ville de Minab dans le sud de l'Iran a été entièrement détruite par un missile américain. De tels actes de barbarie pourraient donner lieu, un jour à des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Plus souvent qu'autrement, les grands médias américains essaient rarement d'aller au-delà du discours officiel et de la propagande, lorsqu'ils ne les renforcent pas. Il leur est plus facile, à quelques exceptions notables près, de reproduire littéralement les mensonges et les omissions du gouvernement et d'ignorer les méfaits des politiciens, tant au pays qu'à l'étranger, surtout ceux qu'ils font à l'étranger et qui se prêtent à des élans de patriotisme.

Cependant, c'est un fait que les guerres d'agression sont expressément illégales au regard de l'article 39 de la Charte des Nations Unies, signée par les États-Unis et Israël. [Le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.]

Par contre, c'est également une réalité que le gouvernement américain a utilisé son droit de veto plus de 50 fois au Conseil de sécurité de l'ONU, composé de 15 membres, afin d'accorder une protection diplomatique et juridique à Israël pour ses crimes et violations de la Charte de l'ONU.

Récemment, le 18 septembre 2025, l'administration Trump a opposé son veto pour la sixième fois à une résolution du Conseil de sécurité, exigeant un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne de Gaza et la levée par Israël de toutes les restrictions à l'aide humanitaire pour ses habitants. C'est tout comme si Israël était le 6e pays à avoir un droit de veto au Conseil de sécurité !

Il est difficile de savoir si ce sont Israël et les importants donateurs politiques sionistes aux États-Unis qui contrôlent le gouvernement américain, ou si c'est le gouvernement américain qui instrumentalise Israël dans le cadre de sa politique étrangère au Moyen-Orient.

I) Les liens étroits du président Donald Trump avec Israël et les riches sionistes sont un danger pour les États-Unis et pour le monde

Le soutien financier considérable apporté à l'homme politique Donald Trump par de riches sionistes américains est un fait avéré. Durant l'élection présidentielle américaine de 2016 et le premier mandat de Donald Trump, le super riche propriétaire de casinos Sheldon Adelson aurait, selon Newsweek, versé plus de 424 millions de dollars à la campagne du candidat républicain. Après le décès d'Adelson en 2021, selon Forbes News, sa veuve, Miriam Sheldon, a donné 95 millions de dollars au comité d'action politique (PAC) pro-Trump "Preserve America".

En effet, depuis son arrêt controversé 'Citizens United v. FEC' de janvier 2010, la Cour suprême des États-Unis a considérablement ouvert la voie à des dépenses électorales quasi illimitées de la part de particuliers très fortunés, d'entreprises ou de syndicats.

Il est ainsi devenu plus facile pour les lobbyistes et les groupes d'intérêts privés de faire élire des candidats à de hautes fonctions aux États-Unis, et de s'assurer que les élus sont réceptifs à leurs demandes de baisses d'impôts, de déréglementation et de dépenses publiques ciblées, notamment dans le domaine militaire, entre autres.

C'est un pouvoir dont dispose quotidiennement la riche oligarchie américaine, tandis que les Américains ordinaires ne peuvent exercer une influence que lorsqu'ils vont voter tous les deux ans... s'ils estiment que cela vaut encore la peine de se déplacer.

II) Les élections américaines à l'ère du gros argent facile

Les élections américaines n'ont plus grande importance, car le véritable enjeu est de savoir quel parti politique parviendra à soutirer le plus d'argent aux plus riches et de prétendre défendre les classes moyennes et populaires contre les plus riches.

C'est précisément ce qu'a fait le magnat de l'immobilier Donald Trump lors des trois dernières campagnes électorales. Il a amassé des sommes colossales d'argent auprès de très riches Américains et il a eu recours à des mensonges et à de fausses promesses pour leurrer les électeurs aux revenus plus modestes.

III) Le gouvernement israélien, D. Trump et le scandale du réseau pédophile international d'Epstein

L'histoire récente montre que des conseillers néoconservateurs ont tenté avec succès de persuader certains présidents en exercice, impopulaires dans les sondages, de lancer une guerre d'agression illégale à l'étranger, afin d'attiser le patriotisme parmi la partie la moins informée de l'électorat et de remonter dans les sondages.

À l'instar de George W. Bush qui décida de lancer une guerre d'agression contre l'Irak, en mars 2003, (sous de faux prétextes), Donald Trump pourrait également croire, en 2026, qu'une nouvelle guerre contre l'Iran lui permettra de remonter dans les sondages et de hausser son soutien auprès des membres républicains au Congrès étasunien. De plus, cela pourrait du même coup l'aider à noyer son implication dans le scandale politico-sexuel d'Épstein sous un barrage de nouvelles de guerre.

