Mercredi, le 11 mars 2026

Les véritables raisons derrière les bombardements américains et israéliens de l'Iran et les conséquences prévisibles

Professeur Rodrigue Tremblayprofesseur émérite de l'Université de Montréal

« Sans débat, sans critique, aucun gouvernement, aucun pays ne peut réussir, et aucune démocratie ne peut survivre. C'est pourquoi le législateur athénien Solon a dit que refuser la controverse était un crime pour tout citoyen. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par le 1er Amendement — la seule activité aux États-Unis spécifiquement protégée par la Constitution — non pas principalement pour amuser et divertir, non pas pour mettre l'accent sur le futile et le sentimental, non pas pour simplement 'donner au public ce qu'il veut', mais pour informer, éveiller les consciences, faire réfléchir, exposer nos dangers et nos opportunités, indiquer nos crises et nos choix, guider, façonner, éduquer et parfois même indigner l'opinion publique. » John F. Kennedy (1917-1963), 35e président des États-Unis, 1961-1963, (discours devant l'Association américaine des éditeurs de journaux, le 27 avril 1961).

« La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable... Face à la possibilité d'une tragédie aux proportions énormes, j'adresse... un appel sincère à assumer la responsabilité morale d'arrêter la spirale de la violence avant qu'elle ne devienne un gouffre irréparable.» Pape Léon XIV (1955- ), (paroles prononcées sur la place Saint-Pierre, dimanche 2 mars 2026, suite aux attaques militaires illégales menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui ont notamment coûté la vie à l'ayatollah Ali Khamenei).

« Notre priorité, c'est l'Amérique. Nous remplacerons notre politique de guerrede changement de régime et de reconstruction nationale par la défense des intérêts américains... Il incombe à nos militaires de protéger notre sécurité, et non de jouer les gendarmes du monde entier. » Donald Trump (1946- ), candidat républicain à la présidentielle américaine, en 2024.

« Le temps viendra où tu apprendras à juger par toi-même de ce qui se passe dans le monde, sans te fier aux ragots d'autrui. Ne crois rien de ce que tu entends, et seulement la moitié de ce que tu vois. » Edgar Allan Poe (1809-1849), écrivain américain (dans sa nouvelle "The Système of Dr. Tarr and Prof. Fether", 1845).

Le samedi 28 février 2026, l'administration Trump des États-Unis et le gouvernement israélien de Netanyahu ont lancé des attaques de missiles conjointes, non provoquées et illégales, contre l'Iran (93 millions d'habitants), sur la base de motifs changeants, faux ou non prouvés. Ces attaques militaires ont déclenché un conflit élargi au Moyen-Orient et provoqué d'importantes perturbations économiques mondiales, et pourraient dégénérer en une troisième guerre mondiale.

À ce jour, on dénombre presque 2 000 morts, dont le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei et plus de 175 écolières âgées de 7 à 12 ans et leurs enseignantes, dont l'école Tayyebeh de filles, située dans la ville de Minab dans le sud de l'Iran a été entièrement détruite par un missile américain. De tels actes de barbarie pourraient donner lieu, un jour à des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Plus souvent qu'autrement, les grands médias américains essaient rarement d'aller au-delà du discours officiel et de la propagande, lorsqu'ils ne les renforcent pas. Il leur est plus facile, à quelques exceptions notables près, de reproduire littéralement les mensonges et les omissions du gouvernement et d'ignorer les méfaits des politiciens, tant au pays qu'à l'étranger, surtout ceux qu'ils font à l'étranger et qui se prêtent à des élans de patriotisme.

Cependant, c'est un fait que les guerres d'agression sont expressément illégales au regard de l'article 39 de la Charte des Nations Unies, signée par les États-Unis et Israël. [Le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.]

Par contre, c'est également une réalité que le gouvernement américain a utilisé son droit de veto plus de 50 fois au Conseil de sécurité de l'ONU, composé de 15 membres, afin d'accorder une protection diplomatique et juridique à Israël pour ses crimes et violations de la Charte de l'ONU.

Récemment, le 18 septembre 2025, l'administration Trump a opposé son veto pour la sixième fois à une résolution du Conseil de sécurité, exigeant un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne de Gaza et la levée par Israël de toutes les restrictions à l'aide humanitaire pour ses habitants. C'est tout comme si Israël était le 6e pays à avoir un droit de veto au Conseil de sécurité !

Il est difficile de savoir si ce sont Israël et les importants donateurs politiques sionistes aux États-Unis qui contrôlent le gouvernement américain, ou si c'est le gouvernement américain qui instrumentalise Israël dans le cadre de sa politique étrangère au Moyen-Orient.

I) Les liens étroits du président Donald Trump avec Israël et les riches sionistes sont un danger pour les États-Unis et pour le monde

Le soutien financier considérable apporté à l'homme politique Donald Trump par de riches sionistes américains est un fait avéré. Durant l'élection présidentielle américaine de 2016 et le premier mandat de Donald Trump, le super riche propriétaire de casinos Sheldon Adelson aurait, selon Newsweek, versé plus de 424 millions de dollars à la campagne du candidat républicain. Après le décès d'Adelson en 2021, selon Forbes News, sa veuve, Miriam Sheldon, a donné 95 millions de dollars au comité d'action politique (PAC) pro-Trump "Preserve America".

En effet, depuis son arrêt controversé 'Citizens United v. FEC' de janvier 2010, la Cour suprême des États-Unis a considérablement ouvert la voie à des dépenses électorales quasi illimitées de la part de particuliers très fortunés, d'entreprises ou de syndicats.