En effet, maintenant que des dossiers Epstein, que l'on dit avoir été «dissimulés par erreur», et d'autres documents du FBI concernant la pédo-criminalité de Donald Trump avec de jeunes filles en bas âge, ont enfin été rendus publics, cela pourrait expliquer pourquoi l'actuel président américain souhaite adopter la posture d'un 'commandant en chef', et pourquoi il fait tout son possible pour dissimuler son implication dans le scandale sexuel du siècle, en lançant des attaques militaires multiples contre d'autres pays.

Il s'avère aussi que d'autres documents Epstein relatifs au réseau international d'exploitation sexuelle de mineures révèlent qu'il s'agissait également d'une façade pour compromettre, faire chanter et rançonner un groupe influent de politiciens et de riches personnalités dans un nombre de pays, et cela, avec l'aide d'Israël et de personnes liées à ses services de renseignement et à d'autres agences de renseignements.

Il faudra encore beaucoup de temps, peut-être même des années, avant que toutes les facettes de la saga Epstein et ses conséquences ne soit dévoilées et jugées.

Conclusion

La guerre d'agression lancée contre l'Iran, le samedi 28 février dernier, conjointement par les deux gouvernements américain et israélien, au mépris du droit international, est un autre de ces débordements militaires qui menacent la paix mondiale et l'ordre mondial, créent le chaos et qui violent la souveraineté des nations et déstabilisent l'économie mondiale.

Cependant, sans la participation militaire active du gouvernement étasunien de Donald Trump et sa défense d'Israël au Conseil de sécurité de l'ONU, une telle attaque militaire non provoquée contre l'Iran, laquelle pourrait dégénérer en un conflit militaire mondial, n'aurait pas pu se produire ou n'aurait pas eu la même portée.

En effet, après seulement une année et quelques mois au pouvoir, c'est tout comme si quelqu'un avait suggéré à Donald Trump, au début de son deuxième mandat, le projet démentiel de tout détruire, (la démocratie américaine, la paix mondiale, le commerce international, etc.), et que cela serait bon pour sa gloriole personnelle !

D'une part, au plan intérieur, Trump a violé son serment d'office en imposant une administration autocratique, au mépris de la constitution américaine et en défiance des pouvoirs constitutionnels du Congrès élu.

D'autre part, au plan extérieur, Donald Trump a proféré des menaces dignes d'un chef de mafia et lancé des attaques militaires illégales contre de nombreux pays, dans sa quête délirante d'une domination mondiale. Il a, en plus, adopté des politiques économiques déstabilisantes qui ont été dénoncées par la très grande majorité des économistes.

Les conséquences sont visibles aux yeux de tous : 1- une grande division politique règne présentement aux États-Unis avec des citoyens tués en exerçant leur simple droit de manifester ; et 2- l'économie mondiale pourrait revenir cent ans en arrière et sombrer dans une autre dépression économique mondiale, comme celle et 1929-1939.

Dans un tel contexte de chaos intérieur et extérieur généralisé, tant au plan politique qu'économique et militaire, il devrait être la responsabilité première des élus démocrates et républicains du Congrès américain de poser des gestes concrets afin de mettre un terme à la dérive autoritaire désastreuse qui sévit présentement dans leur pays.

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 : rodrigue.tremblay1@gmail.com

Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

Site internet de l'auteur : http://rodriguetremblay.blogspot.com

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Mis en ligne mercredi, le 11 mars 2026.

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Jeudi, le 12 février 2026

Des changements à venir dans le système monétaire international et une dédollarisation, dans un contexte de hauts niveaux d'endettement (dettes publiques et privées)

Par professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal


« Lorsque chaque pays mit l'accent sur la protection de ses propres intérêts particuliers, l'intérêt public mondial s'est effondré, et avec lui les intérêts particuliers de tous. » Charles Kindleberger (1910-2003), historien économique américain, (dans son livre 'La dépression économique mondiale, 1929-1939', 1973.

« Nous faisons présentement face à une rupture, pas à une transition... Plus récemment, les grandes puissances ont commencé à utiliser l'intégration économique comme une arme. Les tarifs comme levier. L'infrastructure financière comme coercition. Les chaînes d'approvisionnement comme des vulnérabilités à exploiter. Vous ne pouvez pas vivre dans le mensonge du bénéfice mutuel grâce à l'intégration lorsque l'intégration devient la source de votre subordination... Si nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu. » Mark Carney (1965- ), économiste et Premier ministre du Canada, à Davos, en Suisse, le 20 janvier 2026.

« Pendant la Grande Dépression, au cours de laquelle j'ai grandi et dont je me souviens encore très clairement, le taux de chômage dépassait 25%, et dans ma région, il atteignait même plus de 35%. Un homme pouvait travailler 16 heures par jour pour seulement un dollar. Je me souviens de centaines de personnes qui passaient devant chez nous, venues du nord pour trouver un peu de chaleur. Ils venaient mendier à notre porte, même s'ils avaient fait des études supérieures. Les gens n'avaient pas d'argent. » Jimmy Carter (1924-2024), 39e président américain, (lors d'une entrevue dans le journal St. Louis Post-Dispatch, le 4 février, 2009.

Un an avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les représentants d'une quarantaine de pays se sont réunis dans une ville américaine du New Hampshire et coopérèrent à la mise en place d'un nouveau système monétaire international fondé sur le dollar américain, convertible en un poids fixe d'or. (Note: les États-Unis possédaient alors 70% des réserves mondiales d'or.)

Ce système a perduré pendant 27 ans, pendant presque trois décennies de forte croissance économique mondiale, soit jusqu'en 1971, date à laquelle l'administration républicaine de Richard Nixon rompit unilatéralement le lien entre l'or et le dollar, faisant de ce dernier une monnaie fiduciaire, c'est-à-dire une monnaie entièrement basée sur la confiance accordée aux autorités monétaires américaines pour maintenir sa valeur relative.

Cinquante-cinq ans plus tard, en 2026, le monde est à nouveau confronté à la nécessité d'adapter le système monétaire international à de nouvelles réalités, mais sans la moindre coopération internationale. Au contraire, la présente administration Trump 2.0 n'a aucun scrupule à insulter, à provoquer et parfois même à menacer des pays alliés qui sont créanciers publics et privés du gouvernement fédéral américain. Attaquer ses prêteurs n'est pas généralement la chose la plus intelligente à faire !

I- Qu'est-ce que le système monétaire de Bretton Woods

Depuis la conférence de Bretton Woods de juillet 1944, 44 pays s'étaient accordés sur le principe que le dollar américain serait la principale monnaie internationale dans le système monétaire international d'après-guerre. Il devait cependant être adossé à l'or au taux d'un dollar pour 1/35 d'once d'or (une once d'or valant 35 dollars).

Les autres monnaies nationales devaient avoir un taux de change fixe par rapport au dollar étasunien, modifié uniquement en cas de déficits ou de surplus structurels dans leur balance des paiements, sous la surveillance du Fonds monétaire international (FMI), nouvellement créé. Par ailleurs, les banques centrales devaient acheter et détenir principalement des bons du Trésor américain dans leurs réserves officielles afin d'avoir les liquidités nécessaires pour stabiliser leurs monnaies.

II- Les raisons pour lesquelles un système monétaire international ancré sur un dollar fiduciaire a procuré aux États-Unis des avantages économiques exorbitants

Depuis de nombreuses années, le système monétaire international basé sur le dollar fiduciaire a procuré des privilèges exorbitants aux États-Unis.

En effet, dans un tel système, les États-Unis ne pouvaient pas faire face à un problème de balance des paiements puisqu'ils payaient leurs importations avec leur propre monnaie, qu'ils pouvaient imprimer à volonté.

Ce système a permis également au gouvernement américain de financer une partie de ses importants déficits budgétaires et de son énorme dette publique en vendant des bons et des obligations du Trésor libellés en dollars américains à des banques centrales étrangères, qui les détenaient comme réserves officielles, et à d'autres investisseurs étrangers.

Ces entrées nettes de capitaux créèrent une demande structurelle qui renforça le dollar américain sur les marchés des changes et apportèrent un soutien à la Réserve fédérale dans sa lutte contre l'inflation intérieure.

D'un point de vue géopolitique, un tel accès facile à l'épargne étrangère et aux dépenses en dollars a permis au gouvernement étasunien de déployer sa puissance militaire à l'échelle mondiale et de financer la construction de quelques 750 bases militaires dans le monde, avec la contribution des pays hôtes,

En contrepartie, l'utilisation d'une monnaie nationale au niveau international présente certains inconvénients pour un pays émetteur. Premièrement, la banque centrale américaine doit tenir compte du rôle international du dollar lors de l'élaboration de sa politique monétaire.

Deuxièmement, les entrées nettes de capitaux aux États-Unis ont maintenu le dollar surévalué et favorisé la consommation intérieure et les déficits commerciaux.