Il est ainsi devenu plus facile pour les lobbyistes et les groupes d'intérêts privés de faire élire des candidats à de hautes fonctions aux États-Unis, et de s'assurer que les élus sont réceptifs à leurs demandes de baisses d'impôts, de déréglementation et de dépenses publiques ciblées, notamment dans le domaine militaire, entre autres.

C'est un pouvoir dont dispose quotidiennement la riche oligarchie américaine, tandis que les Américains ordinaires ne peuvent exercer une influence que lorsqu'ils vont voter tous les deux ans... s'ils estiment que cela vaut encore la peine de se déplacer.

II) Les élections américaines à l'ère du gros argent facile

Les élections américaines n'ont plus grande importance, car le véritable enjeu est de savoir quel parti politique parviendra à soutirer le plus d'argent aux plus riches et de prétendre défendre les classes moyennes et populaires contre les plus riches.

C'est précisément ce qu'a fait le magnat de l'immobilier Donald Trump lors des trois dernières campagnes électorales. Il a amassé des sommes colossales d'argent auprès de très riches Américains et il a eu recours à des mensonges et à de fausses promesses pour leurrer les électeurs aux revenus plus modestes.

III) Le gouvernement israélien, D. Trump et le scandale du réseau pédophile international d'Epstein

L'histoire récente montre que des conseillers néoconservateurs ont tenté avec succès de persuader certains présidents en exercice, impopulaires dans les sondages, de lancer une guerre d'agression illégale à l'étranger, afin d'attiser le patriotisme parmi la partie la moins informée de l'électorat et de remonter dans les sondages.

À l'instar de George W. Bush qui décida de lancer une guerre d'agression contre l'Irak, en mars 2003, (sous de faux prétextes), Donald Trump pourrait également croire, en 2026, qu'une nouvelle guerre contre l'Iran lui permettra de remonter dans les sondages et de hausser son soutien auprès des membres républicains au Congrès étasunien. De plus, cela pourrait du même coup l'aider à noyer son implication dans le scandale politico-sexuel d'Épstein sous un barrage de nouvelles de guerre.

En effet, maintenant que des dossiers Epstein, que l'on dit avoir été «dissimulés par erreur», et d'autres documents du FBI concernant la pédo-criminalité de Donald Trump avec de jeunes filles en bas âge, ont enfin été rendus publics, cela pourrait expliquer pourquoi l'actuel président américain souhaite adopter la posture d'un 'commandant en chef', et pourquoi il fait tout son possible pour dissimuler son implication dans le scandale sexuel du siècle, en lançant des attaques militaires multiples contre d'autres pays.

Il s'avère aussi que d'autres documents Epstein relatifs au réseau international d'exploitation sexuelle de mineures révèlent qu'il s'agissait également d'une façade pour compromettre, faire chanter et rançonner un groupe influent de politiciens et de riches personnalités dans un nombre de pays, et cela, avec l'aide d'Israël et de personnes liées à ses services de renseignement et à d'autres agences de renseignements.

Il faudra encore beaucoup de temps, peut-être même des années, avant que toutes les facettes de la saga Epstein et ses conséquences ne soit dévoilées et jugées.

Conclusion

La guerre d'agression lancée contre l'Iran, le samedi 28 février dernier, conjointement par les deux gouvernements américain et israélien, au mépris du droit international, est un autre de ces débordements militaires qui menacent la paix mondiale et l'ordre mondial, créent le chaos et qui violent la souveraineté des nations et déstabilisent l'économie mondiale.

Cependant, sans la participation militaire active du gouvernement étasunien de Donald Trump et sa défense d'Israël au Conseil de sécurité de l'ONU, une telle attaque militaire non provoquée contre l'Iran, laquelle pourrait dégénérer en un conflit militaire mondial, n'aurait pas pu se produire ou n'aurait pas eu la même portée.

En effet, après seulement une année et quelques mois au pouvoir, c'est tout comme si quelqu'un avait suggéré à Donald Trump, au début de son deuxième mandat, le projet démentiel de tout détruire, (la démocratie américaine, la paix mondiale, le commerce international, etc.), et que cela serait bon pour sa gloriole personnelle !

D'une part, au plan intérieur, Trump a violé son serment d'office en imposant une administration autocratique, au mépris de la constitution américaine et en défiance des pouvoirs constitutionnels du Congrès élu.

D'autre part, au plan extérieur, Donald Trump a proféré des menaces dignes d'un chef de mafia et lancé des attaques militaires illégales contre de nombreux pays, dans sa quête délirante d'une domination mondiale. Il a, en plus, adopté des politiques économiques déstabilisantes qui ont été dénoncées par la très grande majorité des économistes.

Les conséquences sont visibles aux yeux de tous : 1- une grande division politique règne présentement aux États-Unis avec des citoyens tués en exerçant leur simple droit de manifester ; et 2- l'économie mondiale pourrait revenir cent ans en arrière et sombrer dans une autre dépression économique mondiale, comme celle et 1929-1939.

Dans un tel contexte de chaos intérieur et extérieur généralisé, tant au plan politique qu'économique et militaire, il devrait être la responsabilité première des élus démocrates et républicains du Congrès américain de poser des gestes concrets afin de mettre un terme à la dérive autoritaire désastreuse qui sévit présentement dans leur pays.

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 : rodrigue.tremblay1@gmail.com

Il est l'auteur du livre de géopolitique  Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.

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Mis en ligne mercredi, le 11 mars 2026.

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