Troisièmement, du point du vue américain, les grandes entreprises américaines ont pu facilement tirer profit de leurs avancées technologiques, et financer des investissements productifs à l'étranger tout en rapatriant leurs profits internationaux au bénéfice des investisseurs américains.

Les critiques se sont cependant intensifiées à l'endroit d'un système monétaire international dominé par le dollar américain, lorsque le gouvernement étasunien se mit à instrumentaliser le système en imposant des sanctions financières, économiques et politiques aux pays qui refusaient de se plier à sa politique étrangère.

Par conséquent, il est prévisible dans les années à venir—et d'autant plus que l'administration Trump actuelle se montre de plus en plus hostile aux intérêts économiques des autres nations—que le monde s'éloigne progressivement d'un système monétaire international basé sur un dollar américain fiduciaire. Cela est d'autant plus probable que le président étasunien D. Trump souhaite ouvertement avoir un dollar déprécié, allant même jusqu'à déclarer qu'un dollar en baisse serait « merveilleux » !

Cependant, la conjugaison d'importants déficits budgétaires annuels et des pressions politiques pour contraindre la banque centrale à imprimer davantage de monnaie afin d'abaisser les taux d'intérêt nominaux à court terme pourrait générer une inflation galopante et une lente croissance économique, et ainsi plonger l'économie dans une longue période de stagflation.

III- Plusieurs banques centrales abaissent la proportion de leurs bons et obligations du Trésor américain dans leurs réserves officielles par rapport à l'or.

En 2025, les banques centrales du monde entier ont franchi un cap important. Pour la première fois en trente ans, en effet, leurs réserves d'or cumulées dans leurs réserves internationales ont dépassé leurs avoirs totaux en bons et obligations du Trésor américain. Ceci s'explique par le fait que le dollar américain est devenu, à travers les ans, une monnaie fiduciaire fortement endettée et soumise à une inflation persistante. Les réserves d'or, quant à elles, constituent une protection contre l'inflation et contre une dépréciation monétaire.

Le fait qu'environ un cinquième de l'or jamais extrait, soit près de 36 200 tonnes, est désormais détenu par les banques centrales est un signe que le monde évolue graduellement vers un système monétaire international davantage basé sur l'or. Ce chiffre n'était que d'environ 15 pourcent en fin 2023.

Les banques centrales se sont détournées des réserves en dollars américains sous la première administration Trump (2017-2021), mais cette diversification s'est accélérée depuis début 2025, sous la seconde administration Trump.

IV- Aux États-Unis et dans d'autres pays, des politiques budgétaires et monétaires délabrées pourraient déclencher une crise financière et un important ralentissement économique

Après la Grande Récession de 2008-2009 et la récession liée à la Covid-19, en 2020-2021, les taux d'intérêt nominaux ont été fortement abaissés, parfois en dessous du taux d'inflation, créant une période de taux d'intérêt réels négatifs. Un tel phénomène a incité les emprunteurs à s'endetter massivement. Les gouvernements, les entreprises et les ménages ont ainsi accumulé de fortes dettes, sans que la croissance économique réelle ni les revenus réels ne suivent.

L'expérience américaine s'est reproduite dans d'autres économies, en Europe et au Canada.

En effet, aux États-Unis, la politique budgétaire du gouvernement Trump est présentement en pleine déroute, avec un déficit fédéral annuel américain de près de 2000 milliards de dollars et un dette publique fédérale approchant les 39 000 milliards de dollars (ou 126% du PIB, en 2026), selon l'horloge d'endettement. Si l'on ajoute les 1000 millards de dollars de dettes publiques des états américains, la dette publique totale des États-Unis atteindra vraisemblablement 40 000 milliards de dollars, soit 129% du PIB, au cours de l'année 2026.

Au lieu de prendre des mesures concrètes afin de corriger une situation budgétaire insoutenable, le gouvernement Trump augmente plutôt les dépenses militaires, tout en voulant placer la Banque de la Réserve fédérale sous son contrôle direct, et tout en exerçant des pressions sur cette dernière pour qu'elle abaisse artificiellement les taux d'intérêt à court terme.

En bout de ligne, cela mine la confiance internationale dans le gouvernement étasunien et incite les autres pays à vendre une partie ou la totalité de leurs obligations et autres actifs libellés en dollars et à réduire leur dépendance vis-à-vis le système monétaire international et le dollar fiduciaire.

Cela contribue aussi à hausser les taux d'intérêt à moyen et à long terme aux É.-U., et à nuire à l'économie réelle, à l'emploi et aux bilans des banques, lesquelles sont confrontées à des défauts croissants de paiement et à des créances irrécouvrables. Tous les éléments pourraient donc se conjuguer pour causer une correction majeure des marchés financiers au cours des mois ou des années à venir, pas seulement aux É.-U. mais dans plusieurs autres économies.

V- Au plan international, les guerres économiques et commerciales du président étasunien présentement en poste sont une source d'instabilité et de ralentissement économique

Depuis le tout début de 2025, la seconde administration du président D. Trump a choisi de provoquer, d'une manière irresponsable, des conflits économiques et des 'guerres commerciales stupides', (voir The Wall Street Journal, 31 jan. 2025) avec les autres pays, y compris contre des pays alliés de longue date. C'est là une approche fort déplorable et très contre-productive.

En une seule année au pouvoir à Washington D.C., le magnat de l'immobilier devenu politicien Donald Trump a réussi à attaquer et à insulter la presque totalité des pays souverains de la Planète.

Il a commencé par antagoniser les pays voisins en Amérique du nord (Canada et Mexique). Il a fait en sorte, ensuite, d'indisposer les pays asiatiques, à commencer par la Chine. Son imagination débordante l'a amené à ressusciter la vieille doctrine Monroe de 1823 afin de se mettre toute l'Amérique du sud à dos, en volant leurs ressources naturelles.

Par après, pour ne pas être en reste, il a bombardé des pays en Afrique et au Moyen-Orient (la Somalie, le Nigéria, l'Iran, etc). Et la cerise sur le gâteau a été quand son document de politique étrangère a identifié les pays alliés de l'Europe dans l'OTAN comme étant des adversaires et menacé de s'emparer du Groenland sous la gouverne du Danemark par la force !

Encore quelques mois du régime Trump 2.0, et les États-Unis n'auront plus qu'un seul pays allié avec eux, Israël, et seront dans une plus ou moins sérieuse coupure avec les 191 autres pays.

Conclusions

On ne connaît pas combien il faudra d'années pour que le monde adopte un nouvel ordre mondial, fondé sur l'implantation d'un nouveau système monétaire international. La raison étant que cette fois-ci, tout se fait dans un contexte conflictuel et dans le désordre, plutôt qu'avec des études, des analyses et une coopération multilatérale.

Le régime politique étasunien de D. Trump semble s'être fixé comme objectif de ruiner la réputation des États-Unis dans le monde et d'accélérer le déclin de l'empire américain.

Toutefois, aux États-Unis, des efforts juridiques, constitutionnels et politiques, visant  à forcer la démission ou la destitution du président actuel, pourraient radicalement changer la trajectoire suivie par l'administration Trump 2.0 depuis janvier 2025.

Cependant, le mal est fait et la confiance dans le gouvernement américain est rompue. Cela signifie que, dans les années à venir, il existera au moins quatre façons de compenser les paiements internationaux : par le biais de l'ancien système basé sur le dollar toujours en place, avec de nouveaux mécanismes utilisant l'euro ou le yuan, et de plus en plus en recourant à la nouvelle monnaie internationale des BRICS, laquelle repose à hauteur de 40% sur l'or et à 60% sur un panier de devises nationales.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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Mis en ligne mardi, le 12 février 2026.

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Jeudi, le 15 janvier 2026

Le bilan d'un an du régime étasunien de Donald Trump : peu de réalisations, mais beaucoup de division, de destruction et d'agression

Par le professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Il est important... que les habitudes de pensée d'un pays libre inspirent la prudence à ceux qui sont chargés de son administration, qu'ils se limitent à leurs sphères constitutionnelles respectives, évitant d'empiéter sur les pouvoirs d'un département dans l'exercice de leurs fonctions. L'esprit d'empiétement tend à consolider les pouvoirs de tous les départements en un seul et à créer ainsi, quelle que soit la forme de gouvernement, un véritable despotisme.» George Washington (1732-1799), un père fondateur et le premier président américain (1789-1797), (dans un discours d'adieu, publié le 19 sept., 1796).

[Jeffrey Epstein] est d'une compagnie très agréable. On dit même qu'il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d'entre elles sont plutôt jeunes... Donald Trump (1946- ), tel que rapporté dans un article dans la revue New York Magazine, le 28 octobre, 2002, "Jeffrey Epstein: international Moneyman of Mystery" .

« Le pouvoir tend à corrompre  et le pouvoir absolu corrompt absolument.» John Dalberg-Acton (1834-1902), historien et moraliste anglais, (dans une lettre à un évêque anglican, 1887).

Comment peut-on évaluer le bilan du régime étasunien de Donald Trump 2.0 quand, au cours de l'année écoulée, le président américain a violé plusieurs lois nationales et internationales et plusieurs traités, et rejeté tous les précédents, toutes les conventions, toutes les coutumes et tout bouleversé !

I- Depuis le 20 janvier 2024, le président américain Donald Trump (1946- ) a fait montre d'un caractère instable et prédateur et d'un jugement douteux

Après un an au pouvoir, l'homme d'affaires Donald Trump n'a pas montré les qualités que la plupart des gens souhaitent voir chez un chef d'État dans une démocratie : compétence, modération, honnêteté, fiabilité, jugement, compassion, humanisme, empathie, responsabilité, stabilité et un respect pour la vie humaine et pour la règle de droit.

Puisque Donald Trump ne semble posséder aucune de ces qualités, son caractère prédateur et violent, son égocentrisme démesuré, son manque d'éthique et de moralité, son ignorance et son incompétence font de lui un homme politique extrêmement dangereux.

Au cours des années, il s'est fait une réputation, auprès de nombreux psychiatres et psychologues, d'être une personnalité narcissique, tyrannique et instable, autrement dit une personne centrée sur elle-même et "qui prend plaisir à exercer son pouvoir ou son autorité de manière injuste et cruelle".

Ce qui le rend dangereux, comme sa directrice de cabinet l'a confié au magazine Vanity Fair, c'est que son patron a la "personnalité d'un alcoolique", qui n'a pas pleinement conscience des conséquences de ce qu'il dit ou fait. Il est aussi tellement peu sûr de lui-même qu'il a développé une soif d'éloges insatiable et infantile et qu'il est continuellement à s'auto-congratuler et à mentir.

· Son implication alléguée dans le scandale sexuel international de Jeffrey Epstein avec des jeunes filles mineures

Donald Trump a été accusé de dépravation sexuelle, en raison de ses accusations pour viol. Il a aussi entretenu une longue association avec son riche voisin et ami en Floride, Jeffrey Epstein, un criminel sexuel condamné pour avoir dirigé un important réseau international de traffic sexuel de mineures.

Une fois devenu président, (malgré qu'il ait promis de le faire en campagne électorale), M. Trump a refusé de rendre public les millions de pages dans les dossiers Epstein du ministère américain de la Justice. Une telle publication pourrait mettre en lumière son présumé rôle dans le système de racolage de mineures à des fins de prostitution mis en place par Jeffrey Epstein.

Le Congrès américain a adopté le 18 novembre 2025, une loi intitulée 'Epstein Files Transparency Act', laquelle oblige formellement le gouvernement Trump de rendre public tous les documents contenus dans les dossiers Epstein, un mois plus tard, mais sans grand succès.

Malgré la loi adoptée par le Congrès américain, il y a de fortes chances que l'implication de Donald Trump dans le scandale ne soit jamais formellement connue. L'Administration Trump 2.0 pourrait détruire les preuves ou les retenir indéfiniment, tout en lançant des guerres à l'étranger pour faire diversion.

II- Les abus de pouvoir et la censure étatique contre la liberté d'expression

Le président étasunien a abusé de son pouvoir dans de nombreux domaines, notamment en ce qui concerne l'indépendance du ministère de la Justice. Il a même nommé son propre avocat au poste de procureur général adjoint au sein du ministère.

Il a également instrumentalisé le système juridique et judiciaire américain et le gouvernement américain en entier, en lançant des accusations arbitraires contre des personnes considérées comme ses 'ennemis politiques' présumés, aux frais des contribuables, pour se venger et pour les punir.

Par ailleurs, Donald Trump a également abusé du pouvoir présidentiel de gracier des criminels. Il a commué les sentences de centaines de sympathisants condamnés par la justice, dont certains sont des donateurs politiques, tandis que d'autres sont très proches des intérêts financiers de son entreprise privée et des entreprises de sa famille immédiate. (N. B.: Il a ordonné par décret plus de 1 500 annulations de condamnations par des cours de justice en une seule année, un record absolu).

· En matière d'immigration, il est vrai qu'un pays a le droit de sélectionner ses immigrants. La manière cependant dont le gouvernement Trump a lancé des poursuites cruelles contre des personnes vivant déjà aux États-Unis a suscité l'indignation.

En effet, faire arrêter des personnes par des hommes de main armés et masqués, puis de les enfermer dans des cages servant de camps de concentration, que ce soit dans le pays ou à l'étranger sont des actes cruels, digne d'un État policier. Certains Américains ont même été tués par la police d'immigration étatsunienne (ICE) d'une manière horrible.

Il faut comprendre que de nombreux éléments du programme politique radical de D. Trump, et le fait de recourir à des tactiques autoritaires pour intimider ses victimes, sont tirés d'un document de 920 pages intitulé « Projet 2025 », (également connu sous le nom de Projet de transition présidentielle 2025). Il s'agit d'un plan pour transformer en profondeur le gouvernement fédéral américain. En effet, l'objectif central du plan est de « proposer un programme de gouvernement, non seulement pour janvier prochain (2025), mais pour des années à venir ».

Fidèle à son approche égocentrique et autocratique de la politique, et contrairement aux présidents américains précédents, le président D. Trump ne se considère pas le président de tous les Américains, mais seulement de ceux ou celles qui adhèrent à sa vision politique. C'est pourquoi il attise la haine et suscite la peur, et il encourage des divisions profondes dans son pays.

De plus, sans tenir compte du premier amendement de la Constitution américaine, le président D. Trump se comporte souvent comme s'il voulait nier la liberté d'expression de ses adversaires politiques.

En effet, Trump a fait, à répétition, des remarques désobligeantes et lancé des insultes et des menaces, dignes d'un chef de la mafia, contre des journalistes, des intellectuels, des artistes et des présentateurs de télévision, qui osent le critiquer, lui ou son équipe, niant ainsi leur droit fondamental à la liberté d'expression.

Ce fut notamment cas des poursuites judiciaires ou d'autres formes de pression et de menaces concernant les licences d'opération qu'un président Trump égocentrique et ses acolytes ont lancées contre des médias américains, pour qu'ils congédient des humoristes qui leur déplaisent, dans le but de les intimider et de les réduire au silence.

III- Les attaques de D. Trump contre la constitution américaine et sa corruption politique

Les États-Unis ont une excellente constitution, conçue de manière à empêcher des despotes, des tyrans et des intérêts particuliers de s'emparer du gouvernement. Cela a été fait en consacrant dans celle-ci le principe de la séparation des pouvoirs et celui d'un système de freins et de contrepoids entre les différentes composantes du gouvernement.

Ce sont là des protections constitutionnelles que D. Trump, depuis son inauguration de janvier 2025, a vite fait de fouler aux pieds, et il a centralisé la plupart des leviers de pouvoir politique à la Maison Blanche.

Ce faisant, D. Trump a. montré son intention de ne point respecter son serment officiel de « préserver, protéger et défendre la Constitution des États-Unis».

· La corruption politique du gouvernement de D. Trump atteint des niveaux inégalés

Le Journal New York Times a fait une recherche sur l'étendue de la corruption politique de Donald Trump. À titre d'exemple, le journal a analysé comment, après l'élection de 2024, quelques 346 donateurs de D. Trump ont bénéficié d'avantages de l'administration Trump 2.0, en échange de contributions monétaires totalisant plus de 500 millions de dollars.

Tout semble indiquer que le politicien Trump est le président le plus corrompu de l'histoire des États-Unis.

IV- Comment la cour Suprême américaine a joué un rôle dans la chute de la démocratie aux États-Unis

En juin 2008, en janvier 2010 et en juillet 2024, une majorité de la Cour Suprême américaine a rendu trois importantes décisions constitutionnelles. 

a- Dans le premier cas, la décision portait sur un droit personnel limité de porter des armes en public, afin d'être en mesure de « joindre une milice bien organisée ». En effet, le deuxième amendement de la Constitution américaine se lit comme suit : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé. »

Or, dans un jugement rendu le 26 juin 2008 District of Columbia v. Heller, une majorité républicaine de 5 juges contre 4 interpréta plutôt le droit individuel de posséder et de porter des armes comme étant un droit presqu'absolu. En effet, la majorité républicaine y substitua l'objectif d'une « défense légitime à l'intérieur d'un domicile » à l'objectif de pouvoir joindre une « milice bien organisée », ce qui a élargi considérablement le droit de posséder et de porter des armes.

b- Dans le deuxième cas, dans un jugement rendu le 21 janvier 2010, encore par une majorité de 5 juges contre 4 Citizens United v. FEC, la décision concernait le droit des sociétés et des syndicats de dépenser des sommes d'argent presque illimitées lors des élections, selon l'argument que 'dépenser de l'argent' était une «  forme d'expression ». Ce droit ne doit pas être réservé aux seuls citoyens ayant droit de vote, mais doit, selon la Cour être étendu à des organisations légalement constituées. Cependant, l'argent en politique est beaucoup plus qu'un simple 'expression', c'est surtout un instrument pour accéder au pouvoir politique et pour influencer les gouvernements élus.

c- En troisième lieu, le 1er juillet 2024, la Cour Suprême étasunienne a rendu une décision historique, très favorable à l'actuel occupant de la Maison Blanche.

En effet, divisée par 6 voix contre 3, elle a statué, dans l'affaire Trump contre les États-Unis, qu'un président américain en exercice bénéficiait d'une large immunité contre des poursuites pour des actes criminels commis dans l'exercice de ses fonctions, violant ainsi le principe ancestral selon lequel « nul n'est au-dessus des lois ». N'oublions pas non plus que Donald Trump est le seul ancien président ou président en exercice des États-Unis à avoir été reconnu coupable de crimes graves.

[N.B. : Parmi les neuf juges actuellement en fonction à la Cour Suprême des États-Unis, six ont été nommés par un président républicain et trois ont été nommés par un président démocrate.]

V- Une politique économique isolationniste et protectionniste envers les autres pays

En termes de politique économique internationale, le président Trump privilégie les pouvoirs réglementaires et des taxes unilatérales et arbitraires à l'importation. Son objectif semble de vouloir démanteler le système économique mondial, établi au cours des 80 dernières années, soit depuis 1945, et de le remplacer par un système unilatéral et isolationniste.

Pour concrétiser cette vision, le 2 février 2025, le président D. Trump a lancé une guerre commerciale contre la plupart des pays commerçants du monde, y compris contre des pays voisins ayant conclu des accords commerciaux de longue date avec les États-Unis. Il invoque de nombreux prétextes pour justifier l'imposition unilatérale et arbitraire de taxes douanières élevées sur les importations en provenance de divers pays et pour contourner les lois nationales existantes, par décret.

VI- Les agressions militaires de Donald Trump contre des pays souverains

Côté défense, le président Trump a signé un "décret" le 6 septembre 2025 pour changer le nom du ministère de la Défense américain en celui de « département de la Guerre ». Une telle appellation guerrière pourrait mieux représenter son idée que « la force fait loi » et justifier ses excursions militaires à l'intérieur et à l'étranger.

Le 3 janvier 2026, D. Trump a utilisé l'armée américaine pour lancer une guerre illégale et non déclarée contre le pays souverain du Vénézuéla. Le but était de semer le chaos, de priver le pays de ses importantes réserves de pétrole, les plus importantes au monde, et d'empêcher la Chine d'acheter du pétrole vénézuélien, ce qui constitue un casus belli.

Cela fait sept pays que le gouvernement américain sous Trump a bombardés illégalement en une seule année : la Somalie, le Nigéria, l'Iran, le Yémen, l'Iraq, la Syrie et le Vénézuéla.

D. Trump voit le monde avec les yeux d'un potentat du 19e Siècle, quand une poignée d'empires militarisés recouraient à l'arnaque pour se partager le monde entre eux, à la pointe du fusil.

Sous son joug, il n'est pas surprenant que les États-Unis se retrouvent aujourd'hui classé parmi les pays que se situent tout en bas de liste dans le classement mondial des pays pacifiques, selon un récent rapport de l'Institut pour l'économie et la paix (IEP).

Conclusions

Il devrait être évident aujourd'hui, après une première année d'un second mandat plus extrémiste et chaotique que le premier, que Donald Trump est un individu qui est hors de contrôle, impulsif et irresponsable et qui semblerait être inapte à occuper un poste élevé d'autorité et de prise de décision à la tête d'un gouvernement.

En effet, après une année complète au pouvoir, force est de constater que Donald Trump a été un agent de division à l'intérieur de son pays et de chaos et de destruction à l'étranger. Il a influencé négativement la vie de millions d'Américains et d'habitants des autres pays, et certains y ont laissé leur vie.

Sous Trump, on observe aux États-Unis un climat général de décadence morale. Cela va de l'établissement de camps de concentration jusqu'au recours à des interventions militaires illégales contre plusieurs pays, afin de les intimider et de s'approprier leurs ressources naturelles. Cela équivaut à un comportement prédateur et, moralement parlant, à du vol qualifié.

Au plan économique, les politiques du gouvernement Trump depuis le 20 janvier 2025 sont interventionnistes, isolationnistes, impérialistes et colonialistes. Elles sont souvent improvisées, malavisées et perturbatrices.

C'est pourquoi, la conclusion générale est que sous le régime autocratique de Donald Trump, le gouvernement fédéral américain et ses politiques sont de facto devenus une menace sérieuse et un danger pour les citoyens américains imbus de démocratie et pour le monde civilisé.

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Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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Mis en ligne mardi, le 15 janvier 2026.

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